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Pénibilité des équipes médicales face à la Covid-19

Rush et surcharge sans précédent à l’EPH de Boufarik

21 juillet 2020 à 10 h 05 min

Le personnel médical et paramédical lance un cri d’alarme devant le nombre important de malades.

Des médecins chargés des patients atteints de Covid-19 à travers le pays lancent des SOS et crient à l’épuisement. Face au nombre important de malades arrivant actuellement aux hôpitaux et le risque d’une nouvelle recrudescence du nombre de cas de Covid-19 dans les prochaines semaines, ils lancent un appel aux pouvoirs publics pour réfléchir à des solutions permettant de répondre à cette situation et soulager les équipes déjà épuisées.

Une halte à l’EPH de Boufarik, dans la wilaya de Blida, nous laisse voir des scènes quotidiennes désolantes, voire choquantes entre un personnel médical dépassé et épuisé qui frôle la dépression nerveuse et des patients en détresse à la recherche d’un lit avec des accompagnateurs qui affichent très peu de compassion envers ces hommes et ces femmes en première ligne depuis près de cinq mois.

«Je ne peux plus rester debout. Je suis épuisée. Cela fait quatre mois que je travaille sans relâche dans le service des maladies infectieuses. Nous avons eu une petite accalmie, puis l’épidémie a repris de plus belle, surtout après la fête de l’Aïd El Fitr.

Nous n’arrivons plus à assurer notre travail convenablement. Nous sommes 13 infectiologues – la majorité sont des femmes – et le chef de service qui se relaient depuis le début de l’épidémie et sans repos.

Nous travaillons dans des conditions difficiles sans compter les agressions et les insultes que nous subissons quotidiennement de la part des malades ou de leurs accompagnateurs», lance, désabusée, le Dr Rebiha Hamiche, assistante en maladies infectieuses. Et de préciser que l’hôpital est actuellement saturé.

«De nombreux cas arrivent tous les jours, dont des modérés à graves. De nombreux malades sont évacués en réanimation et nous enregistrons entre deux à trois décès par jour. Nous n’avons plus la force d’y faire face, si jamais il y a une nouvelle recrudescence du nombre de cas, que nous redoutons déjà.

Mais le risque est là surtout après l’Aïd El Adha et la rentrée universitaire, prévue pour la fin du mois d’août», a-t-elle ajouté. Le Dr Hamiche souhaite, ainsi que ses collègues, pouvoir prendre quelques jours de congé pour aller rendre visite à leurs familles et leurs parents qu’elles n’ont pas vues depuis des mois.

«Faire trois à quatre gardes par mois entre l’urgence et l’astreinte et reprendre juste après le service de consultation Covid, post-Covid et les non-Covid, et les autres maladies infectieuses relève de l’exploit.

En ces périodes de chaleur, nous n’arrivons même pas à étancher notre soif, surtout que nous portons des tenues en trois couches (tenue de bloc, tenue de bloc jetable, camisole, sur- blouse, masque, casque, lunettes, etc.), vu le nombre important de malades à ausculter dans la journée, que ce soit aux urgences, la consultation, les avis, le contrôle, il nous arrive parfois de rien avaler durant toute la journée.

Nous avons besoin d’être soulagés. Il nous est difficile de continuer à travailler à ce rythme. Nous avons pu décrocher difficilement un jour de repos par semaine depuis le mois de juin dernier,  mais cela reste insuffisant. Nous avons besoin d’être soulagés avec le renforcement des équipes.

Nous sommes prêts à former des médecins généralistes, notamment pour le suivi des malades post-Covid dans les structures de proximité ne serait-ce que pour leur éviter de nouvelles infections», a-t-elle souligné. Et de signaler que dans d’autres établissements de santé, notamment les CHU où il y a des médecins résidents qui se relaient avec moins de gardes, la tâche est moins ardue.

Le Dr Hamiche déplore au passage les conditions, la charge de travail et le manque de commodités. «Nous avons entre 20 à 30 prélèvements pour la PCR qui sont effectués par jour. Les résultats arrivent quatre à cinq jours après. Et ils sont tous positifs.

Les hospitalisations posent sérieusement problème, que ce soit en matière de lits ou de personnel. Les 64 lits du service des maladies infectieuses, où sont hospitalisés les cas confirmés positifs sous traitement, dont certains présentent des comorbidités, sont actuellement tous occupés.

Les cas suspects sont entre les services de médecine interne et la chirurgie, et c’est nous qui passons voir ces malades. Nous ne pouvons plus continuer, nous demandons de l’aide», ajoute le Dr Hamiche, qui se joint à ses collègues pour interpeller les autorités locales et le ministère de la Santé pour intervenir et prendre leurs responsabilités «face à ce chaos».

Par ailleurs, le chef de service, le Dr Mohamed Yousfi, a maintes fois averti, à travers ses déclarations à la presse, sur la dégradation de la situation au niveau de cet établissement et surtout sur l’épuisement de son équipe et la saturation de la capacité hospitalière. «On est en non-stop et nous sommes épuisés», nous a-t-il confié.


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