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vendredi, 20 septembre, 2019
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Réunion interdite, pression sur le Hirak : Un dialogue compromis par les entraves aux libertés

18 août 2019 à 10 h 25 min

La rencontre de concertation que devaient organiser, hier à la Safex, les Dynamiques de la société civile, regroupant des organisations, syndicats et personnalités, avec des dirigeants de partis politiques de l’opposition, a été reportée à samedi prochain. Les organisateurs, ayant pourtant déposé plusieurs jours auparavant une demande en bonne et due forme, n’ont finalement reçu leur autorisation que vendredi, en fin de journée, et après avoir annoncé le report du rendez-vous.

Le même jour devait se tenir également une réunion des Dynamiques des étudiants du mouvement estudiantin. Même si cette dernière rencontre n’a pas fait l’unanimité au sein de la communauté estudiantine, elle n’a pas pu se tenir également en raison du refus des autorités de leur accorder l’autorisation nécessaire. Une attitude incompréhensible de la part d’un pouvoir qui, au même moment, a lancé un dialogue censé trouver une solution à la crise que traverse le pays depuis plusieurs mois.

Et c’est ce qui fait justement que le panel de médiation, dont le coordinateur est Karim Younès, trouve des difficultés pour bénéficier de la crédibilité nécessaire qui puisse faire rallier à son projet les personnalités politiques qui pourront éventuellement être écoutées par la population. La libération des détenus politiques et l’ouverture des champs politique et médiatique ont été parmi les conditions posées par moult acteurs politiques avant de s’engager dans un quelconque processus de dialogue.

Et c’est justement ce qui leur a été refusé par le pouvoir en place. Hormis le détenu Nadir Fetissi, relaxé par une juge du tribunal de Annaba le 8 août dernier, alors qu’il avait été arrêté pour port du drapeau amazigh, tous les autres croupissent toujours dans les prisons algériennes en attente de leurs procès. L’interdiction de se rassembler et de s’organiser est une autre problématique qui complique davantage la situation.

Un pouvoir qui empêche les citoyens de se réunir – des réunions consacrées, faut-il le préciser, à la crise actuelle – a-t-il la volonté d’aller vers l’ouverture politique tant réclamée ? Dans une déclaration faite après la «non-autorisation» de leur rencontre, les Dynamiques des étudiants du mouvement estudiantin ont dénoncé «les étouffements des libertés collectives». «Nous considérons que le système tant chassé est toujours en place, vu la difficulté d’ouverture des espaces politiques et médiatiques pour la tenue des conférences-débats autour de l’avenir du pays», ajoute-t-on de même source.

Pour Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), faisant partie des Dynamiques de la société civile, «un pouvoir qui interdit d’organiser une réunion publique pour discuter avec la population ne veut ni dialogue, ni changement, ni démocratie et ne peut garantir des élections transparentes». «Au moment où le pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, la réalité est tout autre. Elle contraste avec le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société. Le pouvoir tente le coup de force pour faire passer sa feuille de route, ça se précise de jour en jour», a-t-il ajouté.

L’ancien ministre, Abdelaziz Rahabi, qui était le coordinateur du Forum pour le dialogue national, qui s’est tenu le 6 juillet dernier à Aïn Benian, à l’ouest d’Alger, insiste toujours, lui aussi, sur les «préalables». «Je souhaite tout le succès à Karim Younès, mais je m’en tiens à Aïn Benian : mesures de confiance et d’apaisement et Instance indépendante d’organisation de contrôle et de proclamation des résultats des élections.

Je ne suis pas sûr que les Algériens iront voter sans ces garanties», a-t-il écrit, avant-hier, sur les réseaux sociaux. Une déclaration qui s’apparente d’ailleurs à une réponse aux informations qui circulent depuis quelques jours le donnant prêt à rallier le panel. En l’absence des «mesures d’apaisement», telles que la libération des détenus d’opinion, l’ouverture des champs politique et médiatique, la baisse de la pression sur le hirak (barrages filtrants, présence policière renforcée…) et la levée de l’interdiction du port du drapeau amazigh, le pouvoir en place arrivera-t-il à convaincre la population du bien-fondé de son projet ?

En tous cas, jusque-là, les citoyens qui sortent tous les vendredis (et les mardis pour ce qui est des étudiants) depuis le 22 février dernier, à travers plusieurs wilayas du pays, rejettent le dialogue en cours. Si le mouvement populaire ne s’est pas essoufflé durant les mois de Ramadhan et le mois d’août, il est peu évident que cela va se produire avec la prochaine rentrée sociale. Bien au contraire. Des universitaires et militants politiques prévoient un retour en force du hirak au mois de septembre. A partir de là, les choses évolueront certainement autrement…


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