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Réaction des autorités après l’invitation au dialogue de Tebboune : Répression ou mesures d’apaisement ?

17 décembre 2019 à 10 h 11 min

La police déploiera-t-elle son arsenal pour toute manifestation publique ? Ou y aura-t-il l’ouverture souhaitée depuis le 22 février ? Les autorités comptent-elles privilégier l’apaisement en libérant les détenus d’opinion ?

Les autorités ont violemment réagi contre les actions de protestation. Le jour du vote et le lendemain de l’annonce des résultats d’un scrutin très contesté, des policiers ont usé d’une violence inouïe contre les manifestants dans plusieurs villes de l’ouest, du centre et de l’est du pays : arrestations en masse, placement en garde à vue et présentation devant les juridictions correctionnelles.

Les autorités sont-elles décidées à «mater» le hirak ? Les espaces d’expression (rue, médias) seront-ils réduits davantage ? La police déploiera-t-elle son arsenal pour toute manifestation publique ? Ou y aura-t-il l’ouverture souhaitée depuis le 22 février ? Les autorités comptent-elles privilégier l’apaisement en libérant les détenus d’opinion ?

La carotte ou le bâton ? Ou les deux à la fois ? Quelle politique compte mener le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, qui s’est empressé de lancer, dans sa première conférence de presse, un appel au dialogue avec des représentants du mouvement populaire «béni» ? Des militants partisans et des associations pro-hirak demeurent convaincus que le pouvoir restera très ferme. «Dix mois de révolution, les citoyens réclament le départ du régime… Le peuple ne recule pas, malgré la répression et le coup de force du 12/12. Je ne sais rien sur la réaction des autorités. La violence risque de mener au chaos.

Le peuple est dans son plein droit de réclamer la pleine souveraineté et donc le changement radical», estime Ramdane Youssef Tazibt, membre dirigeant du Parti des travailleurs (PT). Pour Atmane Mazouz, secrétaire national à la communication du RCD, «le rejet massif de la mascarade électorale convoquée à partir d’une caserne ne laisse aucun choix au régime qui doit se résigner à accepter la volonté du peuple d’aller vers une transition démocratique et le choix souverain de ses dirigeants».

«Un pouvoir violent»

«Maintenant qu’il a usé de tous les moyens répressifs et manipulatoires pour venir à bout de la dynamique pacifique du peuple algérien, sans y parvenir, continuer à user de tels procédés aggravera davantage le fossé existant et la complication de la crise. Comme le pouvoir de fait est devant une détermination résolue des Algériens à en finir avec une gestion par la force et la fraude de leur destin et compte tenu de la nature du régime dont le carburant est la violence, croire à une solution paisible venant de ce dernier serait une vraie chimère.

Les événements d’Oran sont là pour nous rappeler que nous sommes face à un pouvoir violent qui use des services de sécurité pour intimider, brutaliser et attenter à l’intégrité physique des Algériens», note-t-il.

Coordinateur du comité pour la libération des détenus d’opinion (CNLD), Kaci Tansaout estime que les autorités vont continuer à réprimer avec violence, tout en faisant émerger des personnes qui sont pour le dialogue pour tenter d’affaiblir et diviser les rangs du mouvement. Pour lui, il n’y a aucun signe d’apaisement, la preuve est le nombre de mandats de dépôt cette semaine.

«C’est du jamais vu le nombre d’interpellations du mercredi 11 au vendredi 13 un peu partout au niveau national, où on en a enregistré plus de 1200, dont une dizaine de placements en détention provisoire. La DGSN qui a rendu public hier un communiqué pour nier les violences d’Oran n’est-ce pas une preuve que le pouvoir en place est loin de jouer l’apaisement ?» s’offusque Tansaout.

Selon le coordinateur du CNLD, le message adressé par le chef d’état-major, Ahmed Gaid Salah, au successeur de Bouteflika en le félicitant au lendemain du scrutin et en lui disant qu’il va l’accompagner personnellement dans sa mission, est aussi «une preuve que le système veut opérer un recyclage et que l’armée reste toujours aux commandes des décisions politiques».

Aujourd’hui, un premier test est là pour renseigner des intentions des autorités : la marche hebdomadaire des étudiants. La police réagira-t-elle par la force ou laissera-t-elle marcher les manifestants pacifiques ? Y aura-il une «période de grâce» pour le mouvement avant la répression violente redoutée par la population ?



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