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samedi, 31 octobre, 2020
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Renforcement du dispositif policier dans la capitale : Les étudiants marchent toujours pour le «changement radical»

22 janvier 2020 à 10 h 15 min

Après avoir entonné Qassaman, les marcheurs rejoignent le centre-ville par le parcours habituel. Dès l’entame de la marche, ils ont scandé des slogans hostiles au régime : «Dawla madania, machi askaria !» (Pour un Etat civil, pas militaire), «Souveraineté populaire, période de transition !» «Talaba mouttahidoune, lil hiwari rafidhoune !» (Etudiants unis refusent le dialogue)…

Le contenu des pancartes témoigne l’opposition des hirakistes au président Tebboune et au dialogue qu’il prône : «Non au changement dans la continuité», «Notre combat est pacifique, nos revendications sont politiques», «Dans mon pays, il n’y a pas d’hôpital pour les malades, il y a une prison pour celui qui ose parler»… D’ailleurs, sur ce dernier point, les manifestants ont exigé la libération «sans condition» des détenus d’opinion. Des portraits de certains d’entre eux, comme  ceux de Karim Tabbou ou l’étudiante Nour El Houda Oggadi de Tlemcen, ont été brandis.

Plusieurs anciens détenus s’étaient joints à la marche, à l’instar de Hakim Addad, le Dr Djamel Eddine Oulmane, Raouf Raïs… «J’ai été incarcéré une première fois le 13 septembre par le DRS, au marché Redha Houhou, la deuxième fois ce dernier vendredi, pour deux jours de garde à vue… Notre hirak se maintient malgré la répression», lance Hakim Mouhoubi (Hakim Tiroual), le regard déterminé.

Un quadrillage policier renforcé était visible dans la capitale : des cordons de police empêchaient les marcheurs de rejoindre les bâtiments des institutions (APN, tribunal Sidi M’hamed, Palais du gouvernement…) Le matin, un journaliste de Berbère Télévision a été empêché de couvrir la manifestation «sous peine d’interpellation», signale le journaliste Khaled Drareni, lui-même interpellé plusieurs fois. La manifestation grossissait à vue d’œil, au fur et à mesure que la procession suivait son parcours «imposé» par la police.

Agression d’un étudiant

A la rue Ali Boumendjel, un sexagénaire allongé sur le trottoir recevait les premiers soins de la part du groupe de secouristes, toujours sur le qui-vive.

«Nous avons secouru aujourd’hui deux cas d’épilepsie. Je regrette que la Protection civile disparaisse du hirak du mardi. Mais nous maintenons notre action. Nous sommes plusieurs groupes. Celui dans lequel je suis engagé est composé d’une vingtaine de membres. Les gens nous aident en nous envoyant du matériel. Nous avons eu les cartables équipés de Suisse. Notre crainte est de voir le groupe des  »secouristes » chassé, vu que les autorités savent que nous sommes avec le hirak», signale un jeune secouriste.

Arrivé au boulevard Amirouche, des marcheurs ont interpellé les travailleurs de la BEA : «Klitou lebled ya esseraquine !» (Vous avez pillé le pays bande de voleurs)

Le dispositif anti-émeute a été renforcé pour empêcher les incidents, comme cette agression contre Zakaria Rouh El Islem Ouhadi, jeune étudiant de la faculté de Bouzaréah. «Zakaria a subi une double agression aujourd’hui. La première pendant la marche où un voyou a agressé de jeunes étudiantes, avant d’être chassé après l’intervention de plusieurs marcheurs. Selon l’étudiant, après avoir fini une interview avec une télévision privée, il a reçu des coups par derrière, qui lui ont valu une épaule déboîtée. Mais aussi des coups à l’arme blanche qui lui ont causé plusieurs lésions au niveau de la main quand il s’est défendu», signale Raouf Raïs, militant hirakiste et ancien détenu, qui l’a rencontré. Et d’ajouter : «Le comble dans tout ça, c’est qu’après être passé à l’hôpital, notre brave étudiant est parti déposer plainte. Sur place, il trouva l’agresseur dans le commissariat. Selon nos sources, la police l’a immédiatement arrêté après à une plainte de son agresseur qui a déclaré que c’était l’étudiant qui l’avait frappé. Ironie du sort « drabni ou bka sbakni ou chka », dit le proverbe. Demain (aujourd’hui) notre étudiant va déposer son dossier médical pour compléter sa plainte, sachant que l’agresseur a été relâché. La question qui se pose : comment faire confiance à cette justice ?»

Malgré les tracasseries, les marcheurs sont unanimes : le hirak estudiantin ne s’essouffle pas. «Le mouvement se poursuit. Les étudiants s’organisent d’ailleurs comme ils peuvent. L’idée de structuration suggérée n’est pas la bonne, surtout que le régime a des soutiens qu’il peut favoriser pour infiltrer ces structures. Il divisera le mouvement», tranche Samy Ibkaoui, un des jeunes hirakistes en vue.

A la fin de la marche, la police s’est déployée pour empêcher tout regroupement à la place de la Grande-Poste. Aucun incident n’a pourtant été signalé, comme lors de la 47e marche des étudiants. Les marcheurs se sont dispersés dans le calme. Dans le métro, les hirakistes continuaient d’entonner leurs slogans hostiles au régime. Une dame lance : «Nous marcherons partout, même ici, à l’intérieur des rames !»

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