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Relations algéro-françaises : Nouvelle phase de «crispation»

31 mai 2020 à 10 h 08 min

C’est la deuxième fois en l’espace de deux mois que les autorités algériennes protestent au sujet d’un programme télévisuel français traitant de l’Algérie.

Les relations algéro-françaises pourraient connaître, si ce n’est déjà le cas, une nouvelle phase de «crispation» à la suite de la diffusion, le 26 mai, simultanément, de deux reportages sur l’Algérie par deux chaînes françaises, et le rappel «pour consultation» de l’ambassadeur d’Algérie à Paris (France) moins d’un jour plus tard.

S’il est peu évident, pour l’heure, que ceci puisse conduire à la «crise diplomatique», il n’en demeure pas moins que les relations ne sont pas «apaisées». Et c’est le cas épisodiquement depuis un moment déjà, même si les «crises», à chaque fois, finissent toujours par se dissiper.

Ainsi, en plus de la réaction de beaucoup d’Algériens qui ont «dénoncé» ou «critiqué» les deux reportages diffusés par les deux chaînes françaises, La Chaîne parlementaire (LCP) et France 5, dans la soirée du 26 mai, surtout ce dernier bien évidemment, les autorités ont décidé, dès le lendemain, «de rappeler immédiatement pour consultations son ambassadeur en France».

«Le caractère récurrent de programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises, dont les derniers en date sur France 5 et la Chaîne parlementaire, le 26 mai 2020, en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d’expression, sont en fait des attaques contre le peuple algérien et ses institutions, dont l’ANP et sa composante, la digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN)», a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

La diplomatie française a réagi 24 heures plus tard, par le biais de la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, en affirmant que «l’ensemble des médias jouissent d’une complète indépendance qui est protégée par la loi en France».

C’est la deuxième fois en l’espace de deux mois que les autorités algériennes protestent au sujet d’un programme télévisuel français traitant de l’Algérie.

Le 31 mars dernier, l’ambassadeur de France en Algérie a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, «qui lui a fait part, comme indiqué dans un communiqué, des vives protestations de l’Algérie suite aux propos mensongers, haineux et diffamatoires à l’égard de l’Algérie et de ses autorités tenus tout récemment sur le plateau d’une chaîne de télévision publique française».

Il était question des propos tenus, la veille, par le chercheur au Centre des affaires internationales de Barcelone (Cidob), Francis Ghilès, au sujet de la question de la crise sanitaire de la Covid-19 par l’Algérie. Il avait affirmé que l’aide chinoise a été consacrée à l’hôpital militaire de Aïn Naadja.

L’ambassade d’Algérie à Paris avait été également instruite pour déposer une plainte pour diffamation. Là encore, la diplomatie française a affirmé que «l’ensemble des organes de presse jouissent d’une totale indépendance rédactionnelle en France, protégée par la loi».

Il est utile de rappeler que lors d’une visite effectuée en Algérie le 21 janvier dernier, c’est-à-dire un peu plus d’un mois après l’élection présidentielle du 12 décembre, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, avait mis en avant, lors d’un point de presse, «la volonté d’ouvrir une nouvelle phase dans les relations bilatérales» de son pays avec l’Algérie.

Or, ces déclarations de «bonnes intentions», exprimées à l’occasion de visites de hauts responsables ou en d’autres circonstances, sont souvent suivies, du moins ces dernières années, d’«incidents» qui les refroidissent.

D’une manière générale, beaucoup d’Algériens prêtent aux autorités françaises une tendance à vouloir s’immiscer dans les affaires internes, d’une manière ou d’une autre. Plus d’une fois, les noms de responsables français ont été hués, par exemple, lors des manifestations du hirak.

En somme, il est clair que le poids de l’histoire, du colonialisme plus particulièrement, reste pesant dans les relations entre les deux pays.

Au-delà de la question des «excuses» et de la «repentance», un pas que les responsables français ne veulent pas franchir jusque-là, qui revient au-devant de la scène à chaque fois, ce sont ces relations tumultueuses qui font qu’une déclaration exprimée par un officiel de l’autre côté de la Méditerranée au sujet de l’Algérie peut provoquer une polémique.

C’est la même chose finalement avec un reportage diffusé sur chaîne de télévision. 


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