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Rapport annuel d’Amnesty International sur la peine de mort : «L’Algérie prône l’abolition au niveau international»

22 avril 2021 à 11 h 00 min

Entreprenante à l’international et réticente en interne ! L’Algérie manque d’audace pour franchir le dernier pas vers l’abolition de la peine capitale. C’est ce que relève l’ONG Amnesty International qui a rendu public, hier, son rapport annuel sur la peine de mort à travers le monde.

Tout en saluant la baisse sensible des condamnations à cette peine infamante dans le pays et le maintien de la suspension de son exécution, la directrice d’Amnesty International Algérie, Hassina Oussedik, relève ce paradoxe : «L’Algérie prône l’abolition de la peine de mort au niveau international, mais ne s’engage pas à sa suppression pure et simple au niveau national», souligne-t-il dans un communiqué accompagnant la diffusion de ce rapport annuel. «L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993 et a voté en faveur de la dernière résolution appelant à un moratoire en vue d’abolir définitivement la peine de mort, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 16 décembre 2020», rappelle-t-elle.

Selon le rapport, la justice algérienne prononce de moins en moins ce genre de sentences. En 2020, seulement une seule condamnation à la peine capitale a été prononcée. «Amnesty International a relevé une nette baisse des condamnations à mort en Algérie. En 2015, l’organisation a recensé 62 condamnations, contre 50 en 2016, 27 en 2017 ; 1 en 2018 et 4 en 2019», précise le rapport.

«Franchir le dernier pas»

Affichant sa satisfaction de cette tendance baissière du nombre de condamnations à la peine capitale, Hassina Oussedik appelle «à franchir le dernier pas pour faire de l’Algérie un Etat abolitionniste». Cependant, la directrice d’Amnesty International déplore l’hésitation des autorités algériennes à agir dans la direction de l’abolition de la peine de mort. «Nous regrettons qu’en 2020, encore une fois, l’occasion de la dernière révision de la Constitution n’ait pas été saisie pour abolir ce châtiment cruel, injuste, inefficace et discriminatoire», souligne-t-elle, rappelant que l’article 38 de la nouvelle Constitution stipule que «le droit à la vie est inhérent à la personne humaine et doit être protégé par la loi», note-t-elle.

Cet article de la Loi fondamentale, souligne-t-elle, «ne garantit pas pleinement le droit à la vie et permet, dans les faits, le recours à la peine de mort conformément au code pénal». «C’est pourquoi nous appelons les autorités algériennes à franchir le dernier pas vers l’abolition définitive de la peine capitale afin d’être le premier pays abolitionniste de la région. Nous continuerons à nous mobiliser jusqu’à ce que l’Algérie abolisse définitivement la peine de mort. La progression constante du mouvement abolitionniste est le résultat de décennies de mobilisation et d’engagement des militants des droits humains dans le monde», indique-t-elle.

«88% des exécutions ont eu lieu dans la région MENA»

S’agissant de la situation dans le monde, le rapport d’Amnesty International déplore la résistance des pays du Moyen-Orient et de l’Egypte à toute évolution. «L’Iran, l’Egypte, l’Irak et l’Arabie Saoudite sont responsables à eux seuls de 88% des exécutions confirmées dans le monde en 2020.
Le nombre annuel d’exécutions a triplé en Egypte. L’Iran est responsable à lui seul de 56% de toutes les exécutions recensées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», précise le rapport, qui relève cependant une «baisse de 85% du nombre d’exécutions de la peine capitale en Arabie Saoudite».

AI regrette aussi le fait que «pour la première fois depuis plusieurs années, Oman et le Qatar ont repris les exécutions». «Tout au long de l’année 2020, des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont persisté, de façon glaçante et impitoyable, à procéder à des mises à mort alors même que la plus grande partie de la planète s’attachait à protéger la vie face à un virus mortel», dénonce le document.


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