Qui protège Naïma Salhi ? | El Watan
toggle menu
jeudi, 24 septembre, 2020
  • thumbnail of elwatan07092020





Des plaintes en souffrance au niveau de la justice

Qui protège Naïma Salhi ?

10 août 2020 à 10 h 06 min

Deux années se sont déjà écoulées après la première demande de levée de l’immunité parlementaire de la députée Naïma Salhi, et elle n’a toujours pas reçu de réponse.

Cette première demande a été effectuée par l’avocat et défenseur des migrants Zakaria Lahrech, en août 2018, suite aux attaques de cette députée contre les migrants venus de la sous-région subsaharienne.

Dans sa demande adressée au président de l’Assemblée populaire nationale (APN) de l’époque, Saïd Bouhedja, l’avocat avait présenté les faits, rappelé les conventions internationales sur les droits humains dont l’Algérie est signataire et relevé l’impact de tels propos venant d’un député sur l’image du pays.

En effet, dans une émission sur la chaîne El Bilad, la députée en question avait accusé les migrants subsahariens présents en Algérie de «sorcellerie» et d’être «vecteurs de maladies», appelant les autorités du pays à «nettoyer les quartiers et les rues algériens des migrants».

Des attaques graves qui ont poussé cet avocat à saisir l’APN afin qu’il puisse engager des poursuites à l’encontre de la députée pour «diffamation» et «accusations sans fondement».

Mais, après deux changements à la tête de cette Assemblée, la procédure de levée de l’immunité parlementaire n’a pas été engagée. La députée conserve toujours son immunité, au grand dam des victimes de ses discours haineux.

L’avocat Zakaria Lahrech n’est pas le seul à vouloir que cette députée réponde de ses méfaits verbaux devant la justice. D’autres avocats ont également relevé le défi en déposant plainte contre cette parlementaire, notamment pour «incitation à la haine raciale» et «appel au meurtre» à travers des vidéos qu’elle postait sur sa page Facebook officielle.

Les deux avocats, Kader Houali et Sofiane Dekkal, et le militant Salim Chait ont déposé, le 9 juin 2019, une plainte au tribunal de Boumerdès contre cette députée pour ses appels et propos haineux envers les Kabyles et d’autres populations du pays.

Après plus de huit mois d’attente d’un transfert du dossier vers le tribunal de Chéraga, leur plainte a fini par être instruite.

En effet, les trois plaignants ont été convoqués en mars dernier par la brigade de recherche du groupement de la gendarmerie de Chéraga. Mais jusqu’à présent, la mise en cause n’a pas été convoquée. L’affaire est en stand-by.

Une autre plainte a été instruite au niveau du tribunal de Sidi M’hamed contre Naïma Salhi. Elle a été déposée en janvier dernier par Mourad Amiri, ancien cadre au ministère de l’Intérieur, pour «diffamation», «racisme» et «mise en danger de la vie d’autrui».

Cette plainte a été déposée suite à une vidéo de la députée dans laquelle elle qualifiait ce technicien en transmissions de «dangereux zouave introduit au ministère de l’Intérieur par Ahmed Ouyahia». Elle attend de suivre son cours au niveau de la justice.

Autre plainte contre Naïma Salhi qui attend d’aboutir : celle déposée par la famille du moudjahid et ancien commandant de la Wilaya VI historique Lakhdar Bouregaâ. La plainte a été déposée suite à une publication de la députée dans laquelle elle remettait en cause le passé révolutionnaire de Lakhdar Bouregaâ, l’accusant d’intelligence avec des pays étrangers et de comploter contre l’Etat algérien.

En dépit de toutes ces plaintes, la députée jouit de toute son immunité parlementaire et n’a pas été inquiétée par la justice. Pourtant, certains de ses propos et appels tombent sous le coup de la loi sur la lutte contre la discrimination et le discours de haine promulguée en avril dernier. Une question mérite ainsi d’être posée : à quand la fin de l’impunité de cette députée ?



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!