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La sculpture à l’effigie de Maurice Audin fait réagir la famille du chahid : «Que le buste soit installé au centre de la place Audin et que la fresque soit visible»

17 avril 2021 à 10 h 45 min

Le buste en bronze érigé en hommage au chahid Maurice Audin près du tunnel des Facultés, à Alger, et qui a été dévoilé il y a quelques jours «par inadvertance», souffle-t-on, sans cérémonie, a fait réagir la famille du mathématicien et militant anticolonialiste assassiné le 21 juin 1957 par des militaires français.

Ce jeudi 15 avril, son fils, Pierre Audin, a publié une tribune dans le journal français L’Humanité sous le titre «Lettre ouverte pour le respect de la mémoire du chahid Maurice Audin», où il est revenu sur ce geste mémoriel qui, pour louable qu’il soit, suscite néanmoins l’incompréhension. Interpellant le président Tebboune, le wali d’Alger Youcef Chorfa et le maire d’Alger-Centre Abdelhakim Bettache, Pierre Audin écrit : «Le 20 août 2020, l’APC d’Alger-Centre a décidé de confier à un sculpteur la réalisation de plusieurs bustes, dont celui de Maurice Audin à ériger sur la place Maurice Audin d’Alger.

Le lendemain, 21 août 2020, le sculpteur a pu contacter la famille de Maurice Audin, et il nous a informés de cette décision. Il nous a, par la suite, tenus au courant de la progression de son travail. C’est lui qui nous a annoncé que ce buste devait être inauguré sans doute le 16 mars 2021. Pendant ce temps, aucun contact officiel n’a été pris avec la famille du chahid Maurice Audin.

A la date du 13 avril 2021, le buste est en place, dévoilé sans cérémonie.» Dans sa lettre ouverte, Pierre Audin regrette que l’ancienne fresque dédiée à Maurice Audin, qui comporte la biographie en arabe et en français du militant communiste et qui est si emblématique de la place éponyme, soit occultée par la nouvelle stèle. Cette fresque murale avait été inaugurée, rappelle-t-on, le 19 mai 2012. «La fresque, cette fresque connue dans toute l’Algérie et à l’étranger et que chacun apprécie, a été masquée sous un drapeau algérien peu visible, puisque le buste et son socle la cachent», déplore Pierre Audin.

Et de formuler la volonté de la famille en précisant : «La famille de Maurice Audin, que je représente, souhaite : que le buste soit installé au centre de la place ; que la fresque retrouve sa place initiale ; une inauguration officielle, sans barrage de police, un vendredi, avec le peuple comme invité d’honneur. Tahia El Djazaïr !»

En écho à cette demande, Pierre Mansat, président de l’association Josette et Maurice Audin, a aussitôt lancé une pétition via le site change.org, reprenant les doléances exprimées par la famille Audin. Intitulé «Alger : pour le respect de la mémoire du chahid Maurice Audin», le texte de la pétition insiste sur la valeur mémorielle de cette fresque dans le paysage urbain algérois, en relevant que cette plaque commémorative est «connue dans toute l’Algérie et à l’étranger» et qu’elle est «chère au cœur du peuple algérien».

Une «fresque symbolisant l’aspiration à l’indépendance» appuie la pétition, avant de souligner que celle-ci «doit être visible de nouveau». Relayant la requête formulée par Pierre Audin, la pétition demande que le buste de Maurice Audin soit «installé au centre de la place» et que «l’inauguration fournisse l’occasion d’une grande fête populaire à laquelle doit être associée la famille Audin». Et de conclure : «Nous demandons à l’ensemble des pouvoirs publics de prendre en considération ces demandes, qui rejoignent celles de la famille.»

Une dépêche APS datée du 7 mars 2021 fournit quelques précieux détails à propos de ce buste. L’agence officielle rapportait que cette sculpture fait partie d’un projet de réalisation de trois bustes en bronze à l’initiative de l’APC d’Alger-Centre. Outre le buste de Maurice Audin, les deux autres sont à l’effigie de Larbi Ben M’hidi et de Krim Belkacem.

Ils devaient être initialement inaugurés le 18 mars, date célébrant la signature des Accords d’Evian. L’agence officielle nous apprend que les trois bustes sont l’œuvre du sculpteur Fares Mohand Seghir, «qui a été choisi au terme d’un appel d’offres national, supervisé par une commission d’évaluation relevant de la commune et sur la base d’un cahier des charges».

D’après son site officiel (https://faresart.com/), le sculpteur est né le 14 novembre 1980 à Béjaïa. Il est diplômé de l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger et a réalisé de nombreuses sculptures similaires dans diverses régions du pays. «D’une hauteur de 1,30 mètre, ces bustes seront scellés sur des socles en marbre de 2,5 mètres; sur lesquels seront apposés des plaques commémoratives en langues arabe, amazighe, française et anglaise», indiquait encore l’APS à propos de ces sculptures. La même dépêche précisait que chacun de ces bustes a coûté 493 millions de centimes.


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