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Dr Mohamd Yousfi. Chef du service d’infectiologie à l’EHS de Boufarik et membre du comité d’experts : «Quatre patients ont entamé le traitement depuis deux jours»

26 mars 2020 à 10 h 09 min

– L’Algérie vient d’adopter un protocole de soins pour la prise en charge des cas de Covid-19. Ces traitements sont-ils prescrits dans votre service ?

Je dois d’abord préciser que ce protocole a été adopté à l’issue de nombreuses réunions du comité d’experts constitué d’épidémiologistes, pneumologues, d’infectiologues et de réanimateurs avec la direction générale de la prévention au ministère de la Santé, il y a déjà plus de deux semaines.

Devant l’évolution de cette épidémie et le passage au stade 3 du plan contre le Covid-19, où la transmission est devenue active, il fallait mettre en place un circuit de prise en charge en l’adoptant à l’évolution de la situation.

Dans ce dispositif de prise en charge, il y a effectivement ce volet thérapeutique que nous avons étudié selon toutes les données scientifiques existantes pour le moment dans le monde, notamment en Chine et aux Etats-Unis, pour les antirétroviraux et que nous avons retenu pour nos patients.

Les médicaments existent chez nous et nous les utilisons depuis plusieurs années. Cela ne doit normalement pas poser de problème pour les cliniciens. Maintenant pour ce qui est de leur utilisation contre le Covid-19, des conditions sont posées.

Il est clair que seuls les cas modérés et sévères peuvent en bénéficier. Dans le service que je dirige à l’EPH de Boufarik, nous avons quatre patients qui ont entamé le traitement depuis deux jours. Des malades qui présentent effectivement des symptômes du Covid-19 avec pneumonie.

– Qu’en est-il des effets secondaires redoutés par certains médecins ?

Ces médicaments ont effectivement des effets secondaires, comme tous les autres médicaments. Mais les directives nationales précisent que ces protocoles thérapeutiques sont prescrits en l’absence de contre-indication et sous surveillance médicale.

Je vous rappelle que la chloroquine est prescrite contre le paludisme à des personnes qui ne sont pas malades, mais qui doivent voyager.

Elle est aussi prescrite pour le traitement de certaines pathologies. Pour ce qui est des antirétroviraux contre le VIH, nous les utilisons depuis des années et ils sont disponibles à la PCH. Leur utilisation contre le Covid-19 est encadrée et ils sont prescrits sous surveillance.

– Ces traitements seront normalement utilisés à travers tout le pays. Quels sont les délais fixés pour faire une évaluation des premiers patients ?

Le dispositif de prise en charge validé par le ministère de la Santé ne fixe pas de délai précis pour faire une évaluation des résultats puisqu’il n’y a pour le moment que quelques centres qui ont entamé le traitement à un jour d’intervalle.

Mais, il est clair que les résultats sur nos patients vont être évalués d’ici la fin du traitement, qui est fixé, selon le médicament et la posologie prescrite, de 5 à 7 jours et jusqu’à 10 jours. Les patients seront contrôlés et c’est à travers les résultats obtenus, notamment par la PCR, qu’on pourra évaluer l’efficacité du traitement.

Il faut savoir que le débat est actuellement mondial avec des avis divergents, et par ailleurs des études montrent certains résultats satisfaisants, tels que les études chinoise et française sur le Covid-19. Nous espérons parvenir à des résultats similaires. Mais je dois préciser que le but recherché aussi à travers l’utilisation de ces traitements est de casser la chaîne de transmission, d’autant que le virus est actuellement actif dans notre pays.

Nous avons décidé d’agir en amont par la prévention, en mettant en place des mesures barrières pour contenir l’épidémie d’abord, réduire le nombre de contaminations et traiter les premiers cas modérés et sévères afin de réduire la gravité des formes sévères, le recours à la réanimation et les décès, notamment des personnes âgées.

– Le recours au dépistage systématique est-il prévu pour traiter par la suite le Covid-19, comme le propose l’équipe marseillaise de Didier Roult ?

Il est difficile de faire un dépistage systématique au moment où le nombre de cas infectés est en augmentation. On ne peut pas procéder au prélèvement de tout le monde.

L’instruction ministérielle à ce propos est claire, basée sur les recommandations de l’OMS. Ne sont prélevés que les répondants à la définition de cas suspect du Covid-19. Le dépistage se fait aussi au maximum autour des cas positifs  pour isoler le maximum de personnes asymptomatiques, qui doivent être confinées chez elles.

– Ces traitements prévus sont-ils suffisants pour casser la chaîne de contamination ?

Non pas du tout. Le confinement reste la seule arme contre la propagation du virus et l’explosion du nombre de cas. Le traitement a été préconisé pour diminuer l’arrivée des formes sévères et le recours à la réanimation. Le confinement va nous aider à diminuer le nombre élevé de cas qui risquent justement d’en arriver là.

Le confinement doit être respecté et élargi à chaque fois que cela est nécessaire. Ce confinement doit être aussi accompagné par le respect des mesures de prévention à travers le lavage des mains plusieurs fois par jour, le respect de la distanciation et ne sortir que lorsque c’est nécessaire.



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