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dimanche, 05 juillet, 2020
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Quand l’Arabie saoudite ouvre les vannes

26 novembre 2018 à 11 h 17 min

Quand l’Arabie Saoudite est en petite santé, les pétro-Etats succombent dans les blocs opératoires. Monarchie théocratique absolue, coulée dans un puits de 267 milliards de barils – premières plus grandes réserves de pétrole revendiquées dans le monde –, l’Arabie Saoudite détient les vannes et la clé à vanne.

Du pic des 85 dollars/baril atteint le 3 octobre dernier, 24 heures après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, les cours du brent ont dégringolé hier passant sous la barre des 60 dollars (59,48 dollars). 30% de perte sèche et le niveau le plus bas depuis plus d’un an. Scénario cauchemardesque pour les pays exportateurs d’hydrocarbures – et davantage encore pour les petits poucets de l’Opep, dont l’Algérie.

Pain béni pour les pays importateurs. «Grandiose, les prix du pétrole sont en baisse !» twittait mercredi dernier un président Trump en félicité, et assimilant la plongée vertigineuse des cours du brut à un fabuleux cadeau fiscal. «Like a big tax cut for America and the world», écrivait le président américain, qui rappellera que le brut était coté à 82 dollars avant de redescendre à 54 : «Thank you to Saudi Arabia», remerciera-t-il, sans complexe, son autre allié stratégique au Moyen-Orient. Hier, Trump en rajoutera une couche. Non sans la dose d’auto-glorification qui va avec. «Grande (nouvelle que) les prix du pétrole baissent. Merci Président T. C’est autant de cadeaux fiscaux et de bonnes nouvelles pour notre économie (…).»

Entre-temps, l’affaire Khashoggi a répandu ses effets toxiques sur un marché pétrolier déjà en proie à un sérieux dumping et a fini par hypothéquer le règne naissant de Mohammad Ben Salmane, le prince héritier du royaume d’Arabie, renvoyé dare-dare à sa petite condition de gardien du puits pour le compte des puissances, prêt à ouvrir grandes les vannes à la première menace de sanction proférée. Annulation de visa pour 17 responsables saoudiens, train de sanction en gestation au Congrès américain. Indignation, instrumentalisation, les puissances se jouent royalement aussi bien de la dépouille introuvable du journaliste du Washington Post que des cours du pétrole qu’elles manipulent à outrance. Les pays mono-exportateurs (d’hydrocarbures) voient déjà la faillite frapper à leur porte. Plus d’un an après l’accord historique conclu par la Russie et l’Arabie Saoudite (20% de la production mondiale) sur la réduction de la production de pétrole et de diminution des stocks mondiaux pour les ramener à une moyenne de cinq ans, l’Arabie Saouidite du roi Fayçal et de l’embargo bégaie.

«Nous allons continuer de répondre à toute demande qui se matérialisera pour satisfaire nos clients», a affirmé récemment le ministre saoudien du Pétrole, Khaled Al Faleh. Riyad, a-t-il indiqué, pourrait apporter un à deux millions de barils supplémentaires par jour. Produisant déjà plus de 10,7 millions de barils/jour, l’Arabie Saoudite est en capacité d’inonder le marché. Chose qu’elle n’avait pas hésiter à mettre en œuvre et à plusieurs reprises par le passé. Annoncée pour ce début décembre, la prochaine réunion des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole risque de virer à la bérézina pour le cartel pétrolier. Et davantage pour ses petits producteurs, dont l’Algérie avec son un million de barils/jour. 



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