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Révélé dans le livre de Naoufel Brahimi El Mili intitulé France-Algérie, 50 ans d’histoires secrètes, paru l’été dernier

Quand Chadli autorisait des chasseurs français à survoler l’Algérie

17 août 2020 à 10 h 04 min

C’est précisément en 1986, lors du conflit tchado-libyen, que Chadli Bendjedid avait autorisé le survol du ciel algérien par des Jaguar que le président Mitterrand avait dépêchés dans le cadre de l’opération Epervier pour sauver le président tchadien, Hissène Habré.

Abdelaziz Bouteflika n’est pas le seul président algérien à avoir ouvert l’espace aérien national aux avions de chasse français.

Dans son livre intitulé France-Algérie, 50 ans d’histoires secrètes, paru l’été dernier chez Fayard, Naoufel Brahimi El Mili, enseignant à Sciences Po Paris, révèle que le premier chef d’Etat à s’être distingué par une telle initiative a été le défunt Chadli Bendjedid.

C’est précisément en 1986, lors du conflit tchado-libyen, que le successeur de Houari Boumediène avait autorisé le survol du ciel algérien par des Jaguar que le président Mitterrand avait dépêchés dans le cadre de l’opération Epervier pour sauver le président Hissène Habré dont la tête était mise à pris par l’opposant Goukouni Oueddei et Mouammar El Gueddafi. Il s’agissait alors de la seconde fois que Paris demandait à l’Algérie une autorisation de survol pour ses chasseurs.

La toute première requête avait été formulée en 1984, indique Naoufel Brahimi El Mili qui précise néanmoins qu’Algérie n’y avait pas répondu positivement en raison notamment de l’opposition du général-major Mustapha Belloucif qui avait également refusé à la même période d’équiper l’Armée nationale populaire (ANP) par les seuls radars français (Thomson, Ndlr).

Belloucif, est-il mentionné, ne voulait pas faire dépendre la surveillance de l’espace aérien algérien d’une seule entreprise.

Autrement, le président Chadli et le général Larbi Belkheir, son chef de cabinet, y étaient favorables. Le général paiera cependant cher son opposition aux deux hommes puisqu’il sera envoyé à la retraite peu de temps après.

Naoufel Brahimi El Mili, qui décrit Chadli Bendjedid comme le plus pro-Français des présidents algériens, indique également qu’El Mouradia avait donné à la même période son feu vert à l’armée française pour installer une base non loin de la frontière algéro-libyenne.

L’opération avait été classée secret défense. «Le nom de code de cette base secrète en Algérie, dédiée uniquement à la surveillance, est le ‘‘point 1010’’, coordonnées géographiques du lieu.

En aucun cas une opération militaire française ne peut se déclencher à partir du territoire algérien. Il ne s’agit que de la collecte de renseignements militaires à partir d’un dispositif technologique déployé à cet endroit», révèle l’enseignant à Sciences Po Paris.

Le livre de Noufel Brahimi El Mili regorge d’éléments croustillants et souvent de première main sur les relations algéro-françaises durant les premières années du recouvrement de l’indépendance et les rivalités entre les différents clans au pouvoir.

La plus épique de ces rivalités a opposé le lobby pro-américain incarné par le défunt Messaoud Zeggar (ami intime de Houari Boumediène) et le lobby pro-français dont le général Belkhir, Mouloud Hamrouche et Belkacem Nabi furent les plus grands représentants.

Sous Chadli, les pro-Français finiront par neutraliser durablement les «amis» de Washington dans le pouvoir algérien.

L’auteur décrit également la «ruse» avec laquelle Chadli et Larbi Belkheir ont écarté Kasdi Merbah de la course à la présidence de la République au lendemain des événements d’octobre 88. Naoufel Brahimi El Mili éclaire par ailleurs d’un jour nouveau les rapports qui existaient entre le Front islamique du salut (FIS) et Mouloud Hamrouche.

L’auteur de France-Algérie, 50 ans d’histoires secrètes défend l’idée que Mouloud Hamrouche – qui ne faisait pas confiance au FLN – comptait sur Abassi Madani et Ali Belhadj pour succéder à Chadli Bendjedid. Cette thèse devrait certainement faire réagir l’ancien Premier ministre.


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