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samedi, 17 novembre, 2018
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Jamais, dans l’histoire du pays, la corruption n’a fait autant de mal aux institutions de l’Etat que durant les années 2000. Des fortunes colossales, qui se sont érigées grâce aux relations, misent sur le maintien de Bouteflika au pouvoir ou sur au pire, un candidat qui leur assurera l’impunité. C’est l’enjeu principal de la présidentielle, qui s’annonce avec une crise au plus haut sommet de l’Etat, faute de consensus…

Protéger les puissants lobbys financiers

20 février 2014 à 10 h 00 min

La grave situation que traverse le pays depuis quelques jours interpelle plus d’un, en raison des dangers de déstabilisation qui menacent l’institution militaire. Dans son discours lu, mardi dernier, à l’occasion de la commémoration de la Journée du martyr, le Président n’a pas manqué de le souligner, mais malheureusement sans identifier ou nommer les responsables. Il a cependant accusé «ceux que le rôle et l’importance  de l’Algérie dans la région dérangent» en précisant que ces derniers ont trouvé de l’aide auprès «de parties internes, à travers le comportement irresponsable des uns et le manque de maturité des autres». Tout le monde sait que «la sale guerre» lancée il y a deux semaines par Amar Saadani, au nom du Front de libération nationale (FLN), contre le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), était motivée par des considérations purement électorales, dans la mesure où il n’y a pas eu consensus entre le vice-ministre de la Défense et le patron du DRS, autour du quatrième mandat, que le cercle présidentiel veut à tout prix imposer, en dépit de l’état de santé du Président, dans le but d’assurer à tous ces groupes d’intérêts, qui sont derrière les grands scandales financiers, une immunité après le 17 avril.

En effet, c’est durant les années 2000 que le plus grand nombre d’affaires de corruption ont éclaté, et c’est aussi pendant cette période que les grosses fortunes se sont érigées. Les personnalités éclaboussées par ces dossiers ne sont pas des moindres. Bon nombre d’entre elles font partie du cercle le plus proche du Président. Toutes les enquêtes ouvertes par le défunt service de la police judiciaire du DRS ont fait état de graves dilapidations des deniers publics, à commencer par le dossier BRC, puis ceux des colossaux crédits de complaisance octroyés par les banques publiques à des privés aux relations biens placées, avant d’arriver au scandale de l’autoroute Est-Ouest, où Amar Ghoul, alors ministre des Travaux publics, et actuel chef de file des partisans du quatrième mandat, a été impliqué, sans être poursuivi. N’a-t-il pas déposé plainte contre son directeur chargé des nouveaux projets au niveau de l’Agence nationale des autoroutes, M. Khelladi (en détention provisoire), parce qu’il avait dévoilé l’affaire ?

On se rappelle de cette lettre adressée par Khelladi au juge d’instruction, dans laquelle, il faisait état de menaces proférées contre lui, parce qu’il avait refusé de faire marche arrière et d’accuser le DRS d’avoir manipulé le dossier. Comme l’a fait l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, lorsque l’ex-PDG de Sonatrach, Mohamed Meziane, et ses quatre vice-présidents ont été présentés devant le parquet d’Alger, pour des faits liés à la corruption. Chakib Khelil avait, à l’époque, déclaré qu’à travers cette affaire «c’est le clan présidentiel qui était visé» et il a même constitué un collectif d’avocats pour défendre les mis en cause, avant qu’il ne se rétracte. N’en déplaise à Amar Saadani, l’ex-ministre de l’Energie est bel et bien cité ici en Algérie et à l’étranger, notamment en Italie, pour avoir obtenu des commissions en contrepartie de l’octroi de marchés dans le domaine de l’énergie. Pendant toutes ces années, de grosses fortunes ont vu le jour grâce aux relations privilégiées de leurs propriétaires avec des pontes du régime et ont fini par créer des lobbys très puissants ayant des ramifications dans toutes les institutions de l’Etat.

Que ce soit dans le domaine de l’import, des travaux publics ou dans celui du médicament en passant par l’agroalimentaire ou le bâtiment, de simples opérateurs se sont hissés au rang d’hommes d’affaires influents, qui ont la mainmise sur le marché. Le souvenir des émeutes de janvier 2011 est encore présent dans les mémoires pour nous rappeler de quoi sont capables certains pour faire baisser ou augmenter la pression sur les produits de première nécessité notamment. Ces lobbys sont aujourd’hui au plus haut sommet de l’Etat et constituent même l’arrière-plan du clan présidentiel. Leur survie dépend de l’échéance électorale du 17 avril prochain. Un quatrième mandat pour Bouteflika leur permettra d’asseoir leur pouvoir et de se protéger de toute poursuite judiciaire. Dans le cas où Bouteflika leur ferait faux bond, ils continueront à peser de tout leur poids pour avoir un candidat qui leur donnera les garanties nécessaires afin qu’ils assurent leurs arrières. Ces garanties constituent, en réalité, le véritable enjeu des prochaines élections, parce qu’il y va de la survie des groupes d’intérêts éminemment financiers qui minent les institutions de l’Etat.
 

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