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Projets bloqués de Cevital : Qui cherche à affaiblir Rebrab ?

07 août 2018 à 0 h 59 min

Plus que deux visions économiques qui s’affrontent. Mais deux conceptions philosophiques de gouvernance l L’une, moderne tournée vers le futur avec ce qu’elle charrie comme valeurs politiques et sociétales, l’autre qui est à l’œuvre depuis deux décennies qui prend les formes d’un monde sclérosé, fini et suranné.

Plus qu’un acharnement. C’est une guerre totale et sans répit qui est menée contre Cevital et son patron Issad Rebrab. Jamais le pouvoir politique n’a mobilisé toute sa puissance pour briser les reins de ce groupe industriel privé. En rameutant leurs séides, les moyens de l’Etat, le tout escorté d’une propagande, les détenteurs du pouvoir organisent un blocus contre cet investisseur.

Par coups tordus permanents menés avec méthode, ils imposent un état de siège de fait contre le premier entrepreneur en Algérie, alors que le pays est sous une pression économique inédite. Contre toute logique du marché et ses règles, mais surtout sans fondement légal, les donneurs d’ordres politiques et économiques se livrent ainsi à une entreprise de destruction d’un fleuron de l’économie nationale.

Tapis dans l’ombre des institutions de l’Etat, ils utilisent un pare-chocs qui est le président-directeur général du Serport (groupe des services portuaires), Djelloul Achour. Après avoir accompli son travail de sabotage au port de Béjaïa, il est promu à un rang supérieur pour poursuivre sa tâche d’anéantissement.
Les mobilisations citoyennes, la colère des travailleurs et les interpellations incessantes des députés et d’une bonne partie de la classe politique n’ont pas pu obtenir, au moins, un cessez-le-feu.

Heurtée au plus au point, l’opinion publique ne comprend pas le pourquoi d’une telle guerre. Au lieu de faire du succès de Cevital un cas d’école, une cause nationale à généraliser dans tous les secteurs d’activités économiques, le pouvoir prend le contre-pied de ce qui devrait être un choix stratégique pour le pays. Alors cerné par une crise multiforme qui devrait le pousser à appeler au secours des investisseurs de l’envergure de Cevital pour la juguler, il s’empresse de freiner le développement de ce capitaine d’industrie.

Aussi invraisemblable que stupéfiant ! Pourquoi en veut-on aussi maladivement à Issad Rebrab ? Pourquoi cherche-t-on vaille que vaille à disqualifier le groupe agroalimentaire Cevital du champ économique ? A qui va profiter ce crime économique organisé ? Sûrement pas au profit du développement du pays, encore moins aux milliers de demandeurs d’emploi et d’ingénieurs «absorbés» par le chômage.

Depuis près de deux années maintenant que son projet d’usine de trituration de graines oléagineuses, devant créer 100 000 emplois directs et indirects, est empêché de voir le jour. Un gâchis économique et social énorme dont la responsabilité incombe exclusivement au gouvernement de Bouteflika et son administration.  Cependant, aucun des membres de l’Exécutif ne veut assumer ce sabotage qui coûte cher autant à l’économique du pays qu’au groupe Cevital. Ni le chef de l’Etat, ni le Premier ministre ni les ministres en charge de l’économie.

Un fait du prince. Aucun de ces responsables ne daigne fournir au patron de Cevital et aux travailleurs les raisons de cette mise au pas. Parce qu’il n’existe aucune raison fiable pouvant justifier cette machination. Pis encore, aucun responsable dans l’Exécutif n’ose résoudre cette crise pour libérer le groupe industriel et clore ainsi un des plus sinistres épisodes qui restera dans les annales de l’économie du pays comme une grave atteinte à la liberté d’entreprise.

Un acte arbitraire contre un créateur de richesse. Une tache noire dans la gouvernance nationale. Par ailleurs, et pendant que ce projet de Cevital destiné à passer à une étape supérieure dans la production, pour assurer une autosuffisance, et à exporter est bloqué, il est autorisé à un autre opérateur – Kouninef – d’implanter avec une rapidité étonnante une même usine au port de Jijel. Cette installation qui tarde à émerger des eaux de Djen Djen a plus vocation à contrer Cevital qu’à contribuer à fortifier le marché national en la matière.

Dans la stratégie d’anéantissement des investissements de Issad Rebrab, le patron de KCG joue un rôle central. En dessous des radars mais souvent en dessus des pouvoirs, le clan Kouninef «est à la fois l’instrument et l’instigateur dans le blocage de Cevital», assure-t-on dans les milieux d’affaires algérois. Jouissant d’une grande complicité du pouvoir de Bouteflika, il s’est fait une place de choix dans son dispositif opérationnel au point de devenir un faiseur de décision. «La relation est telle, que l’on ne sait plus qui sont les ordonnateurs. Les Kouninef ou les Bouteflika !»

Compradores VS Investisseurs

Cependant, le cas du blocage de l’usine de trituration des graines oléagineuses du groupe Cevital illustre vulgairement le harcèlement violent et constant contre Issad Rebrab et ses investissements. Les obstacles les plus insurmontables se dressent successivement devant lui depuis au moins le début des années 2000. Un à un, ses projets d’investissement sont annulés, bloqués et interdits.

En innovateur inséré dans une vision de développement global du pays, Issad Rebrab ne chôme pas en idées et initiatives économiques. Mais butent toutes sur un mur de refus dressé contre lui par les gouvernements successifs. Un projet agricole dans l’extrême sud du pays avec une perspective d’exportation, une ville touristique à Cap Djinet, une usine de sidérurgie à Bellara sont autant de plans économiques devant servir au développement national qui ont été sacrifiés avant même de voir le jour.

Pis. Rebrab qui est un archétype dans l’échiquier économique national qu’un Etat normalement constitué devrait porter et supporter se voit dépossédé sournoisement de ses investissements, comme l’illustre le cas Hunday et son usine Piombino en Italie. La guerre qui est faite à l’enfant de Tagmount Azzouz, le pouvoir cherche à instaurer l’ordre des compradores contre celui des investisseurs nationaux. C’est en cela que prend forme la nouvelle configuration économique que le régime de Bouteflika s’efforçait à instaurer.

Des milliards de dollars du Trésor public étaient mobilisés pour créer de toutes pièces une nouvelle classe économique fondée non pas sur l’investissement créateur de richesses et d’emploi, mais essentiellement sur l’importation et la captation des capitaux publics par des caste d’hommes d’affaires gravitant dans le giron du pouvoir et qui bénéficient de l’essentiel des commandes publiques.

Cette caste naissante compradore «devait» connaître son essor sous les décombres d’une «bourgeoisie nationale» préexistante, dont Issad Rabrab en est l’un des symboles. Si pour l’heure, cette nouvelle «bourgeoisie» compradore qui a siphonné une part importante des capitaux publics via d’innombrables marchés publics et autres tours de passe-passe en tous genres, elle n’a pas pu constituer la nouvelle base économique du pouvoir bouteflikien, le sera-t-elle un jour ?

Pas si sûr. Mais d’évidence, dans cette fausse et mauvaise transition économique qui dure depuis quatre mandats présidentiels, le modèle qu’incarne Issad Rebrab est manifestement incompatible avec le modèle politique et économique qui tente d’instaurer le régime de Bouteflika. Dans la guerre qui est infligée au groupe Cevital, il se révèle un conflit historique. Plus que deux visions économiques qui s’affrontent. Mais deux conceptions philosophiques de gouvernance. L’une, moderne tournée vers le futur avec ce qu’elle charrie comme valeurs politiques et sociétales, l’autre qui est à l’œuvre depuis deux décennies qui prend les formes d’un monde sclérosé, fini et suranné.


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