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Presse : La demande de liberté provisoire de Rabah Karèche rejetée

28 avril 2021 à 10 h 50 min

Le journaliste et correspondant du quotidien Liberté, Rabah Karèche, restera en détention. C’est ainsi qu’a décidé, hier, le juge près la chambre d’accusation du tribunal de Tamanrasset qui a rejeté la demande de liberté provisoire introduite par la défense de notre confrère.

«Nous avons plaidé en faveur de sa libération en mettant en avant la décriminalisation des délits de presse. Le journaliste est placé en détention pour ses écrits publiés sur les colonnes du quotidien Liberté. Il n’a rien fait de plus. C’est ce que nous avons expliqué. Mais la chambre d’accusation n’a rien voulu entendre», nous déclare son avocat Me Amirouche Bakori qui a fait le déplacement à Tamanrasset, précisant que Rabah Karèche peut introduire une nouvelle demande de liberté provisoire lorsqu’il sera entendu dans le fond par le juge d’instruction, dans 20 jours ou un mois.

La décision de la chambre d’accusation intervient à la veille de la célébration de la Journée mondiale pour la liberté de la presse, qui coïncide avec le 3 mai de chaque année.

Elle renseigne, on ne peut plus clair, sur la situation de la presse en Algérie où le journaliste et les journaux sont appelés à faire le choix entre deux possibilités : l’autocensure et la censure ou la prison et des pressions en tout genre.

RSF réclame sa libération

Rabah Karèche, rappelons-le, a été poursuivi en vertu des articles 196 et 79 du code pénal ainsi que l’article 34 de la loi contre la discrimination et le discours de haine. Il est poursuivi pour «atteinte à l’intégrité du territoire national», «publication volontaire de fausses informations susceptibles de porter atteindre à l’ordre public» et «diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public et usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et l’unité nationales ».

Après la décision de la chambre d’accusation près le tribunal de Tamanrasset, la femme de notre confrère, Nacera Karèche, s’est montrée très déçue et dénonce «la hogra qui cible son mari».

«Rabah Karèche a quitté sa région natale pour s’installer à Tamanrasset. Il aime cette région plus que son village. Il n’a rien fait, il a rapporté ce qu’il a vu et il a couvert une manifestation», lance-t-elle dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Elle dénonce aussi «l’attitude des notables locaux à qui Rabah Karèche donne souvent la parole et qui se sont tus».

Dans un communiqué rendu public, hier, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités «à relâcher le journaliste et à abandonner toutes les charges retenues à son encontre».

«Le maintien en détention de Rabah Karèche est incompréhensible», déclare le directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, Souhaieb Khayati, cité dans le communiqué.

«Nous appelons à la libération immédiate et à l’abandon des charges retenues à l’encontre du journaliste qui n’a fait que son travail d’information», souligne-t-il.

Pour rappel, Rabah Karèche était la cible des autorités depuis l’été 2019. Ses couvertures du hirak à Tamanrasset n’avaient pas plu visiblement. Il a été d’ailleurs convoqué, à cette époque, par la gendarmerie qui l’a interrogé «sur son appartenance politique» et «s’il avait des liens avec le MAK».

Il y a quelques semaines, c’est la cellule de la lutte contre la cybercriminalité de la sûreté de Tamanrasset qui lui a adressé une série de convocations à laquelle il a répondu. Sur place, Rabah Karèche a été interrogé sur le contenu de ces articles publiés par le quotidien Liberté. Des articles qu’il a partagés ensuite sur les réseaux sociaux.


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