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Présidentielle en Algérie : Par et pour le système…

22 novembre 2018 à 12 h 31 min

Y aura-t-il ou non un 5e mandat du président Bouteflika ? C’est la question qui anime, étrangement, tous les débats politiques en Algérie ces derniers mois. Le scrutin, attendu en avril prochain, risque d’être, encore une fois, un vaudeville qui imposera au pays cinq années supplémentaires de régression.

En effet, alors que l’opinion attend toujours pour connaître les prochains prétendants à la présidence et leurs programmes, le régime en semble avoir décidé autrement. A moins de six mois de l’échéance, les candidats à la présidentielle de 2019 ne se bousculent pas au portillon. Pas par manque de volonté, mais en raison de la nature du système algérien. Habitué à régler les questions de la succession en vase clos, ce dernier se prépare à reproduire le même schéma. La machine est lancée depuis l’été dernier.

Après avoir fait des promesses, en 2014, de léguer le témoin à la génération postindépendance en 2019, les tenants du pouvoir tournent le dos à leur «serment». Le retour à la limitation des mandats présidentiels à deux à l’occasion de la révision constitutionnelle de 2016, ne les a pas empêchés de franchir le seuil de l’indécence politique et plaider pour une cinquième mandature d’un seul homme, dont l’état de santé ne cesse de se dégrader.

C’est le même personnel politique, animateur de la campagne du président Bouteflika en 2014, qui semble chargé d’appliquer, cette fois-ci aussi, la feuille de route du régime. Avec conscience ou de peur d’une éventuelle mise en quarantaine, des chefs de partis proches du pouvoir, dont certains espèrent être choisis un jour pour présider le pays, s’exécutent. Ils mènent, depuis quelques mois, campagne pour la «continuité», synonyme du 5e mandat.

Une vie politique plombée

Avec ce forcing pour le 5e mandat, le régime a réussi à plomber la vie politique du pays, en décourageant surtout les différents acteurs politiques à s’engager dans des joutes électorales, dont l’issue est connue d’avance. Dans l’opposition, comme chez les partis de l’allégeance, les responsables sont dans l’expectative. Ils hésitent à afficher leurs ambitions de peur d’être broyés par la machine huilée du système, qui ne permet aucune émergence de candidature indépendante.

La notion de «candidat de consensus», érigée en règle pour tous les scrutins présidentiels, a suffi pour juguler toutes les ambitions des acteurs politiques du pays. Ceux qui osent défier cette règle sont automatiquement attaqués, dénigrés et décrédibilisés aux yeux de l’opinion et des électeurs, même si le choix de ces derniers n’est pris en compte que dans le calcul du nombre de votants à l’occasion des rendez-vous électoraux.

L’élection du président, elle, se fait dans le collège fermé des responsables du régime. Mais jusqu’à quand l’Algérie continuera-t-elle d’évoluer en dehors du cadre démocratique et ne se servir de la démocratie que pour légitimer l’élection du candidat unique du système ? Y aura-il un sursaut de l’opposition pour briser cette règle non écrite en application depuis l’indépendance ?


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