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Présidentielle du 4 juillet : Une élection impossible !

29 avril 2019 à 10 h 15 min

Le gouvernement de Noureddine Bedoui fait abstraction de ce qui se passe actuellement dans le pays, en poursuivant la préparation de l’élection présidentielle du 4 juillet prochain.

Hier, le ministère de l’Intérieur a indiqué, dans un communiqué, que ses services «ont veillé à l’accompagnement des préparatifs relatifs à l’opération électorale prochaine, et ce, à partir de la publication du décret présidentiel 19-126 portant convocation du corps électoral pour l’élection du président de la République le 4 Juillet 2019» en donnant des détails relatifs à l’opération de la révision des listes électorales qui s’est achevée le 23 avril dernier.

Pourtant, rien n’indique que ce processus électoral, rejeté majoritairement par la population et la classe politique, puisse aller à son terme.

Les Algériens ont réaffirmé encore une fois, vendredi dernier, qu’ils ne veulent pas d’une élection qui soit organisée et supervisée par des symboles du régime Bouteflika, à l’instar du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, du Premier ministre, Nouredine Bedoui, et même du président du Conseil constitutionnel, Kamel Feniche, désigné à la tête de cette institution le 16 avril dernier à la suite de la démission de Tayeb Belaïz.

Des «inconditionnels» de l’ex-président de la République auquel la population et la classe politique ne font pas confiance. Même les formations politiques les plus «conciliantes» envers le régime réclament leur départ avant toute possibilité de s’engager dans un quelconque processus électoral.

L’échec de la conférence nationale qu’a organisée Bensalah le 22 avril dernier en est la parfaite illustration. Boudé par la majeure partie des partis et personnalités politiques, le chef de l’Etat était obligé lui aussi de faire l’impasse.

Il avait chargé le secrétaire général de la Présidence, Habba El Okbi, limogé à son tour aussi depuis, de présider la séance. Même les partis de l’alliance présidentielle avaient brillé par leur absences Si le MPA de Amara Benyounès, et Taj de Amar Ghoul avaient carrément décliné l’invitation, le FLN et le RND ont envoyé des «seconds couteaux».

D’ailleurs, le parti d’Ahmed Ouyahia a préconisé, dans un communiqué, le report de cette élection de trois mois, étant donné, selon cette formation, que les délais actuels ne seront pas suffisants pour tout mettre en place, notamment l’instance «indépendante» d’organisation de l’élection.

A cela s’ajoute, bien évidemment, le boycott de cette présidentielle annoncé par plusieurs P/APC et magistrats. Si, aujourd’hui, des citoyens «chassent» tous les ministres qui sortent sur le terrain, qu’en sera-t-il demain, si cette élection est maintenue, lorsque des candidats se décideront d’organiser des meetings pour les besoins de la campagne électorale ? Recourront-ils à chaque fois aux brigades antiémeute pour «imposer» leur présence ?

Il y a lieu de noter que jusqu’au 25 avril, aucune candidature «sérieuse» pour la présidentielle n’a été enregistrée. Et il n’y a aucune chance, dans le contexte actuel, qu’un parti politique ou personnalité d’envergure se lancent dans cette course. Maintenir ce rendez-vous électoral à sa date prévue voudrait simplement dire que les autorités n’ont pas encore pris la mesure de l’importance de la rupture existante entre la population et le régime.

A cet effet, il serait quasiment impossible pour le gouvernement d’organiser une élection présidentielle le 4 juillet prochain, à moins de vouloir l’imposer par la force, avec tous les risques que cela comporte. Et la reporter équivaut inéluctablement à aller vers une période de «transition», puisque le mandat du chef d’Etat par intérim ne pourrait dépasser les 90 jours et que la Constitution ne prévoit aucunement ce cas de figure.

A moins que les tenants du pouvoir actuel misent toujours sur l’essoufflement du mouvement populaire durant le mois de Ramadhan, même si dix semaines après, celui-ci ne montre pas encore des signes créditant cette thèse.


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