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samedi, 06 mars, 2021
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Boulenouar El Hadj Tahar. Président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA)

«Près de 80 000 commerçants ont cessé leur activité»

02 février 2020 à 10 h 00 min

– Nous assistons ces derniers jours à une instabilité des prix des produits de large consommation. Pouvez-vous nous en citer les principales causes ?

En fait, il y en a plusieurs. Les prix dépendent essentiellement de l’offre et de la demande. Lorsque ces deux éléments sont en équilibre, les prix restent stables. Tout déséquilibre dans l’un ou l’autre participe à la hausse ou la baisse des prix. Je citerai, à titre d’exemple, le poulet de chair dont les prix sont, en ce moment, excessivement bas.

Un phénomène commercial que seul l’aviculteur paye. Justement, de nombreux éleveurs crient à la perte. Une raison qui dissuade plusieurs d’entre eux à relancer leur activité pour les prochains mois. Cela sous-entend une éventuelle baisse de la production et de facto l’augmentation des prix de cet aliment très demandé.

Cela n’est pas posé pour la viande rouge, selon ses éleveurs, qui rassurent quant à la disponibilité de ce produit. Toutefois, pour les fruits et légumes, un véritable problème se pose. L’absence d’une pluviométrie abondante et suffisante risque d’impacter directement sur les produits céréaliers et les récoltes des arbres fruitiers. Les agriculteurs restent craintifs, notamment si cette sécheresse persiste jusqu’au mois de mars.

Il y a un risque majeur de chute de production pour ces denrées agricoles, à savoir céréales, fruits et légumes. Une hausse des prix est alors une évidence. Il y a également le manque de marchés de proximité et aussi la cessation d’activité de près de 80 000 commerçants. Certains ont changé d’activité tandis que d’autres ont versé dans l’informel. Tout cela contribue à l’indisponibilité des produits et ainsi à l’instabilité des prix.

– Vous avez récemment rencontré le ministre du Commerce. Y a-t-il des mesures annoncées ?

En effet, nous avons été conviés, il y a une dizaine de jours, à une réunion avec le ministre du Commerce. Le but était de connaître les problèmes du marché et sa préparation pour le mois de Ramadhan qui approche à grands pas. Ont pris part à cette rencontre plusieurs organisations, conseils interprofessionnels et représentants des départements concernés, tels que le ministère de l’Agriculture. Il faut le dire : plusieurs problèmes ont été relevés, tant sur le volet de la disponibilité que sur l’organisation du marché.

Le but étant de garantir une stabilité de l’approvisionnement et surtout du prix, les efforts de tout le monde, y compris du consommateur sont demandés.

Toutefois, pour le mois de jeûne, les opérateurs présents lors de cette réunion  se sont tous entendu sur le fait qu’il est impossible d’éviter les hausses des prix des produits de large consommation, à savoir les fruits et légumes ainsi que les viandes, durant les derniers jours du mois de Chaabane et les 3 ou 4 premiers jours de Ramadhan.

La raison principale reste l’engouement du consommateur, élevant très haut la courbe de la demande, frôlant les 50, voire 60% pour certains produits, influant directement sur les prix. Aucune mesure n’a été annoncée sur place.

– Quelles solutions préconisez-vous pour garantir une meilleure stabilité des prix ?

Pour la viande blanche, les autorités doivent absolument agir rapidement pour absorber ce surplus de production et le stocker afin de garantir une stabilité de l’approvisionnement. Cela réduira les pertes des éleveurs et leur permettra de relancer une nouvelle production en prévision du mois de Ramadhan. Autre solution très importante est la création de nouveaux espaces commerciaux.

Nous avons depuis toujours relevé le déficit important en marchés de proximité. Le rapprochement du produit du consommateur met fin à la spéculation, augmente la concurrence et contribue à la baisse des prix.

Marchés provisoires, parisiens ou hebdomadaires,  ce ne sont pas les formules qui manquent mais plutôt les volontés. Un élément majeur que nous avons ressenti chez ce nouveau ministre du Commerce. D’ailleurs des rencontres bilatérales et par filières sont programmées pour les jours à venir. Des mesures devraient être prises. 


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