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Premier discours de Abdelkader Bensalah : Une instance «collégiale» pour l’élection comme seule réponse

11 avril 2019 à 10 h 26 min

Le premier discours du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, prononcé avant-hier soir, jour de son investiture, n’a rien apporté en termes de réponses aux revendications des citoyens.

L’ancien président du Conseil de la nation a annoncé, comme seule mesure, la mise sur pieds d’«une institution nationale collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes».

Ce qui est loin de satisfaire les exigences de la population, exprimées de manière pacifique depuis le 22 février dernier, et qui s’articulent autour du «départ du régime».

Pouvait-il en être autrement pour une personnalité politique décriée par la population bien avant son intronisation, et qui de plus est rompue à la langue de bois dont elle use depuis près de 30 ans ?

Le jour-même de son installation par le Parlement à la tête de l’Etat, des milliers d’étudiants, à travers plusieurs wilayas du pays, ont marché pour réclamer son départ. Il en a été de même hier.

De plus, il est de plus en plus clair aujourd’hui que le «pouvoir» en place veut s’en tenir à sa feuille de route, qui consiste en une application stricte de l’article 102 de la Constitution.

Ce qui s’apparente à une volonté de pérennisation du «système». Et dans cette optique-là, Abdelkader Bensalah, même s’il en avait les prérogatives, la Constitution n’ayant accordé aucune marge de manœuvre à un président par intérim, ne pouvait «offrir» plus à la population.

Il a, par conséquent, développé, dans son discours, une sorte de «déni de la réalité», qui fait qu’il soit en décalage par rapport aux revendications du peuple, ce dernier ayant exprimé, d’après lui, «ses aspirations au changement, aux réformes et à la participation effective dans la prise des décisions afférentes à son avenir».

Toujours dans cet ordre de «déni de la réalité», le chef d’Etat a lancé un appel en direction des citoyens – ceux-là mêmes qui réclament son départ – pour l’accompagner dans sa mission. «C’est une main sincère et loyale que je tends à tout un chacun pour surmonter les divergences et nous investir dans une action collective, historique à la hauteur des défis de l’étape, reposant sur les valeurs de solidarité, de cohésion et d’abnégation, dans le but d’atteindre l’objectif suprême, c’est-à-dire poser les fondements de l’Algérie du futur», a-t-il déclaré. Bensalah a rappelé durant son discours que «conformément aux dispositions de l’article 102 de la Constitution, le président du Conseil de la nation assure la charge de chef de l’Etat pour une durée 90 jours au maximum, au cours de laquelle l’élection présidentielle est organisée».

Face au rejet par la population des «3B», en l’occurrence l’actuel chef d’Etat, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, et le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, ceux-là mêmes qui auront la charge d’organiser et de superviser l’élection présidentielle, Bensalah pourra-t-il mener à bien sa mission, et dans les délais impartis ? Peu évident en l’état actuel des choses, pour ne pas dire impossible. Parce qu’en plus de la population, même la classe politique de l’opposition a réclamé le départ du trio Bensalah-Bedoui-Belaïz.

En tout cas, à voir la manière avec laquelle a été accueillie par la population l’intronisation de Bensalah en tant que chef de l’Etat, et son discours prononcé le même jour, il est clair que la contestation ne sera que plus grande ce vendredi.

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