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Étude du CREAD sur les migrations estudiantines : Pourquoi l’Algérie ne capte pas les compétences étrangères

28 janvier 2021 à 10 h 58 min

L’Algérie n’est pas un pays attractif pour les étudiants… Les Algériens qui partent poursuivre leurs cursus universitaires ailleurs ne reviennent plus et les étrangers qui rejoignent les universités du pays repartent à la fin de leurs études.

C’est ce qui ressort d’une étude du Cread réalisée par les sociologues Mohamed Saïb Musette, H. Labdelaoui, N. Khaled, C. E. Zelaci et F. Lahouel, intitulée «Migrations estudiantines, partir étudier en France et venir étudier en Algérie : Quelles différences ?» Achevée en 2018 (une étude similaire est prévue pour 2023), la recherche fait ressortir en substance que l’Algérie perd ses compétences.

«Dans les principaux pays d’accueil des étudiants étrangers, elles sont nombreuses les universités et autres Grandes Ecoles qui sont transformées en entreprises lucratives, bien que d’autres poursuivent leurs activités de service public. L’Algérie est encore très loin par rapport aux pays voisins, qui se sont engagés depuis quelque temps dans l’attraction des étudiants étrangers», soulignent les auteurs de cette étude.

Selon le document d’une centaine de pages, «à l’ère de la globalisation, la mobilité estudiantine est plus que jamais devenue un marché mondial où la concurrence s’est installée fortement pour l’attraction des étudiants, désormais des consommateurs». «La croissance de ce marché ne semble pas s’arrêter pourtant. Le diplôme algérien peut être considéré comme exportable, vu l´intention des étudiants de vouloir poursuivre des études approfondies dans un pays tiers», précise la même source.

L’Algérie, explique la même étude, reste aussi à la traîne tant en matière d’exportation des étudiants algériens qu’en captation des compétences étrangères. «La part des étudiants étrangers est assez faible en rapport avec la population estudiantine, soit 0,7% de la population estudiantine inscrite en 2011 (Unesco, 2012). Comme par hasard, un taux identique est observé dans le cas des étudiants algériens à l´étranger. Le taux des étudiants algériens à l’étranger est estimé à 2% de la totalité des étudiants algériens. Au Maroc, ce taux est estimé à 10,8%, contre 8,4% en Tunisie», lit-on dans ce document.

14 000 étudiants étrangers inscrits en Algérie

En chiffre, l’enquête estime le nombre d’étudiants algériens inscrits à l’étranger, principalement en France, à 24 000 et celui des étrangers enregistrés au sein des universités algériennes à 14 000. Très peu.

De plus, l’écrasante majorité des étrangers arrivent dans le cadre de bourses d’études offertes par l’Algérie ou par leurs pays d’origine.

En revanche, les Algériens inscrits à l’étranger partent avec leurs propres moyens. L’étude fait également ressortir que la majorité des Algériens qui rejoignent les universités étrangères ont des diplômes supérieurs. «La formation au départ du pays d’origine est variée entre les deux catégories d’étudiants. Les étudiants algériens présentaient un niveau supérieur à celui des étudiants étrangers.

Ils étaient détenteurs, à 93,1%, de diplômes de 2e et 3e cycles (63% : ingéniorat, mastère ou magister et 30,1% : doctorat)», précise la même source. Quant aux étudiants étrangers, indique le document, «ils n’avaient à 83,9% que le diplôme du baccalauréat». «Cette différence notable dans les niveaux de diplôme de départ revient essentiellement aux conditions requises d’accessibilité à l’enseignement supérieur, respectivement en Algérie et en France», explique-t-on.

Les Algériens ne reviennent pas, les étrangers repartent

Concernant l’installation des étudiants dans les pays d’accueil, l’enquête relève des tendances diamétralement opposées. «A la lumière de ces résultats, nous pouvons affirmer que 30,2% des étudiants pensent partir vers un autre pays d’accueil. Pour la plupart, ce sont des étudiants étrangers en Algérie (38,8%). Par contre, plus de la moitié de ces mêmes étudiants pensent surtout retourner dans leurs pays d’origine. Quant aux étudiants algériens en France, il est confirmé que plus de la moitié (56,9%) ont l’intention de s’installer dans le pays d’accueil, alors que seulement 2,4% des étudiants étrangers en Algérie comptent s’y installer une fois leurs études achevées», indique le document.

Les motifs évoqués par les étrangers qui veulent quitter le pays sont, ajoute le document, «la garantie d’un emploi, l’absence d’un projet de mariage ou de réseaux sociaux bien établis dans le pays». «Par contre, les étudiants algériens qui envisagent de s’installer en France sont de l’ordre de 57%, dont plus de la moitié affirment avoir déjà trouvé un emploi, soit que le statut est déjà changé», note l’étude.


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