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Pour avoir affiché leur adhésion au mouvement populaire : Des magistrats menacés de sanctions

24 mars 2019 à 9 h 37 min

Menaces, pressions, sanctions… Des magistrats ayant adhéré au mouvement populaire, réclamant, depuis plus d’un mois, le départ du système, sont, depuis quelques jours, sous la menace. Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, et des présidents des cours sont accusés de vouloir se «venger» des juges qui «n’ont pas respecté le droit de réserve» en se déclarant publiquement favorables au mouvement et en refusant d’appliquer des instructions de condamner des manifestants arrêtés lors des marches.

En effet, des organisations des droits de l’homme et des syndicats des juges évoquent l’existence de premières mesures disciplinaires à l’égard des magistrats «jugés désobéissants».

Selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), la présidente de la cour de Tipasa est déjà passée à l’action en mettant des juges sous haute pression. Elle a proféré, selon la même source, des menaces à l’égard de ceux qui ont manifesté publiquement. «La LADDH apprend que des juges près la cour de Tipasa sont sous la menace de mesures conservatoires de la part de la présidente de la cour.

Des suspensions et des mutations seraient en préparation contre eux. Cette présidente reproche aux juges leur ralliement à la cause du peuple et d’avoir tenu un rassemblement pacifique devant la cour, dimanche 17 mars 2019», explique la Ligue que préside Noureddine Benissad dans un communiqué rendu public, hier. L’organisation, selon le même communiqué, dénonce «cette approche autoritaire qui porte le sceau de l’abus et du non-sens». «Elle (la LADDH, ndlr) exprime sa solidarité aux juges et se félicite de leur prise de position en faveur des revendications légitimes des citoyens et citoyennes algériens», lit-on dans le même document.

86 magistrats auraient été radiés

Outre le cas de Tipasa, des sources évoquent même la radiation de certains magistrats. Non confirmée officiellement, l’information évoque la sanction d’environ 86 juges sur décision du ministre de la Justice, qui avait appelé, il y a quelques jours, les magistrats «à rester neutres». En tout cas, les pressions existent dans le corps des juges. C’est ce qu’a confirmé le Club des magistrats qui avait mis en garde, jeudi dernier, contre une «volonté de dresser une liste des hommes de loi qui manifestent en vue de les sanctionner».

Le Club des magistrats invite aussi les «juges à refuser les instructions et les injonctions de n’importe quelle partie». Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a invité aussi ses confrères à ne répondre «qu’à leur conscience et à la loi» en prononçant des jugements. «L’indépendance de la justice ne se fait pas seulement avec des déclarations. C’est une conviction qui suppose aussi des engagements et des sacrifices», lance-t-il, précisant que «l’Algérie de l’après-22 février refuse de dicter aux juges des instructions». «N’ayez crainte ! Le peuple vous soutient et veut que la justice soit indépendante.»


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