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lundi, 13 juillet, 2020
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Poste frontalier d’Oum Tboul (El Tarf) : L’accès fermé par des familles de harraga

09 décembre 2019 à 9 h 55 min

Quelque 200 manifestants, proches de harraga disparus, venus de toutes les wilayas du pays – nous en avons compté 10 – ont fermé, hier, la circulation à moins d’un kilomètre avant l’entrée du poste-frontière d’Oum Tboul.

C’est la deuxième protestation du genre après celle du samedi 30 novembre. Sur les lieux, bien qu’à la sortie d’Oum Tboul, des gendarmes, les citoyens et même les cambistes conseillent aux automobilistes de prendre la route vers l’autre poste frontalier d’El Kala, celui d’El Aïoun. Nous avons trouvé une double file de voitures de près d’un kilomètre, qui attendait depuis 10h que les manifestants daignent se retirer et laisser le passage.

Le long de la route qui monte vers le poste, plusieurs personnes, dont des femmes, ont préféré la marche. «Cela fait deux heures que nous marchons et nous sommes encore loin du village», nous confie une des femmes, craignant d’être prise sous l’orage qui s’annonce.

Un important dispositif sécuritaire de la gendarmerie s’est placé entre les manifestants et les passagers excédés. On nous a parlé d’une friction avec des gens d’Oum Tboul, qui cherchaient à passer.

Le calme est revenu avec l’intervention du chef de daïra d’El Kala, présent sur les lieux, qui a réussi à ramener le calme. «C’est une manifestation pacifique», nous expliquent les protestataires qui, de temps à autre, entonnent La casa d’El Mouradia.

Il y a là des jeunes et des moins jeunes, des femmes, père, mère, frère, sœur, voisin ou voisine d’un ou plusieurs harraga. Plusieurs d’entre eux ont pu voir les noms de disparus sur une liste montrée par la BRI de la place d’Armes et de Sidi Salem. Une liste prétendue être celle des 513 harraga algériens qui croupissent dans les prisons tunisiennes.

Ces témoignages sont formels et nombreux : «On nous a montré des listes, j’y ai trouvé le nom de mon fils, de mon frère, de mon voisin disparu.» On nous montre encore une photographie troublante, celle de d’un groupe de jeunes apparemment en prison, sur laquelle des manifestants nous montrent qui un fils, qui un frère portés disparus. «De quelle prison s’agit-il ?» avons-nous demandé. Pas de réponse.

Les autorités algériennes ne peuvent pas détenir une pareille liste, nous explique un responsable de la DGSN. Les listes élaborées sont celles des personnes déclarées disparues en mer par leurs parents ou leurs proches. Des fiches sont établies pour chaque disparition. Il ne peut pas y avoir de détenus de ce genre en Tunisie car les deux pays sont liés par des conventions. «Pas plus tard qu’hier, en vertu de ces conventions, nous avons rendu un harrag tunisien aux autorités tunisiennes et c’est réciproque», nous apprend encore notre interlocuteur. Et dans ce cas-là, pourquoi, avec ces listes, la BRI de Annaba a redonné de l’espoir aux familles ? De quoi cela procède-t-il ?

Les manifestants n’en démordent pas, ils veulent des assurances formelles de la part des autorités algériennes. Ce problème est récurrent et envenime la vie de centaines de familles et maintenant celle des passagers du plus important poste-frontière terrestre du Maghreb. Des centaines de familles ont été bloquées hier. Beaucoup se rendaient en Tunisie pour des rendez-vous médicaux.



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