Plus de 5e mandat : nécessaire mais pas suffisant | El Watan
toggle menu
lundi, 26 septembre, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Balises

Plus de 5e mandat : nécessaire mais pas suffisant

03 mars 2019 à 10 h 39 min

Ce qui était attendu de Bouteflika, c’est qu il renonce au 5e mandat, ainsi que le réclament les Algériens depuis deux semaines dans de grandioses manifestations.

Et voilà qu un communiqué officiel évoque «le départ» de Sellal de la direction de campagne du président-candidat. L’éviction de l’ancien Premier ministre aurait peut-être un lien avec les propos gravissimes qu’il a tenus récemment avec Haddad, patron du FCE, sur les kalachs de ses gendarmes prêts à tirer sur la population. Des propos odieux qui renseignent sur le niveau de nervosité et surtout de moralité des affidés de Bouteflika prêts à tirer sur leurs concitoyens pour arracher un 5e mandat pourtant totalement discrédité par deux semaines de grandioses manifestations populaires. La sortie honteuse de Sellal est annonciatrice d’autres bouleversements au sommet du pouvoir paniqué par la révolte populaire. Mais elles ne sauraient se substituer à la seule mesure en rapport à la situation : le retrait de Bouteflika de la course à la présidentielle.

Cette décision permettra d’épargner au pays une grave crise,  évitée jusque-là grâce à la maturité des citoyens qui ont investi la rue avec une incroyable discipline. Une crise qui pourrait affecter et déstabiliser gravement le pays, lorsque des forces incontrôlées du système tenteront de voler sa victoire au peuple au profit d’intérêts politiques et financiers occultes. Popularisés par la révolte égyptienne, les «baltaguia» sont à l’affût et n’attendent que des ordres pour foncer sur les foules de manifestants pacifiques et semer le chaos. S’il est maintenu, un 5e mandat sera considéré comme une intolérable provocation à l’égard de la population du fait qu’il ne fera que reconduire un chef d’Etat gravement malade, sans parole et sans gestes, dont, et c’est le plus grave, les prérogatives constitutionnelles sont confisquées par son entourage immédiat composé, outre de membres de sa famille, de représentants de grosses fortunes accumulées ces deux dernières décennies.

Le retrait de la candidature de Bouteflika pourra calmer la rue et faire revenir la confiance chez les Algériens. Mais cela sera insuffisant, car ce qui est exigé par les citoyens ce sont des changements en profondeur : les plus urgents sont la démission du gouvernement actuel ainsi que la dissolution du Parlement, suivies de la mise en place d’une structure indépendante devant préparer la transition politique. Le premier chantier de cette structure serait la rédaction d’une nouvelle Constitution à la mesure des aspirations et des exigences de la population qui ne serait plus, comme de tradition, l’œuvre de l’Exécutif, mais le fait de toutes les forces politiques et sociales du pays, représentatives de toutes les couches de la population. Cette nouvelle Constitution affinera le caractère républicain, démocratique et social de l’Algérie et donnera un sens réel à la séparation des pouvoirs, gravement malmenée ces vingt dernières années au profit d’un césarisme présidentiel ravageur : la Loi fondamentale devrait en redéfinir les nouvelles missions des principales institutions de l’Etat et surtout les réhabiliter. Jusque-là, elles ont été mises à la disposition de l’exécutif politique, plus particulièrement le Parlement et la justice.

Les libertés fondamentales des citoyens  devront être davantage ancrées et protégées afin que l’Algérien arrive enfin, après tant de décennies depuis l’indépendance, à  se sentir libre et respecté dans son pays par les siens et par l’autorité publique. Ce n’est qu’à ce moment-là que des élections législatives et présidentielle pourront être envisagées.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!