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samedi, 30 mai, 2020
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Plus de 1650 cas de coronavirus traités avec succès : «Guéris» mais toujours sous surveillance

30 avril 2020 à 10 h 08 min

Les recommandations émises par le conseil scientifique portent essentiellement sur la surveillance rigoureuse des patients mis sous traitement exclusivement en milieu hospitalier.

Le porte-parole du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Djamel Fourar, a rappelé que les patients traités et guéris après avoir été soumis au protocole thérapeutique, en l’occurrence l’hydroxychloroquine, nécessitent un suivi rigoureux. Il a mis en garde contre le non-respect des mesures barrières, car, a-t-il déclaré, les études scientifiques à travers le monde «n’ont pas démontré si les patients guéris pouvaient ou non être réinfectés».

Les recommandations émises par le conseil scientifique portent essentiellement sur la surveillance rigoureuse des patients mis sous traitement exclusivement en milieu hospitalier.

Adopté le 24 mars dernier par le comité des experts et cliniciens, le protocole thérapeutique comportant l’hydroxychloroquine et l’azithromycine «a prouvé», selon le ministère de la Santé, «son efficacité». Ainsi, au 28 avril dernier, 6424 patients ont été traités sur une période maximale de 10 jours, dont 1651 sont guéris, selon le porte- parole du conseil scientifique.

Parmi ces patients, les cas confirmés par la PCR et ceux diagnostiqués par le scanner et un tableau clinique répondant à la définition du cas suspect de Covid-19. Ce qui représente 70% des cas contaminés qui sont traités. Les chefs de service dans des centres hospitaliers, où les patients infectés sont traités, affirment que 90% des cas ont «très bien réagi à ce protocole». Et d’insister sur l’importance de la surveillance de l’évolution de la maladie.

Le Pr Nassima Achour, chef de service d’infectiologie à l’hôpital El Kettar, les malades sont hospitalisés durant le traitement qui varie de 7 à 10 jours et selon les traitements administrés qui sont respectivement lopinavir, antirétroviral et l’hydroxychloroquine. «Il n’est pas question que le patient quitte l’hôpital avant dix jours d’hospitalisation. Des examens spécifiques sont réalisés au cours de cette période d’hospitalisation, nécessitant une surveillance stricte. On ne sait pas comment les malades vont réagir, d’autant que chaque patient est un cas.

Un patient peut décompenser d’un moment à un autre à l’entame de la phase inflammatoire et nous avons eu des exemples», a-t-elle recommandé, tout en insistant sur l’importance du contrôle exclusivement à la PCR à la sortie pour s’assurer de la négativité de la charge virale et un contrôle radiologique (scanner) un mois après. «On ne sait pas encore si l’immunité est totale chez ces patients  qui doivent continuer à respecter les mesures barrières une fois chez eux», a-t-elle indiqué.

Pour le Pr Mohamed Yousfi, chef de service infectiologie, rares sont les patients qui quittent l’hôpital avant la fin du traitement, qu’il soit de 10 jours ou 7 jours. «400 patients Covid-19 ont été confirmés à la PCR et traités dans notre service. Une fois le traitement pris, deux tests de contrôle à la PCR sont effectués pour s’assurer si le patient est négatif.

A ce moment-là, le patient peut quitter l’hôpital tout en étant très prudent. Les mesures de prévention doivent être respectés, notamment le port du masque, la distanciation, etc.», a-t-il expliqué. Les recommandations du conseil scientifique ne semblent pas être appliquées de la même façon dans tous les établissements hospitaliers.

Pour le Pr Taghit, chef de service des maladies respiratoires au CHU Mustapha Bacha, «les patients traités à l’hydroxychloroquine peuvent quitter l’hôpital au bout de 5 jours de traitement s’ils se sentent bien. Bien sûr, ceux qui ont toujours les symptômes et qui risquent d’évoluer vers une forme sévère sont maintenus en hospitalisation. Sinon, les autres continuent leur traitement chez eux et reviennent pour un contrôle au dixième jour du traitement. Pour le moment, tout se passe bien pour eux et aucun problème ne s’est posé», a-t-elle déclaré.

Le Pr Mansour Brouri, ancien chef de service de médecine interne et président de la Société algérienne de médecine vasculaire, signale estime que «laisser partir des malades au bout de 5 jours de traitement, c’est prendre le risque de voir ces cas mal évoluer», car, explique-t-il, cette maladie qui se manifeste en deux temps nécessite une surveillance stricte et un suivi rigoureux. «Outre la phase virale, les problèmes peuvent survenir à la deuxième phase qui est inflammatoire.

D’où l’importance d’une surveillance rigoureuse des patients mis sous traitement. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé au ministère de la Santé, avec le Pr Zidouni et la Société algérienne des maladies vasculaires, l’introduction de la corticothérapie qui est un anticoagulant pour éviter justement aux patients d’aller en réanimation», signale le Pr Mansour Brouri.

Il revient sur les principales complications de la maladie, notamment l’embolie pulmonaire qui peut être fatale pour les patients qui ne sont pas toujours des personnes âgées. Par ailleurs, il appelle au respect des recommandations du conseil scientifique qui insiste sur le maintien des patients dans les hôpitaux jusqu’à la fin du traitement. «Ce n’est pas normal de mettre en danger des patients parce qu’il n’y a pas assez de lits.

Les données scientifiques sont là et c’est aux scientifiques, en l’occurrence les cliniciens, de décider et non pas à l’administration de maintenir ou non les malades», a-t-il souligné. Abondant dans le même ordre, d’idées, le Pr Nourredine Zidouni, chef de service de pneumologie au CHU de Beni Messous, estime qu’une surveillance particulière est nécessaire devant l’évolution imprévisible de cette maladie.

«D’ailleurs, nous avons recommandé l’enrichissement du protocole de traitement adopté par le ministère de la Santé avec l’ajout de la corticothérapie et un anticoagulant, sachant que la phase inflammatoire est la plus critique de la maladie. L’évaluation des patients doit se faire tout au long de cette période d’hospitalisation sur des critères bien définis, à savoir la biologie, oxymétrie, CRP et autres examens nécessaires au suivi de tous ces traitements», a-t-il indiqué.

Il lance à cet effet un appel pour la mise en place de l’enquête épidémiologique sans plus tarder concernant les sujets infectés. «Ces enquêtes épidémiologiques basée sur le dépistage doivent être systématiques pour justement préciser la circulation virale permettant d’apprécier la charge de la morbidité pour réfléchir à une stratégie de déconfinement», a-t-il expliqué tout en insistant sur le diagnostic, le traitement et la surveillance.

199 nouveaux cas confirmés et 7 nouveaux décès

199 nouveaux cas confirmés de coronavirus (Covid-19) et 7 nouveaux décès ont été enregistrés lors des dernières 24h en Algérie, portant ainsi le nombre des cas confirmés à 3848 et celui des décès à 444, a indiqué hier le porte-parole du comité scientifique de suivi de l’évolution de   la pandémie du Coronavirus, Djamel Fourar, lors du point de presse   quotidien consacré à l’évolution de l’épidémie. APS



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