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samedi, 08 août, 2020
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Perspectives financières 2019/2021 : La continuité dans la précarité

12 novembre 2018 à 11 h 20 min

C’est devant une assemblée clairsemée de la Chambre basse du Parlement que le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, a présenté, hier, les résultats financiers des neuf premiers mois de l’année 2018 ainsi que les perspectives pour les exercices 2019, 2020 et 2021 et les dispositions du projet de loi de finances 2019.

Tout en affichant des résultats moins pessimistes que ceux étalés en 2017, le premier argentier du pays n’enlève toutefois pas le voile de la crise sur la situation financière, qui reste toujours tributaire des fluctuations des prix du pétrole sur le marché international. C’est un rythme soutenu de prudence qui est proposé pour les trois prochaines années.

Raouia prédit une constante baisse du niveau des réserves de change qui étaient de 88,61 milliards de dollars en juin dernier, qui passeront à 62 milliards de dollars en 2019, puis à 47,8 milliards en 2020 et finir au niveau de 33,8 milliards en 2021. Une baisse résultant d’un recul de la balance des paiements qui devrait passer de 17,2 milliards de dollars en 2019 à 14,2 milliards en 2020 et à 14 milliards en 2021.

La valeur de la monnaie nationale s’établira à 118 dinars par rapport au dollar comme prix moyen annuel pour la période 2019/2021, avec une inflation attendue de 4,5% en 2019, de 3,9% en 2020 et de 3,5% en 2021. L’entrée en vigueur des mesures de limitation des importations en janvier 2018 n’a eu pour résultat qu’une baisse de seulement 1,5% du volume des importations jusqu’à septembre de l’année en cours. Le ministre des Finances prévoit que ce niveau va baisser davantage pour arriver à 44 milliards de dollars d’importations en 2019, puis 42,9 milliards en 2021 et 41,8 milliards en 2021.

Ce qui aura pour effet de contracter le déficit de la balance commerciale qui s’établira à 10,4 milliards de dollars en 2019, puis 8,2 milliards en 2020 et 6,4 milliards en 2021. En termes de croissance, le PLF table sur un chiffre de 2,9% pour l’année 2019 assorti d’une croissance hors hydrocarbures de 3,2%.

La croissance économique devrait passer à 3,4% en 2020 puis reculer à 3,2% en 2021. Avec un prix de référence du baril de pétrole fixé à 50 dollars et une vente moyenne du Sahara blend à 60 dollars le baril, le PLF prend en compte le calcul d’une baisse prévisible de 1% des exportations d’hydrocarbures dont le volume devrait s’arrêter à 33,2 milliards de dollars en 2019. Ce volume de recettes connaîtra, selon les calculs du gouvernement, une reprise en 2020 de 4,2% pour s’établir à 34,5 milliards et à 35,2 milliards en 2021.

Une croissance hors hydrocarbures serait par contre à prévoir, selon les rédacteurs du texte de loi de finances, notamment à travers la contribution à hauteur de 4,7% des secteurs du bâtiment et des travaux publics, de 5% du secteur de l’industrie, de 3,7% du secteur agricole et de 1,8% des services marchands et non marchands.

Une moyenne de croissance hors hydrocarbures de 3,1% est également prévue pour les exercices 2020 et 2021. Le PLF pronostique par ailleurs une baisse du déficit du Trésor par rapport au produit intérieur brut de -5,7% en 2020 et de -5% en 2021.

Le recours au financement non conventionnel pour réduire le déficit du Trésor public connaîtra une graduelle diminution en passant de -1874,4 milliards de dinars en 2019 à -746,5 milliards de dinars en 2020 puis à -796,5 mds de dinars en 2021, assure le ministre, en notant qu’une pression sera exercée sur le déficit du Trésor «malgré le recours au financement non conventionnel et au prélèvement à partir du Fond de régulation des recettes (FRR)».

Notons que le PLF mise sur une baisse de 10,9% des dépenses d’équipement et une hausse de 8,1% des dépenses de fonctionnement, ce qui pèsera sur le Trésor et produira un déficit de -10,4% du PIB qui était de -11% en 2018. Les recettes budgétaires pour l’année 2019 devront s’établir à 6507,9 milliards de dinars pour une fiscalité pétrolière devant atteindre 3201,4 milliards de dinars.

 

 

 

 

Résultats financiers à septembre 2018

Les recettes budgétaires pour les 7 premiers mois de l’année 2018 se sont établies à fin juillet à 4477 milliards de dinars contre 4027,1 milliards durant la même période en 2017, marquant ainsi une hausse de 11,2%. Le niveau de la fiscalité pétrolière a atteint 1611 milliards de dinars durant la même période soit une hausse de 26% par rapport à 2017. Le taux d’inflation sur les neuf mois écoulés de l’année en cours a été de 4,45% contre 5,65% durant la même période de 2017. Une baisse de 1% qui serait due, selon le ministre des Finances, à la baisse des prix des produits alimentaires. Au niveau du commerce extérieur, le déficit commercial a atteint 3,7 milliards de dollars contre 8,5 milliards durant la même période en 2017. Une baisse de plus de 4 milliards de dollars résultant surtout de la hausse des exportations d’hydrocarbures (+14,9%) et une légère baisse du niveau des importations (-1,5%). Une hausse de 50,9% des exportations hors hydrocarbures a été enregistrée durant cette période de référence, passant de 1,37 milliard de dollars en 2017 à 2,78 milliards de dollars en 2018. Le prix du Sahara blend a augmenté de 41%, passant de 51,18 dollars le baril en 2017 à une moyenne de 72,48 dollars en 2018.

En termes de volume et de valeur, les exportations d’hydrocarbures ont atteint 27,9 milliards de dollars à fin septembre 2018 contre 24,3 milliards en 2017. La valeur du dinar a quant à elle connu une baisse de 5,41% par rapport au dollar et de 11,5% par rapport à l’euro : 115,95 dinars pour un dollar et 138,74 dinars pour un euro. Durant la même période en 2017, 109,68 dinars achetaient un dollar et 122,08 dinars un euro. A fin septembre 2018, cette valeur de change est passée à 118,18 dinars pour un dollar.
Le niveau des réserves de changes est quant à lui passé à 88,61 milliards de dollars à la fin juin dernier.

 

Cessibilité des logements au bout de deux ans

La commission des finances, après examen du projet de loi de finances, a introduit une proposition en faveur de la cessibilité des logements au bout de deux années après leur acquisition. Introduisant un nouvel article 35 bis, la commission propose une possibilité de cessibilité des logements publics par leurs bénéficiaires, deux années après l’établissement de leurs contrats, et ce, pour les formules de logements sociaux participatifs, des logements locatifs publics et des logements de type location-vente.



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