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Rahmani Abdellatif. Coordinateur du Cnapeste à Ouargla

Personne n’a le courage de porter le projet de refonte des horaires au Sud

07 septembre 2018 à 1 h 54 min

La question du rythme scolaire au Sud est passée à la trappe cette année. Quelle est la position de votre syndicat ?

Depuis la crise qui a ébranlé le secteur de l’éducation l’année dernière, il n’y a pas eu de nouvelles rencontres entre le ministère de tutelle et les syndicats concernant ce volet. De toute façon, nous avons compris au bout de cinq ans de pourparlers que les lignes seront difficiles à faire bouger et que cette question capitale pour l’avenir des enfants restera en ballotage.

Comment expliquez-vous cette situation ?

La refonte du rythme scolaire dans les wilayas du sud du pays, qui se trouvent être celles où les résultats scolaires sont les moins bons, est une révolution en soi. J’estime tout simplement que les hommes et les femmes, qui porteront ce projet, ne se sont pas encore regroupés et que ceux qui agissent pour le moment n’ont pas eu le courage nécessaire pour faire aboutir ce projet.

Nous sommes tous responsables de la situation, nous savons que nos enfants paient le prix fort chaque année pour accomplir leur scolarité dans des conditions difficiles, mais il semblerait qu’il n’y ait pas encore la volonté de changer les choses.

Votre propos reste peu clair. Qu’est-ce qui empêche les wilayas concernées de mettre en place un calendrier et des horaires adaptés au climat et aux conditions de vie dans les zones sahariennes, alors que le ministère ne demande qu’à ce qu’il y ait entente et consensus ?

C’est la wilaya de Ouargla qui a été la première à proposer ce changement. Deux établissements scolaires de la wilaya ont même appliqué le concept dans les années 2000 et cela a donné de très bons résultats, une cohésion incroyable, des résultats scolaires au top et de brillants élèves ont bénéficié d’une belle scolarité sans encombre, à l’exemple du CEM de Rouissat qui a pu garder sa position de leader dix ans de suite.

L’actuelle ministre nous a certes mis devant nos responsabilités, des rencontres directes ont eu lieu en 2015 et 2016 à Ouargla pour prendre une décision. Un sondage a été soumis aux directeurs d’établissement scolaire et c’est là que les choses se sont compliquées. Notre wilaya souffre d’un manque de classes au cycle primaire, ce qui se traduit en l’usage de la double vacation dans un grand nombre d’écoles.

Et quand on a des classes surchargées et occupées de 8h à 12h30 et de 13h à 17h, il est impossible pour un chef d’établissement d’envisager l’aménagement des horaires, comme nous l’avions proposé et validé au sein des séminaires périodiques avec la Fédération des parents d’élèves.

Notre proposition était d’appliquer des horaires de 7h à 13h tous les jours de la semaine et d’inclure le samedi dans l’emploi du temps des élèves. Nous avions par ailleurs proposé de réduire les vacances d’hiver et de printemps à une semaine pour le Sud et de revenir à la formule des deux sessions du baccalauréat, du BEM et de la 5e, qui devront se dérouler avant la fin mai.

Des rapports détaillés ont pourtant été transmis au ministère et le consensus demandé est en fait atteint, pourquoi ne pas trouver de solution vu que les élèves ne vont à l’école que la matinée de toute façon ?

Tout le monde a constaté que les épreuves du baccalauréat et du BEM se sont déroulées dans des conditions éprouvantes, avec des pics de chaleur enregistrés durant cette période, l’été 2018 a été l’un des plus chauds depuis des décennies, et au ministère, on pense qu’en septembre c’est l’automne ici. Les bulletins météo disent le contraire, la ministre sait pertinemment que des températures extrêmes sévissent encore.

Pourquoi elle ne fait rien, nul ne le sait. Pourtant, en septembre 2016, Mme Benghebrit était en visite à Ouargla, nous lui avons parlé de vive voix à ce sujet et elle a souligné en plénière que ses cadres au niveau des directions de l’éducation n’étaient pas à la hauteur des défis du secteur dans le sud du pays.

Elle a textuellement dit dans la réunion des cadres que le directeur de l’éducation de l’époque ne voulait pas s’impliquer corps et âme dans cette réforme tant espérée et qu’un sursaut devait avoir lieu. Deux mois plus tard, Boubakeur Mestour a été relevé de ses fonctions et remplacé par M. Riah.

Si avec le premier nous avions réussi à avancer dans le débat, que les parents d’élèves et les enseignants s’étaient mis d’accord sur la question, les circonstances aujourd’hui sont telles que le sujet n’est même pas à l’ordre du jour. Les élèves sont rentrés mercredi, ils n’ont pas eu cours l’après-midi ni le lendemain.

A partir de dimanche, la vacation matinale sera de mise et personne n’aura rien à redire. C’est un systéme du fait accompli que l’on entretient au lieu d’aller au fond des choses et en finir une bonne fois pour toutes. Nous avons parlé jusqu’à n’en plus pouvoir, nos voix ne portent plus. Nous avons écrit jusqu’à n’en plus pouvoir, nos stylos sont à sec.

Mme Benghebrit a demandé un consensus, il a eu lieu et pourtant l’administration refuse de le valider. Qu’elle commence par nommer des cadres de consensus qui auront les moyens de leur politique et le courage de la mettre en œuvre.


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