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mercredi, 03 juin, 2020
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Ouargla : Polémique autour du décès d’une universitaire piquée par un scorpion

05 septembre 2018 à 2 h 07 min

Le décès lundi à l’hôpital de Ouargla du Dr Aicha Aouissat, jeune enseignante à l’université d’El Oued, originaire de Ouargla, après dix jours de coma, a plongé la ville en émoi et enflammé les réseaux sociaux.

Les internautes ont largement partagé un post du frère de la défunte soulignant le manque de spécialistes en cardiologie et neurologie qui aurait, selon lui, retardé la prise en charge de sa sœur.

Une polémique a été soulevée autour de ce décès, le septième depuis le début de l’année suite à une piqûre de scorpions, au quartier Bouameur de surcroît où plusieurs cas d’envenimation ont été enregistrés.

Le débat a porté sur l’absence de spécialistes à l’hôpital de Ouargla, des difficultés de prise en charge médicale dans cette wilaya du Sud et de l’existence ou non d’une association entre la prise en charge de la défunte et son décès.

«La victime a été hospitalisée suite à un arrêt cardiaque provoqué par une piqûre de scorpion, l’équipe de réanimation a réussi à la récupérer mais le pronostic vital était engagé vu le diagnostic d’une atteinte cérébrale dès le premier jour», explique à El Watan le Dr Maamri Djamel, épidémiologiste à la DSP de Ouargla et intérimaire de son directeur.

Le Dr Maamri estime que la polémique autour de ce décès est injustifiée s’agissant d’une «complication et non pas d’une négligence». Pour notre interlocuteur, l’équipe de réanimation de l’EPH de Ouargla s’est acharnée pour sauver la malade, restée intubée et ventilée dix jours durant, dont la situation restait stationnaire malgré l’atteinte cérébrale, et que le Dr Delma, réanimateur chevronné de l’hôpital Boudiaf, a sollicité le Dr Nabil Ramdani, cardiologue privé, qui était de passage à l’hôpital pour avoir un second diagnostic, qui a vite confirmé le bon état du système cardiaque.

Contacté par El Watan, le Dr Ramdani estime, quant à lui, que le décès du Dr Aouissat était prévisible vu l’intensité et la concentration du venin scorpionique, «plus virulent que celui d’un cobra», selon lui. «Il est faux de dire que la malade n’a pas été bien prise en charge par l’équipe médicale de l’hôpital, quatre réanimateurs parmi les meilleurs étaient à son chevet et ont fait le maximum, la dose de venin a immédiatement paralysé la défunte et sa mort était inévitable et nullement causée par une mauvaise prise en charge», affirme le Dr Ramdani.

Le Dr Maamri estime, quant à lui, que les cas d’envenimation scorpionique sont très bien pris en charge par une équipe bien rodée et que ce type d’envenimation nécessite un réanimateur en premier lieu, ce qui a été fait pour le Dr Aouissat, soulignant que l’hôpital de Ouargla a actuellement besoin de spécialistes en cardiologie, en neurochirurgie et en endocrinologie. Au plus chaud du débat, le recours aux méthodes traditionnelles pour soulager les piqués fait polémique.

L’urgence d’une évacuation rapide des victimes vers les structures de santé les plus proches est au centre de la campagne de sensibilisation menée par le ministère de la Santé depuis le début de l’été, à travers le sud du pays. Pour rappel, les statistiques de la DSP de Ouargla font état de 2426 piqûres de scorpion enregistrées en 2017, dont sept décès dans la wilaya de Ouargla, contre 2772 piqûres en 2016.



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