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jeudi, 21 mars, 2019
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Le mercredi 16 janvier 2013 à l’aube, le pays s’est réveillé brusquement sur le bruit d’une attaque terroriste suivie d’une prise d’otages du site gazier de Tiguentourine à In Amenas.

Onde de choc

16 janvier 2014 à 10 h 00 min

Une attaque d’une rare ampleur, qui a connu un dénouement tragique suite à une intervention jugée musclée des forces de l’armée. Au bout de trois jours interminables, l’Algérie a été propulsée au-devant de l’actualité mondiale. Les capitales occidentales, Londres, Paris, Washington, Tokyo particulièrement, avaient les yeux braqués sur Alger. Leurs ressortissants étaient parmi les otages. Une rude épreuve pour les autorités algériennes qui étaient soumises à une double pression. Le chantage du groupe terroriste qui voulait dynamiter le site et s’enfuir avec les otages, et les bousculades des pays occidentaux qui pressaient Alger à trouver une solution rapide et avec le moins de dégâts possibles.

La mobilisation de l’opinion publique nationale pour dénoncer de manière énergique cette agression et surtout exprimer un soutien total aux forces de l’armée sur le terrain a rassuré un gouvernement sérieusement embarrassé, embourbé dans un cafouillage en matière de communication officielle chaotique qui a semé le doute au sein de l’opinion. Le ministre de l’information, Mohamed Saïd, et son collègue de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, chargés d’éclairer sur l’évolution des évènements, ont lamentablement raté leur exercice. Mais ce qui a le plus intrigué les Algériens était le silence du président de la République. Aucune trace de Abdelaziz Bouteflika, alors que l’opinion publique nationale guettait son apparition pour rassurer. Les chefs d’Etats étrangers n’arrivaient pas à le joindre. Ce n’est qu’un mois après qu’il s’est exprimé via un message rendant hommage aux soldats qui ont mené l’opération.

Mais une fois la crise surmontée, place aux interrogations posées sur la table des décideurs. Comment un bataillon de terroristes a pu pénétrer dans une zone hautement sécurisée et prendre en otage un site stratégique, et ce, avec une facilité déconcertante ? De nombreux experts n’ont pas manqué de relever des «défaillances dans le dispositif sécuritaire» mis en place, sachant que les pays voisins étaient en proie à des convulsions. Vu les frontières poreuses et hostiles, les autorités du pays auraient pu prendre des dispositions permettant d’anticiper sur d’éventuelles attaques terroristes. Il est évident que plusieurs rapports ont été élaborés et remis à l’état-major de l’armée, quelques mois avant cette attaque, mettant en garde contre des risques d’actes terroristes. Il est à se demander si ces rapports ont été pris au sérieux ? La menace a-t-elle été sous-estimée ? Pourtant, quelques jours seulement avant l’attaque de Tiguentourine, une réunion des Premiers ministres algérien, tunisien et libyen consacrée à la sécurité s’est tenue à Ghadamès. A qui incombe alors la responsabilité ? Difficile de le savoir. Cependant, huit mois après ce tragique événement, des têtes commencent à tomber au sein de l’armée. Et pas des moindres. Le patron de la Direction de la sécurité intérieure, Bachir Tartag, en paie le prix.

Sa mise à la retraite serait une conséquence directe de l’attaque de Tiguentourine et de sa gestion.
Une réorganisation aussi inattendue que surprenante a été opérée au sein des différentes structures des services de renseignement. Une onde de choc.
D’aucuns considèrent que ce remue-ménage qui n’a pas encore livré tous ses secrets aurait été motivé par l’affaire de Tiguentourine. Une réplique aussi grave que le séisme qui a secoué violemment le Sud algérien, il y a tout juste une année.

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