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Me Leila Djerdjar. Membre du collectif de défense des détenus : «On cherche à briser le hirak»

20 janvier 2020 à 10 h 07 min

– Une vingtaine de manifestants arrêtés vendredi dernier comparaissaient, hier, devant le procureur près le tribunal de Sidi M’hamed, au moment où le Président faisait part de sa volonté, via des personnalités qu’il a reçues, d’engager des mesures d’apaisement. Un commentaire ?

Personnellement et avec tous mes confrères, on n’a pas compris à quoi joue le régime. Parmi les 20 personnes arrêtées vendredi dernier, figuraient deux ex-détenus libérés le 2 janvier. La plupart des manifestants qui comparaissaient ont été arrêtés devant la mosquée Errahma d’Alger. J’ignore ce qui s’est passé.

Mais, selon des témoignages, des policiers ont arrêté de manière abusive des gens à l’intérieur des salles de prière. Ils ont été tous poursuivis pour «incitation à attroupement» alors qu’ils ne se connaissaient pas. Certains ont été arrêtés après la prière et d’autres vers 16h. Parmi les personnes arrêtées figure aussi un manifestant qui était en possession d’un drapeau amazigh.

Je pense qu’ils veulent dissuader les gens de continuer à manifester, surtout les ex-détenus. Je pense qu’il y a deux clans qui s’affrontent au sujet du dossier des détenus. L’un veut libérer les prisonniers, et l’autre oppose son veto. Ils sont en train de chercher d’autres méthodes pour incarcérer les gens. Je dénonce ces pratiques. Pourquoi on arrête 20 personnes alors que c’est tout le peuple qui a défilé vendredi dernier ?

– Vendredi dernier, la police a ciblé en particulier des cadres et des activistes connus pour leur engagement dans le hirak. Pensez-vous qu’il y a une volonté du régime de briser la mobilisation citoyenne ?

Cette fois-ci, ils sont en train d’arrêter des personnes rassembleuses lors des manifestations. C’est le cas, à titre d’exemple, du docteur Djamel-Eddine Oulmane. Le reste des personnes, je considère que c’était une erreur. A travers ces procédés, ils essaient coûte que coûte de briser le hirak en intensifiant la répression du mouvement populaire.

J’ai été moi-même témoin de scènes d’arrestation par des policiers en civil, portant des jeans. On ne peut même savoir s’ils étaient des policiers. Personnellement, je les ai pris pour des voyous. C’est à peine croyable.

– Beaucoup considèrent que les détenus politiques et d’opinion sont pris en «otages» par le régime dans le but d’asseoir la feuille de route du Président, alors que d’autres évoquent un moyen de chantage. Etes-vous de cet avis ?

Effectivement, ils ont maintenu en détention les prisonniers du hirak après le scrutin présidentiel du 12 janvier. D’ailleurs, on a rien compris à la manière avec laquelle ils ont libéré 76 détenus à travers tout le pays le 2 janvier. C’étaient des otages dès le début alors qu’ils ne devaient pas être emprisonnés, car leurs dossiers sont vides. Aujourd’hui, tout le monde sait que la justice n’est pas indépendante et obéit aux ordres venus d’en haut.

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