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Obstination du pouvoir, détermination des algériens : Les temps morts

06 mars 2019 à 11 h 30 min

Le pays entre dans sa troisième semaine de dissidence citoyenne. Les mobilisations populaires grandissent, prennent de l’ampleur plus que jamais inscrites dans le temps dans une communion nationale inédite.

Le dépôt de candidature par procuration et à partir de son lit d’hôpital genevois n’a fait qu’exacerber la colère de tout un pays. Une irréversible lame de fond.

Le rejet massif et ferme du 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika confirme une rupture définitive avec un pouvoir politique incarné par un Président finissant. A l’obstination périlleuse de l’équipe de Bouteflika de vouloir s’accrocher au pouvoir, les Algériens opposent une détermination sans faille.

Résolus à poursuivre leur bataille jusqu’à la victoire finale, il est difficile d’imaginer des centaines de milliers de manifestants embrassant toutes les catégories sociales et générationnelles déposer leurs étendards.  Acculé, le pouvoir n’émet plus. Le gouvernement a disparu des écrans radars.

Seul le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, qui s’exprime à intervalles réguliers. Menaçant dans un premier temps, il radoucit le ton à mesure que les boulevards du pays se remplissent de colère. Dans le camp de la «continuité», les voix sont presque éteintes, il se fissure.

Le triomphalisme du mois de janvier a-t-il laissé place au doute ? Signe d’incertitude. Le projet du 5e mandat ne trouve pas beaucoup de porteurs. Il est supporté presque clandestinement. D’évidence, le camp présidentiel est de plus en plus isolé, pendant que les rangs de la contestation grossissent et prennent les allures d’une désobéissance civique, comme le montrent les étudiants qui paralysent les universités et des bâtonnats qui bloquent les tribunaux. Plus de retour en arrière et surtout point de possibilité de concessions. Le face-à-face à l’issue incertaine est à son paroxysme.

Vendredi prochain sera déterminant pour la suite de ce bras de fer jamais connu dans l’histoire du pays. L’heure de vérité.   Il est fort à parier que l’acte III de la mobilisation nationale sera gigantesque. Les contestataires promettent un déferlement général.

A quarante jours de la tenue de l’élection présidentielle – boycottée massivement par la classe politique – l’Algérie s’est installée dans un climat de tension extrême. La question de la pertinence de cette élection et du maintien de l’agenda politique dans ces conditions est sérieusement posée, alors que les événements sont dans une tendance croissante. Le rendez-vous du 18 avril prochain pourra-t-il avoir lieu ? Le risque est majeur.

Il appartient aux décideurs de mesurer sérieusement la gravité du moment et de tirer vite et maintenant les leçons qui s’imposent. Déjouer la «bombe sociale» avant qu’elle n’explose à la figure du pouvoir est plus qu’une urgence. Tout en restant dans le cadre de la légalité constitutionnelle, ils peuvent et doivent trouver une sortie par le haut. Il existe une porte de sortie. Renoncer au 5e mandat est une mesure la mieux à même de ramener de l’apaisement.

Une mesure pouvant permettre d’entamer dans la sérénité la période future sur la base de la plateforme politique qui s’écrit au jour le jour dans toutes les rues d’Algérie.

Le changement du système politique pour lui substituer un ordre démocratique. Malade, dans l’incapacité d’assumer sa mission, Abdelaziz Bouteflika termine son 4e quinquennat sur un lit d’hôpital… en Suisse, confirmant une vacance de pouvoir qui dure depuis des années. La décréter peut également être une issue à la crise.

C’est la revendication de l’opposition. Et probablement cette option traverse également l’esprit d’une partie du pouvoir. Elle permet d’inverser l’agenda proposé dans la lettre de candidature de Bouteflika, en lui donnant un contenu et des objectifs comme exprimés dans les mobilisations populaires.

C’est le scénario qui pourrait à la fois protéger cette nouvelle Algérie naissante, éviter au pays le risque d’une conflagration et surtout aider à un processus graduel du changement de système politique. En ces temps morts, il faut oser ce renoncement salvateur.


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