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Le consul du Maroc à Oran qualifie l’Algérie de «pays ennemi»

Nouvelles tensions diplomatiques entre Alger et Rabat

16 mai 2020 à 10 h 07 min

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a signifié à l’ambassadeur du Maroc que «la qualification par le consul général du Maroc à Oran, si elle venait à être établie, de l’Algérie de ‘‘pays ennemi’’ est une violation grave des us et coutumes diplomatiques, qui ne saurait être tolérée».

Les graves propos du consul du Maroc à Oran ouvrent la voie à une nouvelle crise diplomatique entre l’Algérie et le Maroc. S’adressant à des ressortissants marocains bloqués à Oran à cause de la pandémie de coronavirus et qui réclamaient leur rapatriement, le consul du Maroc a qualifié l’Algérie de «pays ennemi». En tentant de justifier le retard dans leur rapatriement, le consul a lâché : «Nous sommes dans un pays ennemi, je vous le dis franchement.»

Des propos bien clairs contenus dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis mercredi. Réagissant à un média marocain, le consul a nié avoir tenu ces propos, dénonçant un montage honteux. Cela n’a pas suffi pour convaincre les nombreux Algériens qui ont réagi sur la Toile faisant part à la fois de  leur incompréhension et indignation. Face à ce dérapage, les autorités algériennes ont vite réagi en convoquant l’ambassadeur du Maroc en Algérie.

«L’ambassadeur du royaume du Maroc à Alger a été convoqué, mercredi 13 mai 2020, par M. Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères pour le confronter aux propos du consul général du Maroc à Oran lors d’un échange avec des citoyens marocains», a rapporté l’agence officielle APS en citant un communiqué de cette institution.

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a signifié à l’ambassadeur du Maroc que «la qualification par le consul général du Maroc à Oran, si elle venait à être établie, de l’Algérie de ‘‘pays ennemi’’ est une violation grave des us et coutumes diplomatiques, qui ne saurait être tolérée».

«C’est également une atteinte à la nature des relations entre deux pays voisins et deux peuples frères, ce qui requiert des autorités marocaines la prise des mesures appropriées pour éviter les répercussions de cet incident sur les relations bilatérales», est ajouté dans le même communiqué du MAE. Autrement dit, l’Algérie demande indirectement aux autorités marocaines de rappeler leur consul.

Dans le cas contraire et si ses propos venaient à être confirmés, il serait expulsé. Ainsi donc, les relations entre l’Algérie et le Maroc sont à nouveau mises sous tension. Il faut souligner que ce n’est pas la première fois qu’un responsable marocain tient des propos hostiles ou provocateurs à l’égard de l’Algérie.

Les plus importantes attaques sont menées par le ministre marocain des Affaires étrangères, qui s’en est pris à plusieurs reprises à l’Algérie depuis le début de l’année 2020, lui reprochant souvent ses positions diplomatiques sur le dossier du Sahara occidental et son soutien au règlement du conflit dans le cadre des Nations unies.

En février dernier, le ministre marocain des Affaires étrangères avait attaqué l’Algérie, sans la citer, pour avoir protesté contre l’ouverture de représentations diplomatiques de certains pays africains dans les territoires occupés du Sahara occidental. «Le Maroc défend toutes les opportunités de coopération et de dialogue dans les provinces du Sud et si une partie veut se mettre en travers de cette logique, qu’elle assume ses responsabilités. Le royaume connaît bien son chemin et n’en déviera pas», avait déclaré M. Bourita. Une nouvelle provocation à laquelle l’Algérie n’avait pas donné beaucoup d’importance.

Réagissant aux propos de M. Bourita, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a tout juste regretté de «telles déclarations», assurant qu’«en Algérie, toutes les autorités, que ce soit aux Affaires étrangères ou ailleurs font attention à ne pas jeter de l’huile sur le feu, notamment dans les relations avec le Maroc.»

«Nous n’avons jamais eu de mot déplacé, car on construit sur l’avenir et non pas sur l’insulte et les propos inappropriés», avait ajouté M. Boukadoum, soulignant que «malgré ces propos, le droit primera devant l’arbitraire et l’arbitraire ne voilera pas le droit». Les propos et les actes de provocation de responsables marocains ont conduit à une agression physique contre le consulat d’Algérie à Casablanca en novembre 2013.

En effet, un Marocain s’est introduit dans le consulat général d’Algérie à Casablanca, a arraché l’emblème national avant de le jeter à une foule déchaînée qui l’a déchiré un 1er novembre, jour de la célébration du déclenchement de la Guerre de Libération nationale en Algérie. Interpellé par la police, l’auteur de cette agression a été condamné à seulement deux mois de prison avec sursis.



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