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Crise sanitaire et impératifs de la rentrée sociale : Le gouvernement devant des choix difficiles

07 novembre 2020 à 11 h 05 min

Alors que les cas de Covid-19 explosent, mettant à mal le fonctionnement de plusieurs hôpitaux, le gouvernement tarde à prendre des mesures à la hauteur de la situation. C’est dans ce contexte qu’a été organisée, hier, la première prière du vendredi dans la Grande Mosquée d’Alger sans le respect de la première mesure de prévention, à savoir l’interdiction des rassemblements.

«Dans le cas d’une évolution négative de la situation, des mesures plus strictes seront prises par les pouvoirs publics dans les prochains jours, à l’instar de certains pays développés qui font face à une nouvelle vague de ce virus», a déclaré le ministre de la Santé.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, jeudi lors d’une conférence de presse au siège du ministère, que «l’Algérie fait face à la deuxième vague qui risque d’être très grave et plus féroce». Une situation à laquelle «nous nous préparons pour y faire face en collaboration avec les autres secteurs». «Nous allons tout faire pour contenir cette pandémie mondiale.

L’Algérie a su contenir la situation sans dysfonctionnement aucun en termes de gestion», a- t-il déclaré tout en imputant la recrudescence des cas de ces derniers jours à «une baisse de la vigilance et au non-respect des règles essentielles mises en place par le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie suite à la reprise des différentes activités commerciales, la rentrée scolaire et les salles de prière».

Et de mettre en garde : «Dans le cas d’une évolution négative de la situation, des mesures plus strictes seront prises par les pouvoirs publics dans les prochains jours, à l’instar de certains pays développés qui font face à une nouvelle vague de ce virus.»

Il a ainsi rappelé dans ce sillage l’importance du port du masque de protection, qui reste, d’après lui, l’unique moyen de prévention, sans oublier les autres gestes barrières contre le virus qui continue de faire des victimes à travers le monde en attendant l’arrivée du vaccin. Il a rappelé que l’Algérie est engagée dans le processus de l’acquisition du vaccin contre la Covid-19 à travers l’organisme Covax de l’OMS. «L’Algérie importera le vaccin dès sa commercialisation, pour protéger ses citoyens, quel que soit son prix», a-t-il souligné.

Le ministre de la Santé a annoncé que des visites sur le terrain et des réunions avec les représentants du secteur, directions de wilayas et hôpitaux seront prévues pour faire appliquer les nouvelles instructions dans l’objectif de limiter la propagation du virus. Mettant en avant le rôle des walis dans la gestion de cette crise en y apportant des moyens financiers au profit du secteur, le Pr Benbouzid a rassuré les citoyens quant à «la disponibilité des équipements d’oxygène et les moyens de protection pour les personnels de santé».

Interrogé sur l’insuffisance des lits d’hospitalisation et de réanimation décriée par les malades et les professionnels de la santé depuis deux semaines dans certaines wilayas, où le nombre de cas de Covid-19 a connu une forte hausse, le ministre de la Santé a désigné son directeur général des structures de santé pour y répondre.

Chiffres à l’appui, le Pr Lyes Rahal, fraîchement nommé DGSS au ministère de la Santé, a exposé la situation avec assurance tout en minimisant la situation gravissime que connaît le secteur de la santé en général et la crise qu’il traverse en particulier. Pour lui, la situation est maîtrisée par rapport aux derniers mois où l’épidémie a connu un pic, notamment en juillet, tout en affirmant : «Durant le mois d’octobre, les taux d’hospitalisation et le nombre de malades intubés ont été multipliés par deux et le nombre de patients admis en réanimation a été multiplié par 1,5. Ainsi, nous avons mobilisé 16 000 lits au niveau national.» Des indicateurs qui, visiblement, ne semblent pas l’inquiéter puisqu’il affirme que «seulement 4000 lits sont actuellement occupés.

Ce qui représente un quart de ce que nous avons enregistré en juillet durant le pic de l’épidémie». Et de rassurer : «Les capacités des hôpitaux d’Alger qui connaissent actuellement une forte surcharge en nombre de cas Covid-19 seront renforcées. Nous avons identifié 87 lits de réanimation supplémentaires au niveau du CHU Mustapha Bacha et 250 autres au niveau de toute la capitale. Comme il sera renoncé aux autres activités en cas de recrudescence de la pandémie.»

Des hôpitaux bel et bien débordés

Effectivement, le nombre de lits occupés pour ce mois d’octobre est inférieur à celui du mois de juillet, mais ce que le Pr Rahal a omis de dire, c’est quel était le nombre de lits dédiés pour la Covid-19 à cette période précise du mois de juillet.

A ce moment-là, toutes les structures hospitalières chargées de la prise en charge des patients infectés avaient dégagé des places dans tous les services médicaux et de réanimation. Suite à la stabilisation de la situation épidémique, le nombre d’unités Covid a été considérablement réduit, et des instructions ont été données pour la reprise des activités médicales non Covid.

La dernière en date a concerné, lors d’une réunion le 21 octobre passé, la reprise de l’activité de la transplantation rénale au niveau des services de greffes d’organes qui ont diminué ou arrêté leurs activités pendant la période de Covid-19. Ainsi, dans l’esprit des responsables, la pandémie était derrière eux alors que la problématique des lits d’hospitalisation était déjà posée avec acuité.

Au vu des chiffres communiqués par le ministère de la Santé avec la barre des 600 cas dépassée, une situation assimilée à juillet par le DGSS, il est clair qu’au vu du nombre de places disponibles ces derniers jours, deux patients sur trois testés Covid-19 nécessitant une hospitalisation ou une place en réanimation ne sont pas admis.

Alors que la vague déferle de jour en jour, les équipes médicales font face à une saturation des lits d’hospitalisation et tentent tant bien que mal de placer un cas grave après maintes interventions auprès de leurs collègues eux aussi dépassés. Des scènes effrayantes ont marqué de nombreux patients jeunes et moins jeunes, en attente d’une hospitalisation durant 48 heures, voire 72 heures, dont certains n’ont pas eu malheureusement la chance d’accéder à la salle de réanimation.


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