Ouverture du procès des détenus pour «port du drapeau amazigh» : «Nous n’allons pas cautionner une parodie de justice» | El Watan
toggle menu
lundi, 09 décembre, 2019
  • thumbnail of 20191209

  • Massage Tunisie



Ouverture du procès des détenus pour «port du drapeau amazigh» : «Nous n’allons pas cautionner une parodie de justice»

18 novembre 2019 à 10 h 11 min

Les membres du collectif de défense des détenus sont partagés sur l’option à suivre devant le tribunal de Sidi M’hamed : plaider ou carrément boycotter les audiences. La deuxième option semble avoir les faveurs de la majorité des membres du collectif.

Le procès des détenus porteurs du drapeau amazigh, dont les dossiers ont été renvoyés par le juge du tribunal de Sidi M’hamed, lundi 11 novembre, s’ouvriront aujourd’hui.

«Il s’agit des quatre dossiers suivants : le dossier des vendeurs de pin’s (4 détenus : Ghimouz Akram, Abdelkader Toufik Bacha, Khiredine Benzine, Fazil Dechicha) et 6 autres placés sous contrôle judiciaire ; le dossier de Saradouni Lyes et Ammad Djilali (contrôle judiciaire) ; celui des détenus Derouiche Alaa, Agouazi Mohamed, Azoug Arezki, Batlis Bakir et Bareche Hafid ; le dossier de l’étudiante Dahmani Nour El Houda Yasmine (détenue) et de Belaifa Fatiha (contrôle judiciaire)», détaille le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) dans un post sur sa page Facebook.Au total, ils sont 20 prévenus sur les 42 programmés lundi 11 novembre, à savoir: 10 détenus et 9 personnes placées sous contrôle judiciaire ainsi que Maati Salah, toujours à l’hôpital Frantz Fanon de Blida depuis le 20 octobre, précise le CNLD.

Les membres du collectif de défense des détenus sont partagés sur l’option à suivre devant le tribunal de Sidi M’hamed : plaider ou carrément boycotter les audiences. La deuxième option semble avoir les faveurs de la majorité des membres du collectif. «Il n’y a pas lieu de cautionner une parodie de justice. Les dernières condamnations prononcées par le tribunal de Sidi M’hamed nous ont convaincus qu’il ne sert à rien de plaider devant ce tribunal. Il y a lieu de mettre les juges devant leurs responsabilités», tranche Fetta Sadat, députée et avocate de profession, jointe par El Watan.

Mobilisation à Tizi Ouzou

Une réunion du collectif de défense des détenus d’opinion s’est tenue, hier, au bâtonnat d’Alger. La rencontre devait permettre de coordonner les actions des avocats et de prendre des décisions «à la hauteur des attentes citoyennes, suite aux condamnations surprises de détenus innocents», a précisé Me Salah Brahimi. La réunion «houleuse» ouverte en fin d’après-midi s’est poursuivie une partie de la soirée.

Les avocats venus de plusieurs wilayas du Centre (Alger, Blida, Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira, etc.), guidés par les bâtonniers des Ordres respectifs, devront adopter une décision commune liée à la défense des détenus d’opinion devant le tribunal de Sidi M’hamed, qualifié par les avocats de «juridiction d’exception».

Le bâtonnier de Tizi Ouzou, Salah Brahimi privilégie l’option de «procès de rupture». «Plaider en sachant à l’avance le verdict dicté est une atteinte à la justice et à l’intelligence. Nous refusons de jouer une pièce de théâtre. Il s’agit d’une atteinte grave aux libertés que la morale juridique ne peut cautionner», plaide-t-il (voir El Watan du 17 novembre).

Les arrestations des hirakistes se sont poursuivies ces dernières heures. A Tizi Ouzou, un jeune manifestant, Belkasmi Zakaria, a été présenté devant le parquet du tribunal de Tizi Ouzou qui l’a déféré devant le juge d’instruction. Motif : une publication sur Facebook exprimant une opinion sur les élections. Après une forte mobilisation de la population et l’engagement du collectif des avocats pour le changement et la dignité, il a été remis en liberté et mis sous contrôle judiciaire, a précisé le collectif dans un post sur sa page Facebook.

Hier, le tribunal de Sidi M’hamed a rendu le verdict du procès de l’ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, Mourad Amiri, l’opposant à l’actuel ministre : acquitté dans l’accusation d’«atteinte à corps constitué» et 6 mois de prison avec sursis et une amende de 20 000 Da pour «diffamation». Les avocats de la défense feront appel aujourd’hui.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!