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mardi, 27 septembre, 2022
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Missoum Abdelkader. Pédagogue, formateur à l’Institut national de formation du personnel de l’éducation et coordinateur des écoles associées à l’Unesco : «Nous avons sauvé l’année scolaire mais pas l’apprentissage des élèves»

29 mars 2021 à 11 h 08 min
  • Après 5 mois écoulés, quel bilan faites-vous de l’année scolaire actuelle ?

La situation de cette année scolaire n’est pas différente de la précédente. Nous sommes pratiquement dans les mêmes conditions à une seule exception : les élèves sont scolarisés.

Ces derniers sont perturbés autant que lorsqu’ils étaient chez eux pendant près de 8 mois. Les repères en termes de vacances et de scolarité ont été chamboulés. A plusieurs reprises, les dates annoncées ne sont pas définitives.

Ceci, sans parler du cadre d’apprentissage en classe, où l’enseignant est excédé par la répétition des cours plusieurs fois dans la journée. Il est également obligé de faire vite, étant donné qu’il n’a que 45 minutes pour donner son cours.

En l’état actuel, nous pouvons dire que la seule chose que nous avons gagnée est que nous n’avons pas eu d’année blanche. Certes, nous ne sommes peut-être pas mieux lotis que d’autres pays, mais nous avons sauvé l’année scolaire mais pas l’apprentissage des élèves.

  • Justement, les chiffres qui sont avancés, officiellement ou officieusement, démontrent une chute du niveau des élèves. Quelles en sont les causes ?

Ces résultats étaient évidents. Nous nous attendions à des résultats nettement plus faibles que ceux de ce 1er trimestre. Pour les causes, elles sont claires. En plus de celles que je viens de citer, il ne faut pas oublier que les élèves ont vécu une période de grand stress durant le confinement, dû à l’incertitude quant à la continuité des cours.

Une période qui a favorisé le décrochage scolaire. Le système de double vacation adopté, qui offre aux élèves des journées libres, fait dans la continuité de ce décrochage. En plus des parents fatigués et dépassés, les enseignants se sont retrouvés obligés d’accepter le cadre de travail imposé par la tutelle.

Le ministère a cru bien faire, mais finalement il a privé les enseignants de la liberté d’initiative et d’adapter la situation selon leur rythme et les nécessités pédagogiques. Le ministère a essayé après de redresser les choses, mais le mal a été fait. Il fallait donner le cadre général et laisser les enseignants libres d’adapter les méthodes adéquates, notamment en matière d’évaluation.

  • En l’état actuel, où en sont les choses et qu’y a-t-il lieu de faire ?

Que peut-on faire lorsque le coup est tiré ? Rien ou presque. Malheureusement, cette crise sanitaire et le confinement qu’elle a imposé auraient pu être une véritable aubaine pour revoir le système scolaire et remplacer les mécanismes obsolètes, qui ont démontré leur incapacité dans l’apprentissage des enfants.

Il fallait en profiter pour revoir les programmes, les techniques d’enseignement en intégrant les nouvelles technologies et revoir les méthodes d’évaluation. Malheureusement, la politique de la fuite en avant a été la seule adoptée.

Toutefois, l’unique chose qu’on pourra, peut-être, faire est de donner plus de liberté, notamment pédagogique, aux établissements afin de remédier ou réajuster ce qui peut l’être. Sinon, espérons au moins que les leçons de cette épreuve Corona soient bien assimilées et qu’elles serviront à mieux gérer le secteur.


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