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Nikolai Beckers. Directeur général d’Ooredoo Algérie : «Nous allons accompagner l’Algérie dans sa transformation numérique»

09 février 2020 à 10 h 04 min

La performance des opérateurs de téléphonie mobile en Algérie est affectée par la conjoncture économique difficile, l’intensification de la concurrence par les prix et l’aggravation de la dévaluation de la monnaie nationale. Mais cela est loin de décourager Nikolai Beckers, directeur général d’Ooredoo Algérie. Il possède plus de 20 ans d’expérience dans les secteurs des télécommunications et des TIC. Il possède de solides compétences en leadership et un historique de succès, ayant dirigé un certain nombre d’entités multinationales prestigieuses à travers l’Europe et l’Asie, notamment Deutsche Telekom et T-Online France. Il livre dans cet entretien en exclusivité pour El Watan son analyse du marché et les projets ambitieux d’Ooredoo Algérie.

– Ooredoo continue à investir sur le long terme. Est-ce une manière de contribuer au développement du pays ?

Il est clair que la diversification de l’économie de l’Algérie est un sujet clef, l’enjeu est de faire une transition vers une économie moins dépendante des hydrocarbures. L’un des moyens est incontestablement une connexion performante et fiable des réseaux fixes et mobiles. L’Algérie est un très grand pays qui nécessite un investissement important et nous sommes prêts à le faire. Non seulement c’est nécessaire pour la société et pour les employés mais aussi pour le pays et les Algériens.

Ils sont demandeurs et nous avons remarqué à travers les analyses de notre big data que le taux d’appropriation des technologies est extrêmement rapide chez les Algériens, particulièrement les jeunes. Quelques statistiques pour montrer notre engagement concret sur le marché algérien : entre 2004 et 2019, Ooredoo a investi 320 milliards de dinars. Pour la période 2020-2022, 52 milliards de dinars sont prévus, dont 20 milliards en 2020.

Plus de 35 000 entreprises font confiance à l’opérateur pour les accompagner à travers les différents services. Depuis 2013, Ooredoo a assuré l’hébergement d’une trentaine de start-up technologiques au niveau de son propre incubateur. Au troisième trimestre 2019, l’opérateur comptait près de 13 millions d’abonnés et 3000 employés. Ooredoo a réussi le challenge d’étendre son réseau 4G partout à travers le territoire national et devient ainsi le premier opérateur de la téléphonie mobile à assurer une présence dans toutes les wilayas.

Mais je pense aussi qu’il faut une certaine libéralisation. Nous sommes prêts à accompagner ce mouvement avec un fort investissement dans les Capex (dépenses qui ont une valeur positive sur le long terme) et aussi dans les ressources humaines, en fait, les deux vont ensemble.

L’ambition d’Ooredoo est de créer une entreprise digitale et humaine. Cependant, il faut être conscient que ce n’est pas quelque chose qui se construit en quelques jours mais ce sont des opérations qui s’inscrivent dans la durée, il faut former les employés, on fait pas mal de MBI programmes, le monitoring pour le jeunes, il y a une forte volonté d’apprendre et d’assimiler. J’étais très impressionné : non seulement les Algériens sont intéressés par les technologies, mais aussi dans la société, il y a une forte demande pour la formation, l’apprentissage des nouvelles technologies et la construction de la digitalisation.

– Votre nomination en cette période de changement et de transformation dans le secteur des télécommunications vise à dynamiser Ooredoo sur le marché algérien et être le n°1, ce qui est une nouveauté dans le discours…

Numéro 1 oui, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Pour nous, ce n’est pas nécessaire d’avoir le plus grand nombre d’abonnés, mais c’est une question de qualité de service, de fiabilité du réseau, de fidélisation des clients, offrir quelque chose aux clients mais avec la satisfaction de ses besoins, on doit aller vers une culture de service. Nous sommes au début de la digitalisation. On a fait des choses, on peut travailler avec des start-up algériennes, il y a des gens qui ont des idées et on va les aider étape par étape, on crée un écosystème pour créer des services innovants.

– Cette ambition vient dans une conjoncture assez particulière où le marché des télécoms est dominé par la guerre des prix. Comment Ooredoo compte imposer sa griffe ?

C’est un sujet clef en cette période de transition de l’Algérie, en tout cas, bonne ou mauvaise conjoncture, il faut faire la digitalisation et la transformation et évoluer vers des choses plus innovantes. Un bon réseau est assez cher et l’investissement est extrêmement important tenant compte du pouvoir d’achat de la population. C’était mon deuxième poste comme PDG en Macédoine.

J’arrivais de Paris, c’était un petit pays pas très développé, un ex-dirigeant a dit c’est un pays pauvre, franchement, il n’y a rien à faire, j’ai dit je ne suis pas d’accord, tout le monde a non seulement besoin mais vit de la dernière technologie, il faut néanmoins l’adapter au pouvoir d’achat des citoyens. J’ai ramené tous les nouveaux services que j’ai appris en France et en Allemagne et on les a installés.

Evidemment, il faut rester sur des prix abordables et des services de qualité, c’est toujours comme cela dans la vie, rien n’est gratuit, il faut faire le bon choix entre un prix raisonnable et les investissements, notre stratégie à long terme va se baser sur la qualité et un service supérieur, on ne va pas obliger le mass market, on va segmenter les marchés : il y aura des offres pour les jeunes, les plus traditionnels, pour le professionnels et les VIP.

La stratégie en général est «top network et top service» : cela prend un peu de temps pour améliorer un réseau, ça ne se fait pas d’un jour à l’autre. En toute transparence, on a eu des soucis avec notre réseau, je n’étais pas du tout content et je m’excuse auprès des clients, on a un plan concret pour l’amélioration du réseau et on y travaille : ça va prendre quelques mois.

Il y a trois semaines, on a doublé les capacités et les clients les ont absorbées rapidement. Il y a une forte demande, c’est une bonne nouvelle, cela fait de la tension sur le réseau. C’est l’une des priorités, j’ai confiance, on aura une forte amélioration dans les mois qui viennent.

– Quels sont vos rapports avec l’Autorité de régulation, une institution vue par les uns comme un organisme bureaucratique et par d’autres comme une nécessité ?

C’est très bien qu’il y est une autorité de régulation indépendante, j’ai vu le directeur général de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques il y une semaine, on a eu un discours extrêmement positif, encourageant et concret, on a parlé de la diversification, de la digitalisation et on a des visions assez similaires, on a aussi besoin de soutien.

– Ooredoo a eu une relation particulière et régulière avec la presse, même si le volume publicitaire a baissé pour des considérations économiques. Quelle est votre stratégie sur ce point précis ?

Pour moi, la transparence est importante. On a une belle histoire à raconter. Cela contribue au développement de l’entreprise, des employés en plus du soutien aux Algériens, c’est déjà du gagnant-gagnant. Vous avez besoin d’informations fraîches, on va vous les donner en toute transparence. On n’a rien à cacher, même si on a des soucis, cela arrive, le monde n’est jamais parfait, on assume et on travaille sur le sujet.

La relation est directe avec vous, il y a une nouvelle équipe et nous sommes là pour travailler avec vous. Il n’y a aucune différence entre mon discours en interne et en externe, on a organisé un grand événement avec les employés il y a deux semaines. Il y a deux choses qui sont claires : une liberté qui vient avec une responsabilité, il faut rester authentique et assumer les choses.

Il faut communiquer, sinon on laisse la place aux rumeurs. La richesse du paysage médiatique constitue un atout considérable et a fait de vous une véritable force et un partenaire de choix avec lequel nous comptons consolider les liens et renforcer ce partenariat sur le long terme. Les rendez-vous avec les médias algériens sont depuis 2008 des moments incontournables (iftar presse pendant le Ramadhan et en début d’année).

Le club de presse a depuis sa création offert une soixantaine de formations au profit de plus de 2000 professionnels des médias. L’initiative phare est le concours Médias Star, dont le lancement de la 14e édition sera annoncé prochainement.


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