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Mouvement populaire du 22 février : Nida 22 vise une conférence inclusive

24 octobre 2020 à 11 h 54 min

L’initiative «Nida 22», dont l’objectif est d’aboutir, à terme, à une feuille de route «consensuelle» reflétant les revendications du hirak, a été lancée jeudi soir.

Plusieurs personnalités, activistes, militants, avocats, chercheurs ou autres ont adhéré à cette initiative. Le «live» organisé, ce jeudi soir sur les réseaux sociaux, a vu l’intervention de plusieurs d’entre eux. On peut citer, le sociologue Nacer Djabi, les avocats Mustapha Bouchachi et Abdelghani Badi, le président du RAJ, Abdelouahab Fersaoui, le porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS), Karim Tabbou, le chercheur installé aux Etats-Unis, Nouredine Melikchi, pour ne citer que ceux-là.

L’objectif de l’«initiative», comme l’ont rappelé plusieurs d’entre eux, est d’aboutir à une feuille de route consensuelle qui va refléter les revendications du hirak. Cela, bien évidemment, en passant par un dialogue «intra-hirak».

Et cette initiative ne s’inscrit pas, faut-il le préciser, dans l’agenda actuel du pouvoir en place. «L’initiative n’est pas un objectif en soi, mais un moyen», a déclaré à cet effet Me Bouchachi, qui a rappelé que «les Algériens qui sont sortis dans la rue pendant des mois ne veulent pas d’un changement de façade mais d’un changement réel». «Aujourd’hui, il est clair que la démarche du pouvoir ne mènera pas à une Algérie nouvelle», a-t-il ajouté.

Djabi, quant à lui, a tenu à rappeler que «le régime à freiné toutes les initiatives», évoquant les différentes interdictions formulées à l’encontre de la société civile et des partis de l’opposition, «et par la suite il y a eu la pandémie de coronavirus». «Nida 22 est une tentative pour concrétiser les revendications du hirak», a-t-il déclaré.

Pour Me Badi, «en freinant l’émergence d’initiatives, le pouvoir en place veut faire croire qu’il n’y a aucune solution qui est proposée». «C’est un espace qui pourra contenir toutes les idées, même si elles sont parfois contradictoires», a estimé, quant à lui, Karim Tabbou.

Le journaliste Hafid Derradji a insisté, pour sa part, sur le fait que ceux qui adhèrent à cette démarche «ne sont pas des représentants du hirak, mais une force de proposition». Allant dans le même sens, le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Said Salhi, a ajouté, toutefois, que les initiateurs de cette initiatives «font partie du hirak».

Les initiateurs de «Nida 22» ont, pour l’occasion, rendu public un appel dans lequel ils abordent les objectifs recherchés à travers leur démarche. Ceci, bien évidemment, après avoir fait un constat de la situation, notamment pour ce qui est de la feuille de route du pouvoir en place.

«L’échec du pouvoir se manifeste dans son choix d’une approche sécuritaire pour la gestion d’une crise sanitaire sans précédent. A l’opposé, le hirak a apporté la démonstration de sa maturité et de sa conscience en décidant de suspendre provisoirement les marches populaires pacifiques.

Cette gestion sécuritaire a commencé avant même le présumé scrutin imposé par un pouvoir non élu et illégitime. Elle s’est poursuivie par le recours aux arrestations, aux intimidations et à la surveillance policière à l’encontre des citoyens, des blogueurs, des journalistes et des activistes», lit-on dans ce document.

Pour les initiateurs de cette initiative, «cette gestion sécuritaire approfondit la crise de confiance entre un peuple déterminé et un pouvoir qui a recours aux théories du complot pour masquer ses échecs, et à l’histoire du glorieux 1er Novembre, pour imposer la Constitution de la continuité (…) que l’on veut imposer en excluant le peuple souverain de sa révision, confié à un comité désigné, adoptée par un parlement illégitime et incompétent, et destinée à être avalisée par un scrutin de pure forme sur le modèle de l’élection du 12/12».

Ainsi, l’objectif tracé à travers «Nida 22» est de «parvenir à un accord politique consensuel au sein des différentes dynamiques du hirak, pour renforcer le rapport de force en faveur du peuple algérien», tous comme il est question de «réaliser une transition démocratique souple qui ne soit pas monopolisée par le pouvoir de fait tout en garantissant la continuité de l’Etat» et de «concrétiser l’Etat de droit, des institutions et la justice sociale».

Pour y parvenir, ceux qui soutiennent cette démarche invitent les Algériens à participer à «l’organisation de rencontres et de débats à l’échelle nationale et locale et dans la diaspora, en incluant toutes les dynamiques du hirak afin de mûrir et faire émerger les contours d’un consensus politique nécessaire au sein du hirak» et «la tenue d’une conférence inclusive des acteurs du hirak pour définir et mettre en place les mécanismes de l’accord politique consensuel».

L’entreprise ne sera pas facile, mais les uns et les autres parmi ceux qui ont intervenu, jeudi soir, ont affiché l’espoir que la démarche puisse bénéficier du soutien de beaucoup de «hirakistes».

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