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Mustapha Bouchachi, avocat et défenseur des droits de l’homme : «On est dans une période d’unification et non d’exclusion»

10 mars 2019 à 11 h 20 min

Très ému par ce qui se passe dans le pays depuis le fameux vendredi 22 février, le défenseur des droits de l’homme estime qu’il n’est pas seulement question de «rejeter le 5e mandat», mais le processus électoral en entier, et ce, parce que «le système ne pourra pas organiser d’élection transparente».

L’avocat et défenseur des droits de l’homme Mustapha Bouchachi a plaidé hier, lors de son passage au forum de RAJ (Rassemblement, actions, jeunesse) en compagnie de l’universitaire Redouane Boudjemaa, pour l’unification des efforts de tout un chacun, y compris, bien évidemment, ceux des partis politiques qui se reconnaissent dans le mouvement populaire, pour faire aboutir la cause des Algériens.

Il répondait à la préoccupation de l’assistance quant à l’attitude à adopter avec les représentants des partis politiques, vu que certains manifestants les rejettent. «On s’est réunis à deux reprises avec des chefs de parti politique et j’ai eu des reproches. Il faut qu’on soit sage. On est dans une période d’unification et non d’exclusion», a-t-il déclaré. Bouchachi a tenu à préciser que c’est «le système politique qui avait fait en sorte que les partis politiques soient coupés de la société».

Tout en rappelant que «c’est l’histoire qui jugera» les uns et les autres, il a indiqué que quand le pays adoptera un autre mode de gouvernance, le peuple «sanctionnera qui il veut et accordera sa confiance à qui il veut». «Il faut s’unir pour préserver ce mouvement», a-t-il déclaré, d’autant plus qu’«on n’a pas encore gagné». «Après avoir brisé le mur de la peur, il faut faire de même avec celui de la suspicion», a lancé Me Bouchachi.

A une question relative à la demande faite par nombre de manifestants aux partis de retirer leurs élus de l’APN par exemple, celui qui a démissionné de cette institution en 2014, moins de deux ans après avoir été élu, a fait remarquer qu’il y a une divergence d’approche au sujet d’un tel acte, puisqu’«il y a ceux qui pensent que rester dans ces institutions sert au moins à faire entendre une autre voix». «C’est une décision souveraine d’un parti politique», dira-t-il, tout en signalant toutefois que «s’ils se retirent, la rue s’en souviendra».

Visiblement très ému par ce qui se passe dans le pays depuis le fameux vendredi 22 février, le défenseur des droits de l’homme estime qu’il n’est pas seulement question de rejeter le «5e mandat», mais le processus électoral tout entier, et ce, parce que «le système ne pourra pas organiser d’élection transparente». «Il faut tout faire pour que le vote du 18 avril n’ait pas lieu», a-t-il déclaré.

La même chose donc pour ce qui est du «report» de ce rendez-vous électoral du 18 avril prochain ou même de l’application de l’article 102 de la Constitution (vacance de pouvoir) qui serait, d’après lui, tout aussi grave que le 5e mandat, puisque durant la période de vacance de poste, personne n’aura le droit de toucher à la Constitution ou remettre en cause les instances élues. Des procédés qui ne feraient, finalement, que «sauver» le système.

L’universitaire Redouane Boudjemaa est allé également dans le même sens. D’après lui, «ceux qui réclament aujourd’hui l’application de l’article 102 de la Constitution veulent revenir à un scénario qui était là avant l’annonce de la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat». Ce qu’il faudrait, renchérit Me Bouchachi, «c’est une période de transition consensuelle qui sera menée par des gens crédibles». Et même là, «la vigilance doit être de mise», parce que «le processus pourrait être dévoyé».

Mais en attendant, «il faudra s’armer de patience et réfléchir à d’autres moyens de lutte, parce que le peuple pourra éventuellement se fatiguer».

Pour l’avocat, il est essentiel aussi que «les gens s’organisent ne serait-ce que pour discuter et réfléchir». La mission ne sera sûrement pas facile. En plus de l’ennemi intérieur, il y a celui de l’extérieur. «Certaines puissances étrangères ne voudraient surtout pas que la décision, économique s’entend, émane de la légitimité du peuple», a-t-il déclaré. Mustapha Bouchachi a, en dernier lieu, indiqué que les gens du pouvoir, sans le vouloir bien évidemment, ont contribué à la naissance de cette révolte, parce que «s’ils n’étaient pas paresseux et méprisants envers le peuple, ils auraient pu réfléchir à une autre option au lieu de s’avancer dans celle du 5e mandat». «Ils croyaient qu’ils avaient neutralisé tout esprit de résistance chez l’Algérien», a-t-il affirmé.

Le défenseur des droits de l’homme, qui refuse toute sorte de «paternalisme» de qui que ce soit sur les jeunes révoltés, a indiqué que «ce mouvement populaire et pacifique ne doit pas échapper au peuple». «Votre mission est de sauvegarder cette belle image qui nous a rendu notre fierté», a-t-il lancé en définitive à l’endroit des jeunes.


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