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mercredi, 22 janvier, 2020
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Mouvement populaire : Un vendredi pas comme les autres

31 octobre 2019 à 10 h 29 min

Les Algériens du mouvement populaire du 22 Février ne voudraient rater, pour aucune raison, le rendez-vous du 65e anniversaire du déclenchement de la Révolution, qui coïncidera avec la 37e marche du vendredi.

L’occasion confirme, si besoin est, que depuis le déclenchement du mouvement populaire, les dates historiques du pays ont pris un énorme intérêt aux yeux de la population qui gonfle leur symbolique. Et le hasard du calendrier a fait coïncider pour la deuxième fois dans l’année de telles dates-symboles avec la mobilisation populaire des Algériens, qui sortent chaque vendredi. Cela a été le cas avec le 57e anniversaire de l’indépendance, le 5 juillet, et cette fois-ci le rendez-vous est avec le 1er novembre.

A Béjaïa, par exemple, des appels à célébrer cette date dans la meilleure mobilisation sont lancés et relayés, depuis quelques jours, dans la rue et particulièrement sur les réseaux sociaux. Lors de la manifestation de vendredi dernier, l’appel à aller marcher à Alger a été réitéré à coups de slogans scandés dans des carrés de manifestants. «Awel Novembre chaâb iqerar, nrouhou l assima n djibou el istiklal !» (Le 1er novembre, c’est le peuple qui décide, nous irons à la capitale pour prendre notre indépendance). Le mot d’ordre a fait son bonhomme de chemin depuis quelques jours et intéresse, visiblement, de plus en plus de citoyens. Marcher à Alger est pour eux une manière de se réapproprier autant d’espaces «interdits» que de dates confisquées par les célébrations officielles galvaudées. De telles volontés de réappropriation ne sont pas nouvelles.

A Kherrata, à l’extrême est de Béjaïa, l’initiative a été prise le 8 mai dernier par des citoyens, qui ont célébré le 74e anniversaire des massacres perpétrés par les forces coloniales en éclipsant les autorités locales. Un groupe de citoyens a initié un appel pour occuper la place du 1er Novembre (ex-Gueydon), au chef-lieu de la wilaya, afin de célébrer l’anniversaire. L’initiative est lancée pour prendre la place des autorités qui, d’habitude, se rassemblent sur cette place pour la traditionnelle cérémonie de minuit. Ces dernières années, on la fait coïncider avec l’une des soirées du Festival international du théâtre. Cette année, la conjoncture est totalement différente, au point où même le FITB est reporté.

Deux autres dates auxquelles est particulièrement attachée la population en Kabylie n’ont pas manqué de susciter un intérêt particulier : le 14 juin 2001 et son souvenir douloureux d’une marche réprimée dans le sang à Alger, et le 20 Août 1956, date du Congrès de la Soummam, dont on revendique l’esprit et les résolutions. Les deux dates ont, encore deux autres heureux hasards du calendrier, coïncidé avec la journée de vendredi.

«Marche de la liberté»

Pour ce 1er Novembre, des groupes de jeunes citoyens s’organisent pour la circonstance, malgré le maintien du dispositif policier et de la gendarmerie qui empêche l’accès à la capitale algérienne les jours de marches populaires, notamment les vendredis. Le rendez-vous et les dispositions affichées pour le célébrer en investissant la rue rappellent, particulièrement pour les habitants de la Kabylie, le souvenir de l’historique marche du 14 juin 2001 à laquelle avait appelée le mouvement citoyen des archs. Cette fois-ci, le sujet de ce que l’on appelle «la marche de la liberté» est évoqué avec insistance aussi. «Ce vendredi, je marcherai à Alger», nous a dit une dame âgée que nous avons interrogée lors de la marche d’hier à Béjaïa-ville.

A Tizi Ouzou, un collectif de citoyens, qui s’est baptisé «La voix du peuple», a appelé à une marche de trois jours à partir de la ville des Genêts. Un animateur du mouvement à Béjaïa assure que des dizaines de bus sont d’ores et déjà réquisitionnés pour le déplacement.

Si l’engagement est plus ou moins le même qu’en 2001, la donne ne l’est pas exactement. Aucun communiqué identifié sous la signature d’une organisation ou d’un collectif n’est lancé pour appeler à rejoindre Alger, vendredi prochain. Des appels sont cependant rendus publics pour inviter la population à une célébration populaire de cette date. «Le 1er novembre 2019, le peuple algérien marchera sur le chemin de sa liberté sous le slogan ‘‘Manifestation grandiose et historique pour un Etat civil et démocratique’’» a écrit, dans un communiqué public, le Collectif de la société civile, qui a appelé à une mobilisation massive.

Les Forces de l’alternative démocratique de Béjaïa – organisation qui réunit des syndicats, des partis et des associations qui ont été rejoints par le RCD puis, dernièrement, par le FFS – ont appelé «à une mobilisation la plus large à l’échelle nationale, notamment à Alger, pour que cette célébration soit une réponse à une offensive répressive du pouvoir politique autoritaire». «Le 37e vendredi, en date du 1er novembre 2019, coïncide avec cette célébration que nous prenons comme témoin dans le mouvement de l’histoire, du combat et sacrifice de tout un peuple, pour une Algérie libre et démocratique», écrivent les 12 organisations des Forces de l’alternative démocratique de Béjaïa.

Les appels appellent, en somme, la population à afficher son engagement patriotique et à faire jonction symbolique entre la Révolution de 1954 et celle de 2019.


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