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Mouvement populaire : Le second souffle du Hirak

25 août 2019 à 10 h 10 min

D’un coup de colère exprimé dans un premier temps contre l’«affront» d’une candidature pour un 5e mandat d’un Président, affaibli par un AVC, n’ayant pas prononcé de discours depuis 2013, le hirak est devenu, au fil des semaines, un mouvement de protestation contre le «système» et pour une «nouvelle Algérie». Vendredi dernier, le 27e depuis le 22 février dernier, il a bouclé, jour pour jour, six mois de protestation.

Le hirak a ainsi résisté au temps, à la chaleur d’un été caniculaire, surtout dans certaines régions, à un mois de Ramadhan et à moult tentatives de division. Si durant les mois de juillet et août (exception faite pour le 5 juillet, un vendredi coïncidant avec la fête de l’indépendance), il y avait moins de monde, la montée graduelle du nombre de manifestants, ces deux dernières semaines, prédit un retour en force de ce mouvement populaire au mois de septembre. Un renforcement de la mobilisation a été constaté dans plusieurs villes du pays et pas seulement à Alger.

«Je suis très optimiste. Le hirak a clôturé ce vendredi ses six mois. Ce n’est pas n’importe quel mouvement qui peut résister à ce pouvoir. Je suis sûr qu’à la rentrée sociale la revendication va reprendre comme à ses débuts. La rentrée sera déterminante et va pousser le pouvoir à répondre d’une manière claire aux revendications populaires, à accepter une transition et à aller vers une IIe République», a déclaré en substance Abdelouahab Fersaoui, président du RAJ, au site TSA. Un optimisme partagé par plusieurs autres politiques et universitaires, comme le sociologue Nacer Djabi, qui au vu un regain de la mobilisation de ces deux dernières semaines, s’attendent à un retour en force du mouvement au mois de septembre. Il faut dire que personne ne s’attendait à une telle longévité d’un mouvement né spontanément.

Même le pouvoir en place aurait misé sur son essoufflement, d’autant plus qu’il y avait, au début, en perspective, le mois de Ramadhan suivi de l’été et de la période des vacances. Il y avait aussi ce qui était considéré comme des manœuvres visant à «diviser» le hirak, comme cette histoire de l’étendard amazigh. Après avoir manifesté pendant un peu plus de deux mois avec ce «drapeau» en toute liberté, les manifestants se heurtent depuis le mois de juin à l’interdiction de l’arborer. Des dizaines de citoyens sont en prison à cause de cet étendard.

Le lancement du panel de dialogue et de médiation de Karim Younès est considéré aussi par les opposants comme une autre manœuvre pour diviser le hirak. C’est ce que pense, par exemple, Karim Tabbou, qui a estimé qu’en faisant appel à des personnes présentées comme des acteurs du hirak et qui ne le sont pas finalement, ce panel n’a d’autre objectif que de briser le mouvement de protestation. Sauf que nombre de citoyens ont continué quand même à sortir, chaque vendredi, pour, comme ils le disent, «assurer la permanence», tenant ainsi en échec les aléas «naturels» et les «manœuvres» visant à le casser.

Maintenant qu’il a passé, avec succès, tous ces «tests», le hirak se prépare pour la rentrée sociale qui s’annonce extrêmement «animée». Beaucoup parmi les manifestants réfléchissent déjà à la nécessité d’opter pour d’autres moyens de contestation. D’où le slogan «Rahou djaï el isyan el madani !» (Elle arrive la désobéissance civile). Ceci, d’autant plus que ce prochain mois pourrait coïncider avec un retour de la contestation sociale catégorielle. Des syndicats autonomes ont, déjà, menacé de reprendre les mouvements de protestation dès le mois de  septembre. Il y a également la reprise des cours des universités. Si les étudiants ont réussi à maintenir leur mouvement, sortant chaque mardi même durant les vacances scolaires, il est clair que leur retour dans les campus dans quelques semaines va «renforcer» davantage leurs rangs.

En somme, si certains ont misé, à ses débuts, sur son essoufflement au bout de quelques mois, aujourd’hui il est clair que le hirak s’est installé dans la durée. Et tout indique que le mois prochain, il va se donner un second souffle.


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