Mosquées fermées et soirées artistiques annulées : Les Algériens se réfugient dans le virtuel | El Watan
toggle menu
lundi, 10 août, 2020
  • thumbnail of elwatan10082020




Mosquées fermées et soirées artistiques annulées : Les Algériens se réfugient dans le virtuel

29 avril 2020 à 10 h 00 min

Le Ramadhan de cette année aura incontestablement moins de saveur. La pandémie de coronavirus a privé les Algériens des soirées culturelles animées, des sorties nocturnes pleines d’ambiances et d’odeurs et des Tarawih. Mosquées et cafés fermés, manifestations culturelles annulées, confinement obligatoire, ni de retrouvailles le soir pour l’iftar, chacun essaie de s’adapter à cette situation inédite.

Le Covid-19 bouscule ce grand moment communautaire. Difficile pour les fidèles de ne pas ressentir la frustration d’un Ramadhan confisqué par cette pandémie. Sans surprise, le virtuel est encore une fois la planche de salut qui permet de rester en contact avec les familles, les amis et proches et aussi un moyen de se faire son propre programme grâce, notamment, à YouTube.

Les chaînes de télévision sont aussi une des solutions pour meubler les soirées, même si cette année, la grille des programmes n’est pas très étoffée, de l’avis de plusieurs téléspectateurs. Certains se consolent en disant que le confinement peut s’avérer propice au recueillement et que l’outil numérique permet de suivre en ligne des prêches et des prières, voire de se réunir autour «de tables virtuelles» qu’on filme et qu’on envoie aux proches.

Pour Hichem, père de famille, il faut faire avec. Il s’est réfugié dans «Netflix, mais comme par hasard hier il a été coupé. Je remplace les soirées d’antan par la navigation sur internet et la discussion avec les amis sur Messenger, mais cette période de confinement est aussi celle de l’affinité avec mes enfants». Selon Nacer, hôtelier, «on est obligés, on n’a pas trop le choix.

Je rigole avec les enfants et je surfe sur internet, notamment YouTube où je vois des films, des documentaires et écoute de la bonne musique, dont le légendaire chaâbi ou l’andalou. Deux genres musicaux qui réveillent en moi des sentiments de nostalgie et de souvenirs. Autre moyen de garder le moral et s’évader : la conversation virtuelle avec des amis de différentes nationalités».

D’autres redécouvrent les plaisirs de la lecture de toutes sortes de romans, récits historiques et d’essais et aussi des livres religieux sur les chemins de la spiritualité. Comme l’exigent Le Coran et la Sunna, la majorité des musulmans en ce mois particulier lit les textes et vit sa foi en fonction de la ligne du juste milieu, articulation entre le constant et l’évolutif.

Il est à noter, par ailleurs, que les vidéos et autres photos et sujets les plus répandus durant ce mois de Ramadhan sont sans conteste ceux ayant trait à l’islam. L’intérêt pour les sites sur l’islam est grandissant pendant ce mois d’abstinence. Une partie des Algériens passe son temps à rechercher le moindre écrit, vidéo ou audio traitant des préceptes de l’islam.

Le choix porte essentiellement sur Facebook et YouTube pour les recherches qu’elle juge en général fructueuses. Un phénomène est signalé par les consultants : sur les réseaux sociaux, dès qu’une question est posée sur un sujet relatif à l’islam, des dizaines de réponses sont postées, suivies par un dialogue avec les personnes dont la réponse est jugée intéressante.

Les jeunes de certains quartiers préfèrent prendre l’air avec le f’tour en se réunissant par petits groupes dans les cages d’escalier  grillant cigarettes sur cigarettes et discutant de divers sujets pour se donner l’impression que le coronavirus ne leur a pas tout enlevé.

Autres remarques : la télévision a perdu quelque peu le monopole du divertissement, à l’heure où presque tous les adolescents et jeunes adultes sont dotés d’un téléphone portable.

Les réseaux sociaux et les discussions en ligne sont souvent des distractions préférées au visionnage en famille de séries télévisées. Les pratiques sociales pendant le Ramadhan en sont profondément modifiées : une fois le repas de rupture du jeûne consommé, les jeunes, en général, s’isolent pour échanger sur les réseaux sociaux, ou ne suivent que d’un œil les séries entrecoupées de publicités, pourtant les scénaristes multiplient les ressorts dramatiques avec plus d’audaces dans les sujets traités. Aujourd’hui, les sujets les plus en vogue sont sociaux où les problèmes économiques sont particulièrement présents.             



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!