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Mohcine Belabbas, président du RCD : «La crise financière ne se règle pas par la planche à billets»

09 septembre 2018 à 0 h 05 min

Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, tacle violemment le gouvernement et sa gestion de la crise financière actuelle.

Intervenant à l’ouverture d’une conférence sur le droit du travail, organisée hier à Alger, l’orateur n’a pas manqué l’occasion, en effet, pour pointer du doigt les inconséquences de la politique économique et sociale du pouvoir. «La crise financière ne se règle point par l’impression de billets de banque, d’autant que la rente a largement perverti l’économie nationale et que le discrédit de l’Etat empêche les acteurs (publics et privés) d’inscrire dans une vision de moyen ou long termes», lance-t-il.

Selon lui, la «croissance économique, aussi, ne se décrète par des annonces faites dans le cadre des triparties où le pouvoir se parle à lui-même du fait de l’exclusion des véritables acteurs économiques et sociaux». «Ces annonces de conjoncture sont d’ailleurs vite remisées ou contrées par les dirigeants eux-mêmes», précise-t-il.

Poursuivant, Mohcine Belabbas conditionne la croissance économique par l’existence d’une économie. «La croissance économique se prépare par la transparence dans la situation des finances publiques en rendant publique l’état réel des entreprises publiques. Elle se prépare aussi par l’arbitrage transparent dans l’allocation des ressources, par la promotion de conditions qui encouragent les créateurs d’emplois et de richesse au lieu du recours aux dopages en tout genre qu’on abandonne sans aucun bilan», déclare-t-il.

Et de plaider pour la mobilisation des ressources disponibles et la valorisation des montants de l’allocation scolaire, des bourses d’étudiants, des salaires des enseignants et l’augmentation du SNMG. Selon lui, le pays paie «près de 20 ans de tergiversations politiques du pouvoir à engager des réformes sur des dossiers essentiels qui bloquent le développement». Comme exemple de ces tergiversations, il cite le code du travail, dont la promulgation est constamment renvoyée depuis le début des années 2000.

Un système démocratique : la condition sine qua non

Pour le leader du RCD, l’avenir de l’Algérie réside dans l’instauration d’une économie de production et de croissance dans le cadre d’un système démocratique. «L’avenir auquel aspire le peuple algérien, fondé notamment sur la promotion des droits de chacun et la représentation syndicale et patronale, ne peut être garanti que par une économie de production et de croissance dans le cadre d’un système démocratique où les dirigeants sont l’émanation de scrutins libres», explique-t-il.

Mohcine Belabbas souligne, dans la foulée, les craintes des Algériens pour leur avenir. «De plus en plus de personnes perdent leur emploi, de plus en plus d’entreprises ferment leurs portes, de plus en plus de familles se retrouvent à la rue, de plus en plus de personnes n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins, y compris les salariés du fait d’une politique des salaires antiéconomique et d’une dévalorisation sans contrepartie de la monnaie nationale», déplore-t-il, en qualifiant cette situation «d’insoutenable».

Dans ce sens, le président du RCD revient sur la dégradation des conditions de vie dans le sud du pays, qui est, dit-il, la conséquence d’«un déséquilibre intolérable entretenu par un pouvoir plus soucieux des équilibres internes».

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