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Mohcine Belabbas commente la crise de l’APN : «La situation politique échappe à tout contrôle»

13 octobre 2018 à 1 h 25 min

Le président du RCD, Mohcine Belabbas, estime que la situation politique actuelle ne conjecture rien de bon pour le pays. Les tiraillements et agitations au sein du régime sont tels, selon lui, que «la situation politique échappe à tout contrôle».

Intervenant hier à l’ouverture du 1er congrès des élus locaux progressistes du parti, Mohcine Belabbas parle donc des «démêlés pitoyables qui ont eu pour théâtre l’Assemblée populaire nationale entre des protagonistes tous issus des partis du pouvoir autour du maintien ou pas du président de l’APN». La première victime de cette crise est, selon lui, la Constitution foulée aux pieds et les lois de la République piétinées par «ceux-là mêmes qui les ont promulguées». Ce qui se passe depuis deux semaines à l’APN est, pour M. Belabbas, un «exemple d’une gouvernance à la dérive».

Le président du RCD, qui siège à l’APN, considère qu’il s’agit d’un précédent grave. Le plus dangereux dans cette affaire, estime le chef du RCD, n’est pas le blocage de cette institution qui ne joue nullement son rôle constitutionnel, mais plutôt le message codé que le régime envoie aux assemblées élues. «Le message délivré, à cette occasion, à toutes les assemblées élues, peut être ravageur : toute assemblée pourra être bloquée, si des forces de l’ombre tapies dans les rouages de l’Etat estiment que cette structure ne rentre plus dans leurs visées ou dans leurs plans», alerte-t-il, évoquant ainsi une situation politique des plus pourries à huit mois de la présidentielle d’avril 2019.

Mohcine Belabbas, qui a répondu aux questions des journalistes, qualifie d’extrêmement grave la diffusion de communications téléphoniques enregistrées à l’insu de hauts responsables. «Le dernier canular est l’enregistrement et la diffusion de deux échanges téléphoniques, le premier entre le président de l’Assemblée nationale et un haut responsable non identifié, et le second entre un responsable de groupe de presse courtisan et un officier du renseignement. On imagine comment a été reçue et traitée cette anecdote par les observateurs étrangers déjà stupéfaits par un régime aussi opaque qu’imprévisible», souligne-t-il.

«Système pourri»

M. Belabbas s’interroge sur le silence de la justice, alors que la loi interdit de telles pratiques. Le président du RCD estime que cette diffusion de communications de hauts responsables, qu’ils soient civils ou militaires, ternit davantage l’image de l’Algérie. Pour lui, ces agissements en dehors de la loi peuvent provoquer un enlisement de la situation avec de graves conséquences pour le pays. Pour le président du RCD, les députés doivent être du côté de la loi et privilégier les instruments légaux, comme une commission d’enquête parlementaire qui auditionnera tous les protagonistes.

Interrogé sur la présidentielle de 2019 et le 5e mandat, Mohcine Belabbas estime que la vision du RCD s’inscrit au-delà des personnes. Il affirme que le problème de l’Algérie n’est pas celui des personnes mais plutôt d’un «système pourri», qui ouvre la voie à toutes les dérives. Il rappelle que «c’est d’ailleurs ce système qui a ramené l’actuel Président en 1999». La situation que vit aujourd’hui le pays sur le plan politique «laisse entendre qu’il y a bien un scénario qui se prépare». Un scénario intimement lié à la question de la succession au président Bouteflika. Poursuivant son intervention, le président du RCD relève la difficulté à pouvoir faire «une lecture politique précise» en Algérie. Mais Mohcine Belabbas considère le remue-ménage actuel au sommet de l’Etat comme un signe de «l’absence d’un consensus sur la gestion de l’après-Bouteflika».

Il y a donc, selon lui, «des forces qui veulent prendre le dessus sur d’autres forces du même régime en les affaiblissant de sorte à ce qu’elles ne puissent pas peser dans l’après-Bouteflika». Abordant la présidentielle de 2019, Mohcine Belabbas souligne que la participation à une élection n’est pas un objectif en soi. Le président du RCD affirme que si les conditions électorales restent les mêmes, son parti ira plutôt vers la non-participation. Cela tout en renvoyant la décision finale aux instances décisionnelles du parti.

Evoquant la situation économique et sociale du pays, Mohcine Belabbas dénonce «la mauvaise gouvernance» qui se traduit notamment par le refus de rompre avec l’approche rentière et de procéder à des transformations structurelles dans le secteur de l’économie. Pour lui, la politique actuelle est la même que celle «qui a déjà ruiné les secteurs de l’industrie, de la santé ou de l’agriculture, et générera une croissance atone avec son lot de chômage et de baisse continuelle du pouvoir d’achat».

A cela s’ajoutent la corruption et les passe-droits. «Les scandales à répétition ne sont que la partie visible de cette monstruosité qui rythme la vie publique.» Le président du RCD estime que la gabegie, la bureaucratie et la corruption qui prévalent dans la vie publique «ne sont pas une fatalité». Il considère que rien n’est joué et que tout est à faire. Mohcine Belabbas évoque la révision du code communal et de wilaya pour aller dans le sens d’une décentralisation avec une meilleure définition des compétences des assemblées locales et une délimitation de leurs secteurs d’interventions et d’actions.


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