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Mohcine Belabbas à l’ouverture des travaux du Conseil national de son parti : «L’option qui consiste à réduire la crise à une élection présidentielle est la pire»

07 juillet 2019 à 10 h 10 min

Mohcine Belabbas, le président du parti Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), considère que l’état-major de l’armée s’est rangé «par opportunisme» du côté du mouvement populaire. «Quelques semaines après de grandioses démonstrations unitaires de rue, l’état-major de l’armée s’est rangé par opportunisme du côté du mouvement populaire pour exiger la démission de Bouteflika. Il a, du même coup, mis la main sur l’ensemble de l’appareil répressif du pays, y compris l’appareil judiciaire jusque-là contrôlé par le clan présidentiel», a affirmé, hier, Mohcine Belabbas dans son allocution d’ouverture des travaux du conseil national de son parti.

Pour lui, «l’unique but de ce ‘‘nettoyage’’ par le biais de la récupération de l’appareil judiciaire est de baliser la voie pour les militaires afin d’installer une nouvelle potiche au niveau de la présidence de la République».

Selon le président du RCD, la «neutralisation» de la volonté populaire s’appuie sur plusieurs axes. Il s’agit de «l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire pour le traitement de dossiers triés par l’armée, dans leur chronologie, et le tri des personnages poursuivis, le tout sous le feu des médias contrôlés par le vice-ministre de la Défense, procède de deux motivations : la première est de répondre, ne serait-ce que partiellement mais forcément partialement, à une exigence du soulèvement (Klitou lebled ya serrakine), la deuxième, et qui est la plus importante pour la hiérarchie militaire, est de neutraliser durablement le clan qui s’était disputé avec l’armée le contrôle de la vie du pays.

C’est une condition incontournable pour l’organisation d’une élection présidentielle sans risque pour le pouvoir de fait». Pour le chef du parti démocrate, cette option ne vaut que si le pouvoir de fait prépare un nouveau personnel civil pour prendre le relais des personnages politiques qui avaient occupé le devant de la scène durant les 20 dernières années et qui en ont été délogés. «Les ralliements graduels, mais de plus en plus assumés à l’option Gaïd, d’acteurs du système éjectés par le Président déchu, des organisations de la société civile largement clientélisées par le régime et de quelques partis islamistes terrorisés par une option à la Sissi, procèdent de cette démarche d’imposer une élection présidentielle parrainée dans les faits par les militaires, de bout en bout», soutient-il.

Et de poursuivre : «A défaut de liquider ou d’étouffer le contenu démocratique et progressiste porté par les populations dans les manifestions, il faut l’affaiblir avant toute opération électorale. Le refus assumé par l’armée d’une transition démocratique n’est pas la peur de l’inconnu ou un problème de timing, en raison de la situation économique, comme on l’entend ici et là fallacieusement. C’est le refus du système politique en place, symbolisé par Gaïd Salah, de permettre aux Algériennes et aux Algériens de construire un Etat de droit démocratique quel que soit, par ailleurs, l’agencement du calendrier électoral.»

«Contre-révolution»

Pour Belabbas, la «contre-révolution» menée aujourd’hui veut «créer des lignes de fracture au sein des populations, semer la peur et la confusion en vue de se présenter comme le garant de la paix civile après avoir provoqué le pire. Elle a déjà ses clients mais aussi ses relais objectifs».

Le conférencier n’omet pas de souligner que la répression qui s’abat contre des composantes du soulèvement touche avant tout les «défenseurs de l’option démocratique et progressiste». «La division recherchée par le pouvoir de fait est d’isoler les forces revendiquant la rupture avec le système par le moyen d’une transition démocratique qui s’inspire des principes universels, d’une démocratie régie par l’alternance au pouvoir, des libertés, avec son contenu philosophique et social et de l’égalité en droits, le tout garanti par une justice indépendante.

En ce sens, la judiciarisation de l’interdiction de l’emblème amazigh a un double objectif : amputer le camp démocratique de son ancrage national, et pousser le camp populiste-conservateur à se rassembler», affirme-t-il en parlant de l’«opportunisme» de certaines personnalités qui «portent en elles la peur de la démocratie et de la transparence».

Affirmant avoir défendu une démarche de transition avec des mécanismes et un timing bien précis, le chef du RCD précise que l’objectif de son parti est de jeter les bases de la construction d’un Etat de droit démocratique, les mécanismes et leurs articulations devant être discutés pour arriver au consensus nécessaire. Pour Belabbas, l’option qui consiste à réduire la crise à une nouvelle élection présidentielle est la pire. «Elle est le corollaire direct de l’instrumentalisation de l’appareil administratif, sécuritaire et judiciaire. C’est la politique qui est en cours», tranche-t-il.

S’adressant aux membres du conseil national, il conclut : «Quelle que soit la nouvelle situation sur laquelle débouchera le mouvement populaire, notre responsabilité est de porter au cœur du débat l’option démocratique pour laquelle nous combattons avec les sacrifices que vous savez.» 


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