Mobilisation des étudiants à Constantine : «Non à la justice du téléphone» | El Watan
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Mobilisation des étudiants à Constantine : «Non à la justice du téléphone»

11 septembre 2019 à 10 h 06 min

En visite à la 5e Région militaire, le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, n’a pas croisé sur son itinéraire la marche des étudiants. Mais qu’importe ! ces derniers, en ce 29e acte de mobilisation, ont tenu à lui adresser un message sans ambages : «Pas d’élection présidentielle sous les auspices des îssabate.»

Cette réponse claire et concise traduit la volonté populaire à ne pas se soumettre à des injonctions formulée depuis…une caserne.  «Barakat, barakat men khitab el casernate !», (Halte au discours militaire), «Essmaâ ya El Gaid, dawla madania, machi asskaria !», (Ecoute ô Gaïd, Etat civil, non militaire», ont scandé les manifestants en sillonnant  le centre- ville depuis la place du Colonel Amirouche (La pyramide), jusqu’à la Brèche et retour au point de départ par le boulevard Belouizdad. Ce deuxième rendez-vous de la contestation, depuis la rentrée universitaire, a connu un regain de participation.

Hier, étudiants et enseignants étaient en nombre. Ils ont été tôt rejoints dans leur marche par des citoyens attachés au hirak dans ses deux escales, mardi et vendredi. Et c’est à gorge déployée que cette procession a exprimé ses aspirations, celles d’un Etat de droit, d’une justice indépendante et d’une liberté d’expression. «Djazaïr horra democratia», «Marhala intikalia, siyyada chaâbia», deux slogans qui suffisent à résumer l’ensemble des revendications. Cette protesta hebdomadaire, menée avec ferveur et conviction, a été ponctuée par deux haltes principales, devant la cour de justice et le tribunal de Saint-Jean, où les forces de l’ordre se sont déployées en nombre. «Adala  horra, Sahafa moustakila 8» (Une justice indépendante, une presse libre», a-t-on crié, dénonçant la «justice du téléphone».

La libération des détenus d’opinion est une cause commune à tous et d’aucuns ne peuvent l’occulter.  En chœur, la communauté universitaire a encore une fois prouvé son engagement envers un mouvement populaire, sans fléchissement ni répit. Depuis plus de six mois que la dynamique citoyenne est actionnée, le hirak universitaire en est devenu le fer de lance. Il s’est attelé à occuper la rue en toute circonstance. Une promesse tenue, puisque les étudiants ont investi le centre-ville durant le mois de Ramadhan et tout l’été, bravant ainsi les aléas du jeûne et ceux climatiques. En ce 29e acte de la résistance, leur détermination n’a pas failli. Même face à un invité surprise. La pluie était de la partie. Un orage a éclaté juste après le rassemblement devant le tribunal.

De fortes averses se sont abattues sur la ville, arrosant abondamment les marcheurs qui, se trouvant à mi-parcours, ont poursuivi leur marche sereinement. «Maranache habssine, li habb el askar, yrouh l’Massar», (Nous ne nous arrêterons pas, celui qui veut un régime militaire part pour l’Egypte), ont-il entonné, comme pour faire entendre leur voix à l’hôte de Constantine, là haut sur le plateau du Mansourah où se trouve le siège de la 5e Région militaire.


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