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Mobilisation de la diaspora : Plaidoyer pour un processus constituant !

21 mai 2019 à 9 h 25 min

Après plus de trois mois d’une mobilisation infaillible en soutien au mouvement du 22 février, allant de réunions publiques et de conférences-débats aux rassemblements hebdomadaires, particulièrement à Paris mais aussi dans d’autres grandes villes françaises et occidentales d’une manière générale, les membres de la communauté nationale établie à l’étranger veulent désormais être une force de proposition pour une sortie de la crise politique que vit notre pays.

Constitués pour organiser la contestation dans la diaspora, souvent dans un esprit unitaire, multi-organisationnel et transpartisan, les différents collectifs citoyens ont commencé à confectionner leurs propres listes de solutions pouvant contribuer à une sortie de crise consensuelle et démocratique.

En effet, dimanche dernier encore, lors du rassemblement dominical parisien à Place de la République, le sujet principal qui alimentait les discussions et les échanges dans les mini-agoras citoyennes était celui de la période de transition. Comment faire ? Quelle est la meilleure solution ? Qui pour gérer le pays dans cette phase historique cruciale ? Autant de questions auxquelles de nombreux compatriotes ont tenté de répondre concrètement.

En opposition frontale à la feuille de route du pouvoir, défendue notamment par le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, qui veut absolument maintenir l’élection présidentielle au 4 juillet prochain, les Algériens d’Europe et des Amériques se retrouvent tous, alors qu’ils sont issus d’horizons idéologiques et politiques divers et variés, dans l’idée du rejet du scrutin organisé par les résidus du régime de Bouteflika et défendent l’alternative d’un processus constituant.

Une période de transition immédiate et un processus constituant consensuel sont, entre autres, les revendications principales du collectif «Libérons l’Algérie». Même si la vision autour du projet constituant est nuancée selon ses membres, qu’il s’agisse de personnalités indépendantes ou d’organisations partisanes et associatives, ils sont tous d’accord pour «l’instauration d’une période de transition, œuvrer pour l’avènement de la démocratie, d’un Etat de droit et le passage à une nouvelle République».

Ainsi, une majeure partie de ses acteurs, surtout ceux marqués à gauche, revendique simplement l’élection libre d’une Assemblée constituante souveraine, de laquelle devront se dégager différentes structures institutionnelles pour gérer la période de transition. Or, d’autres membres proposent de procéder autrement. «Nous avons soumis depuis le mois de mars l’idée d’un Forum national de bénévoles. Il désignera par consensus une personnalité ou un comité pour assurer les fonctions de chef d’Etat pendant une période de transition.

Dans ce même cadre, les partis politiques et la société civile collaboreront directement avec un gouvernement de compétences nationales pour préparer des élection générales dans un délai maximal d’une année», explique Zoheir Rouis, président de Jil Jadid Europe.

Et d’ajouter : «Ce sera alors le président de la République élu qui engagera un processus constituant pour une nouvelle Loi fondamentale consensuelle, validée par référendum.» Quant aux jeunes militants du collectif «Action citoyenne pour l’Algérie – ACA», ils pensent que la période de transition et le processus constituant devraient surtout «passer par la société civile à travers la tenue, en dehors de l’agenda du régime, d’une conférence nationale unitaire de transition démocratique, regroupant toutes les forces vives du pays».

Pour ce faire, Abdou Bendjoudi, co-fondateur de l’ACA, et d’autres activistes politiques indépendants, dont particulièrement le journaliste Mehdi Bsikri, ont rédigé une feuille de route assez exhaustive résumant une possible sortie de crise consensuelle qui serait enclenchée d’office en cas d’annulation de la présidentielle annoncée. «Si les élections sont reportées, on rentre de facto en période de transition et on sort du cadre constitutionnel actuel. Dans cette phase-là, c’est la société elle-même, sans le régime, qui doit agir. Concrètement, nous sommes contre l’idée de désignations. C’est à la société d’élire ses représentants.

Les corporations, les syndicats autonomes, les associations libres et les comités d’étudiants peuvent organiser des élections à l’intérieur de leurs structures pour élire des représentants, qui siégeront dans un Conseil de transition», précise Bsikri. Ledit Conseil se chargerait alors d’élire à son tour une chefferie d’Etat qui nommera un gouvernement de transition restreint pour gérer les affaires courantes du pays, le temps de préparer des mécanismes transparents pour l’élection d’une Assemblée constituante.

Notre interlocuteur conclut : «Nous privilégions l’idée d’une Constituante en six mois afin d’élaborer une nouvelle Constitution pour que le peuple soit le véritable souverain, la séparation effective des pouvoirs, la liberté totale des contre-pouvoirs, une réelle indépendance de la justice, etc. Une fois la Constitution est approuvée par référendum, la nouvelle République est proclamée. Un changement pacifique du système mettrait ainsi fin au régime et ses pratiques».

Même son de cloche chez les militants du «Collectif algérien pour une deuxième République». Celui-ci prône, depuis plusieurs semaines, l’«ouverture d’un vrai débat dans la société et juge indispensable le lancement d’un processus constituant pour l’avènement d’une nouvelle République à travers l’élection d’une Assemblée constituante souveraine».

Son porte-parole, Abderrahim Moussaour, souligne : «Nous nous projetons dans un forum large et rassembleur pour le processus constituant afin de fédérer l’ensemble de celles et de ceux qui partagent les mêmes aspirations démocratiques et mettre ainsi en place tous les mécanismes nécessaires pour la tenue d’une Assemblée constituante et asseoir les principes sur lesquels sera fondée la nouvelle République».

Pour lui, l’objectif final dans l’absolu est «la construction d’un Etat de droit qui garantira l’exercice démocratique, les libertés individuelles et collectives. Et cela ne peut être atteint qu’avec une Assemblée constituante élue librement et représentative de toutes les catégories sociales en prenant en considération les particularités multidimensionnelles de notre société et de notre histoire. Nous serons ainsi en cohérence avec les promesses de l’Appel du 1er Novembre et les Résolutions du Congrès de la Soummam, qui ont bâti le socle d’une Algérie libre et démocratique, avec les principes inviolables de liberté, de dignité et d’égalité.»


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