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Mégaprojet algéro-chinois d’exploitation de phosphate de l’est algérien : Important retard dans le lancement

15 mai 2019 à 9 h 30 min

Annoncé en grande pompe en novembre 2018, le mégaprojet algéro-chinois de l’exploitation de phosphate de l’Est algérien patauge. Chargée de la réalisation d’au moins un quai, qui sera affecté à l’exportation du phosphate, l’Entreprise portuaire de Annaba (EPA) a repoussé, le 23 avril dernier, l’ouverture des plis des entreprises soumissionnaires jusqu’au 31 juillet prochain.

Lancé en novembre 2018, cet appel d’offres international en est à son troisième report. Pourquoi ce retard considérable dans le lancement de cet important projet de 6 milliards de dollars, dont le financement est assuré à 80% par des banques chinoises ? « Ce retard ne concerne pas uniquement l’entreprise portuaire, c’est un ensemble qui se trouve dans la même situation. Il s’agit de trois complexes à Souk Ahras, Tébessa et Skikda, une station de dessalement d’eau à Guerbès (El Tarf) et le rail entre les wilayas de Tébessa et Annaba», explique une source proche du ministère de l’Industrie et des Mines.

Ce qui n’est pas de l’avis d’autres experts : «Les promoteurs de ce projet intégré, dont le maître de l’ouvrage est un groupement algéro-chinois, sont tous hors course. Il s’agit de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, qui a supervisé les négociations, Youcef Yousfi, ex-ministre de l’Industrie, et enfin Abdelmoumen Ould Kaddour, ex-PDG de Sonatrach, limogé le même jour de l’annonce du report de l’ouverture des plis des entreprises soumissionnaires à l’EP Annaba.» Le bouillonnement populaire a-t-il, alors, produit un impact négatif sur l’économie nationale en général et les investissements étrangers en particulier ? Kamel Rezig, l’expert international en économie, a affirmé en mars 2019 qu’«aucun investissement direct étranger (IDE) n’a été enregistré en Algérie depuis novembre 2018».

C’est-à-dire que le mégaprojet algéro-chinois d’exploitation de phosphate de l’Est algérien est le dernier investissement déclaré en Algérie depuis sept mois. Le 26 novembre 2018, un accord de partenariat entre les groupes Sonatrach et Asmidal-Manal, et les groupes chinois Citic et Wengfu a été signé à Tébessa pour la réalisation d’un projet intégré d’exploitation et de transformation du phosphate et du gaz naturel des gisements de la région de Bled El Hadba. L’accord a été signé par l’ex-PDG de Sonatrach,  Abdelmoumen Ould Kaddour, et le PDG de la société Citic, Chen Xiaoijia, à la direction de transfert du gaz dans la localité Oglet Ahmed, à 22 km de Bir El Ater, distante de 106 km au sud du chef-lieu de wilaya.

Ce projet, qui obéit à la règle 51/49%, est réparti entre le gisement de Bled El Hadba à Tébessa (2045  ha), la plateforme de Oued Kebrit à Souk Ahras (1484 ha), celle de Hadjar Essoud à Skikda (149 ha) et le port de Annaba (42 ha), selon la fiche technique du projet. Cet investissement, qui est doté d’une enveloppe de 6 milliards de dollars, créera 3000 postes de travail directs alors que ses chantiers de réalisation à travers les quatre wilayas assureront 14 000 postes d’emploi, selon le même document. Ce complexe de phosphate, qui garantira des revenus en devises à hauteur de 1,9 milliard de dollars/an.

Mis en exploitation, sa production devrait atteindre 6 millions de tonnes de phosphate/an et 1,1 million de tonnes d’ammoniac/an, comprendra le doublement de la voie ferrée reliant le site de production au port de Annaba. Jusqu’à aujourd’hui, tous ces chiffres sont, malheureusement, théoriques.

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