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vendredi, 24 janvier, 2020
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Médias et réseaux sociaux : Quelle riposte au discours de la haine ?

14 janvier 2020 à 10 h 12 min

Si des parties se réjouissent de l’annonce de l’élaboration du projet de loi, d’aucuns redoutent que le texte ne permette aux autorités de réduire davantage les espaces de liberté.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit son Premier ministre, Abdelaziz Djerad, d’élaborer un projet de loi criminalisant toute forme de racisme, de régionalisme et du discours de haine dans le pays, a indiqué un communiqué de la présidence de la République. Si des parties se réjouissent de l’annonce de l’élaboration du projet de loi, d’aucuns redoutent que le texte ne permette aux autorités de réduire davantage les espaces de liberté.

Assistera-t-on à un tour de vis dans la gestion du débat public ? Y aura-t-il exploitation du texte annoncé afin d’étouffer toute voix discordante ? Le sociologue et enseignant à l’université de Sétif, Nouri Dris, estime que l’Etat, qui a réussi le pari de tenir les élections, veut privilégier un discours d’apaisement, et «ne peut donc pas aller loin dans le discours de haine, qui a touché la Télévision officielle et même des responsables».

«Le pouvoir a constaté que les choses peuvent lui échapper et que la paix sociale dont il a besoin pour gouverner serait menacée, d’où la décision de limoger le directeur de la culture de M’sila», estime-t-il. Pour lui, le texte qui sera soumis au président par Djerad porte en lui des aspects positifs, d’autant plus que depuis plusieurs mois, il y a eu des demandes incessantes pour que les autorités combattent le discours de haine, qui a pris une forme dure, particulièrement sur les réseaux sociaux. «S’agissant des dangers que pourrait représenter ce texte sur la liberté d’expression, il est à rappeler que le pouvoir nous a habitués à sortir de l’esprit des textes et à les appliquer à sa convenance.

Les textes sont une épée de Damoclès sur la tête des opposants. Le pouvoir n’a pas besoin de ce texte pour réprimer la liberté d’expression, comme il l’a fait depuis des années sans avoir besoin d’un texte… les libertés sont en danger, les espaces d’expression sont fermés. Ce texte pourrait au contraire freiner le discours de haine qui a profité de l’absence des libertés», signale-t-il.

Pour Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, le régime privilégie, par ses mesures annoncées tambour battant ces derniers jours, une «ouverture contrôlée, au compte-gouttes et à son profit». Le militant préfère évoquer le nécessaire respect des libertés (ouverture des champs politique et médiatique et la libération des détenus) qui est, précise-t-il, une exigence et l’un des préalables démocratiques de l’exercice politique avant toute solution politique.

«Il est clair aujourd’hui que le pouvoir veut garder le contrôle sur les libertés afin de maîtriser le processus de transition qui s’enclenche malgré lui. La société est déjà en transition malgré ses résistances, elle exercer ses libertés dans la lutte et parfois la confrontation, mais désormais elle n’est plus prête à céder et à se soumettre au diktat et à l’arbitraire…

Les libertés ne peuvent être promues, protégées que dans le cadre d’un régime démocratique, d’où la pertinence de la revendication du hirak du changement du système. La démocratie est incompatible avec les régimes autoritaires, à l’image de notre régime», assène Salhi. 


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