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Médias : Des journalistes appellent à libérer leur profession

22 octobre 2020 à 11 h 46 min

Des journalistes exerçant dans divers organes nationaux dressent un constat accablant de la situation de la presse nationale.

Dans un communiqué rendu public à la veille de la célébration de la Journée nationale de la presse coïncidant avec le 22 octobre, ils évoquent un climat délétère. «Cet événement survient, cette année, dans une conjoncture sombre pour la presse algérienne.

Les incarcérations, le harcèlement moral, les menaces, les poursuites judiciaires, les convocations par la police judiciaire, le chantage par la publicité institutionnelle, les interférences visant à orienter les lignes éditoriales… sont devenus des risques majeurs, auxquels les journalistes sont confrontés comme une fatalité», dénoncent les signataires de ce communiqué.

Condamnant une «situation affligeante», ils rappellent leur attachement «à la liberté de la presse comme l’un des fondements de la démocratie». «Convaincus que l’exercice du journalisme relève de la mission impossible face à l’oppression et la peur, nous appelons les autorités à honorer leurs engagements, itératifs dans les discours officiels, à “respecter la liberté de la presse”», lit-on dans ce document.

Affirmant «qu’il est illusoire de vouloir pratiquer notre métier convenablement sans la restauration d’un climat apaisant dans le secteur», les signataires énumèrent une série de revendications à satisfaire immédiatement.

En tête de ces demandes, il y a celle portant sur la «libération de Khaled Drareni, qui purge en prison la plus lourde peine infligée à un journaliste dans l’histoire de la presse algérienne depuis l’indépendance, pour avoir exercé son métier de journaliste».

Ils demandent également la levée du contrôle judiciaire contre les journalistes d’Alwajh Al Akher, l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires contre les journalistes et la levée de la censure sur les sites électroniques Maghreb Emergent et Radio M et de tous les portails web d’information, sanctionnés parce qu’ils confèrent aux événements et à l’information un traitement qui ne concorde pas avec la vision du gouvernement.

Ce faisant, les auteurs du communiqué se disent persuadés «que ces mesures, si elles sont prises, protégeraient les journalistes contre les abus de toute nature et contribueraient à améliorer la situation socioprofessionnelle désastreuse des journalistes».

Poursuivant l’énumération de leurs revendications, les signataires appellent à la révision de la loi sur l’information, l’élaboration, en urgence, de la loi sur la publicité, afin de lever le monopole de l’Etat sur la publicité et le rétablissement des médias audiovisuels dans leur rôle de service public et non plus les mettre au service de pouvoirs publics.

De plus, ils exigent la cessation de «l’étranglement social et la politique d’appauvrissement des journalistes, en levant les entraves sur la structuration des journalistes dans un cadre corporatiste ou syndical».

«Aussi, nous incitons la famille de la presse à se mobiliser pour défendre l’honneur de la profession, la dignité des journalistes et leur indépendance», conclut le communiqué. 


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