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mercredi, 13 novembre, 2019
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Marche du 34e mardi à Alger : Les manifestants plus déterminés que jamais

15 octobre 2019 à 10 h 58 min

Soutenus par des foules de citoyens, les étudiants d’Alger ont entamé le 34e mardi de mobilisation sans montrer le moindre signe de faiblesse, face a un régime répressif qui ne veut pas lâcher du leste. Les manifestants, des dizaines de milliers, ont réitéré aujourd’hui les revendications du mouvement populaire : « départ du système », « libération des détenus d’opinion » et « rejet des élections ».

10h00 à la place des martyres. Un dispositif policier impressionnant nous accueille dès notre sortie de la bouche du métro. Les policiers en uniforme bleus sont appuyés par leurs collègues en tenues civiles. Ces derniers sont souvent trahis par les bruits de leurs radios.

Le signal de départ de la manif a été donné par un homme d’un certain âge qui a lancé de sa voix forte : « One two three, viva l’Algérie ! ». La foule s’ébranle en scandant des slogans hostiles au pouvoir et au chef de l’armée, Ahmed Gaid Salah. Mardi passé a la même heure et au même endroit, pas loin de Bab Azzoun, la police avait embarqué de nombreux manifestants et frappé plusieurs autres. Aujourd’hui comme nous l’a si bien dit un manifestant : « ils (les policiers) se tiennent à bonne distance ».

Dans la rue Bab Azzoun, jonchée de gravas et encombrée d’échafaudages, la foule semble grossir à mesure que les marcheurs avancent. Au niveau du square Port Said, l’imposant dispositif policier mis en place a ouvert la voie devant la foule qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Les milliers de manifestants n’ont pas arrêté de scander des slogans contre le système, contre le gouvernement de Ben Saleh et Bedoui. Des pancartes hissées demandent tout bonnement le « démantèlement du régime » actuel. Une halte s’impose. Force est de constater que la foule, une belle fusion de personnes de tout âge et de toute condition sociale, a encore gonflée. « Nous sommes là pour aider notre jeunesse qui est la force de notre pays. Ce ne sont pas des terroristes pour les attaquer à coup de matraques… », nous déclare un manifestant, fonctionnaire de son état.

« Libérez l’étudiante Yasmine Mahmoudi »

10h45. De nombreux passants rejoignent l’interminable cortège de marcheurs. La rue Larbi Ben M’hidi vibre au rythme de chants hostile au chef d’état-major de l’armée. « talaba horra » scandent les étudiants. « Libérez nos étudiants » reprennent les Algérois qui accompagnent le cortège. D’autres slogans demandent la libération de la presse et de la justice : « Sahafa horra, adala mostakila (médias libres et justice indépendante ».

A la place de l’Emir Abdelkader, les étudiants ont réclamé la libération de leur camarade Yasmina Mahmoudi, injustement emprisonnée le 17 septembre dernier, après sa participation à la marche des étudiants. Elle croupit depuis, à la prison d’El Harrache. L’Un  des organisateurs de la marche du mardi a expliqué que : « ce mouvement ne s’arrêtera pas tant que l’Algérie est dans cette situation. Nous sommes de plus en plus nombreux. Chaque semaine des étudiants des différentes universités d’Alger viennent manifester et c’est notre force. Nous dénonçons les nombreuses arrestations qui ciblent les étudiants. Je vous le cas de notre camarade,  l’étudiante Yasmine Mahmoudi  !

Étudiante en faculté de droit a Said Hamdine. La jeune fille âgée de 22 ans a été interpelé et conduite a la prison d’El Harrach. « Nous n’avons aucune nouvelle d’elle jusqu’à présent » dénonce le jeune homme. Et d’ajouter : «  Je pense que nous sommes le fer de lance de l’Algérie. Le pays est jeune et la jeunesse prime car elle donne le ton d’un avenir meilleur si toutefois les attentes du peuple sont respectées »

Aujourd’hui il a fait beau. La foule, immense, annonce un vendredi de mobilisation splendide. « Nous sommes fière d’être Algériens. La fougue de notre jeunesse est incroyable, nous donnons une leçon au monde entier. Nous ne sommes pas parfaits durant la semaine mais à chaque manifestation notre peuple raconte une histoire pleine de courage et de civisme, que seuls les Algériens peuvent comprendre », résume un vieux manifestant, énergique.


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