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Manifestations contre la tenue de la présidentielle : Arrestations massives à travers le pays

25 novembre 2019 à 10 h 09 min

Arrestations en cascade à travers le pays. A l’approche du scrutin du 12 décembre, les interpellations de manifestants qui contestent la tenue du processus électoral se multiplient.

«Là où il y a eu passage des candidats, il y a eu des rassemblements et donc la police est intervenue en force pour arrêter des citoyens et les présenter devant le juge. Il y a eu à ce jour plusieurs dizaines d’interpellations. On n’arrive plus à recenser le nombre de personnes arrêtées», note MYamina Alili, membre du collectif de défense des détenus.

Les arrestations en masse ces derniers jours ont concerné plusieurs wilayas : Oran, Tiaret, Skikda, Khenchela, Batna, M’sila… Lors de la première semaine de campagne, des dizaines de citoyens ont été interpellés et présentés devant le juge pour «entrave au bon fonctionnement de l’élection». Selon le Réseau de lutte contre la répression, cité par le Huffpostmaghreb, des dizaines de manifestants ont été présentés hier devant les tribunaux dans 9 villes. A Biskra, 23 personnes ont été interpellées vendredi et présentées devant le juge d’instruction après leur audition par le procureur, selon le CNLD.

Une vingtaine de marcheurs ont été arrêtés à Relizane, cités en comparution directe, ils sont accusés d’«entrave au bon déroulement des élections». A Tlemcen, 37 personnes ont été placées en garde à vue. «18 d’entre elles ont été placées en garde à vue et présentées devant le juge. Quatre prévenus ont été condamnés à 18 mois de prison ferme alors que 14 autres ont été condamnés à 2 mois avec sursis», détaille le CNLD.

Si des manifestants sont remis en liberté, certains, surtout les activistes en vue, sont placés en détention.  «Nous en sommes à pas moins de 200 arrestations. Par exemple, les personnes placées en garde à vue après la marche nocturne de jeudi à Alger ont été, d’après des avocats, transférées à la prison de Koléa. La maison d’arrêt d’El Harrach est saturée», s’alarme Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national de lutte pour la libération des détenus (CNLD). 

«Forger l’unité nationale»

«L’objectif recherché par les autorités est de casser le mouvement populaire. Il y a aussi un autre but sournois, c’est d’affaiblir les collectifs d’avocats. Aujourd’hui, on a dû se partager la tâche entre trois juridictions (Sidi M’hamed, Baïnem et Dar El Beïda). D’ici le 12 décembre, il y aura à coup sûr plus d’arrestations à travers le pays, mais nous allons nous organiser en conséquence», signale Me Alili. Selon le vice-président de la LADDH, Saïd Salhi, «nous assistons à une campagne qui tente de déstabiliser le hirak pour le détourner de son objectif et au final imposer l’élection présidentielle du 12 décembre».

«Nous assistons chaque jour à des procès en cascade. Des procès qui mobilisent toute notre énergie, celles des avocats, au point qu’il est difficile pour nous de suivre et documenter toutes les violations des droits humains, les arrestations et les procès par dizaines à travers toutes les wilayas du pays. Seulement, avec ces procès, à travers toute la solidarité qui se crée autour avec les détenus et leurs familles, c’est la cohésion du mouvement qui se renforce, c’est la feuille de route du système qui perd toute crédibilité.

Ce sont les élections qui sont frappées du sceau d’invalidité avant même leurs tenue, car elles se feront sans le peuple et plus grave, contre le peuple», dénonce-t-il. Et de poursuivre : «Le pouvoir a perdu en jouant la carte de la manipulation de ‘‘l’unité nationale’’. Cette unité se renforce de plus en plus lors de ces procès.

Nous l’avons vu à Sétif et dans d’autres wilayas. Nous avons assisté à une communion populaire lors des rassemblements pour la libération des détenus. C’est cela la force du mouvement. A force d’être menacé de division, le peuple algérien retrouve son unité, la forge pacifiquement dans la résistance contre l’arbitraire.»

Le SG du RAJ placé en détention

Le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed a placé sous mandat de dépôt Fouad Ouicher (secrétaire général du Rassemblement Actions Jeunesse – RAJ) et sous contrôle judiciaire Saïda Deffeur (militante du RAJ), tous deux arrêtés devant le siège de l’association RAJ, à la fin de la marche du vendredi 22 novembre à Alger, annonce le CNLD.

Dans un communiqué, le RAJ a dénoncé «la volonté manifeste du régime de mettre à genoux l’association et, à travers elle, la société». «Nous sommes et nous resterons fidèles à nos engagements.

Notre soutien sera toujours indéfectible à la lutte populaire pour le changement démocratique et pacifique du régime et l’avènement de l’Etat de droits et de libertés», note l’organisation, afin de poursuivre la mobilisation et la solidarité citoyenne «pour venir à bout d’un régime autiste et autoritaire». N. I.


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