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Manifestation contre le 5e mandat : Une éruption inédite

23 février 2019 à 11 h 28 min

Une éruption inédite dans tout le pays. C’est tout un peuple qui s’est soulevé dans un élan insurrectionnel pacifique pour dire avec force son rejet catégorique du 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika.

Un tournant historique dont il faut vite tirer les enseignements politiques qui s’imposent. Une nouvelle ère semble s’ouvrir. Avec vigueur, les rues d’Algérie basculent dans une dissidence citoyenne et surtout bousculent le jeu politique en cours et mettent en échec l’obscur agenda du pouvoir.  La colère qui montait depuis la fameuse annonce par procuration de la candidature de Bouteflika s’est matérialisée par une large mobilisation nationale sans précédent. L’Algérie a vécu, hier, un vendredi historique. Décisif pour la suite des événements.

Partout dans les villes du pays, des Algériens et des Algériennes sont descendus massivement dans les rues contredisant ainsi les pronostics les plus défaitistes, mais surtout déjouant les viles propagandes et les manipulations les plus éhontées. La peur d’un dérapage et la crainte d’un basculement dans la violence – certes légitimes – ont vite été balayée par une attitude civique et responsable des manifestants. Le chantage à la sécurité n’opère plus comme une machine à réduire au silence. Brandir le chiffon rouge de la décennie noire n’a plus d’impact sur une jeunesse compressée. Le «chaos» agité à chaque frémissement de la société  est tout aussi inopérant.

C’est une antienne désuète qui ne peut servir de discours pour faire passer l’impensable.  La preuve est dans la leçon de maturité politique administrée hier par les «marcheurs». Ils étaient au rendez-vous d’une histoire qui s’écrit. La digue de la résignation a sauté pour laisser place au vent de l’insoumission et au sentiment de fierté retrouvée.

«Un peuple uni pour défendre son honneur vaincra. Nous ne pouvons plus supporter cette énième offense infligée aux Algériens», lâche avec superbe un jeune manifestant en arrivant devant l’APN. Malgré leur colère, les manifestants ont tenu jalousement à n’égratigner aucune fleur sur leur passage. Ils ont donné l’image d’une jeunesse digne, elle qui est souvent vilipendée, malmenée et raillée par la bien-pensance.

N’en pouvant plus d’une situation politique nationale intenable et surtout heurtés au plus haut point  par l’absurde candidature de Abdelaziz Bouteflika, les Algériens se sont soulevés dans un sursaut extraordinaire contre le passage en force des partisans d’un statu quo porteur de périls pour la nation.

Ils se dressent avec détermination contre ce qu’ils considèrent comme une suprême humiliation. Ne pas capter le message qui est parti de toutes les régions du pays, c’est s’enfoncer dans l’irréparable. Les équipes autour de Abdelaziz Bouteflika ne peuvent rester indifférentes aux aspirations fortement exprimées en ce vendredi  algérien. La  raison doit l’emporter face à l’irresponsable obstination du pouvoir.

Le temps n’est plus à la tergiversation encore moins à la ruse. Il ne faut surtout pas compter sur l’usure ou l’essoufflement de la révolte en cours. Elle ne fait que commencer. Ce n’est pas les multiples menaces dardées par les responsables officiels et officieux qui vont calmer les ardeurs populaires. Ceux qui sont descendus dans les rues d’Algérie, hier, ne sot ni des « ennemis intérieurs» ni des «égarés».

Ils sont des Algériens jaloux de leur pays, ils ont une très haute idée de leur Algérie. Ils refusent de la voir déclinée. Ils refusent surtout de voir son image abîmée. Les centaines de milliers des manifestants, assurément soutenus par le reste de la nation, se sont mobilisés pour le salut national, pour redresser un pays et lui tracer le chemin d’émancipation. Imposer la candidature de Abdelaziz Bouteflika est une énième sortie de route. Une ultime erreur politique qui fait déborder le « vase algérien » suffisamment rempli d’exaspération.

Si Abdelaziz Bouteflika est gravement malade au point où il ne peut assumer de fonction officielle, ceux qui veulent aujourd’hui le maintenir vaille que vaille, contre vents et marrés sont gravement malade du pouvoir.

Un personnel politique suranné, anachronique. Il n’est plus en phase avec un pays en besoin urgent de respirer. Cela fait plus d’un quart de siècle qu’ils ont squatté tous les espaces du pouvoir de l’Etat pour aboutir à un échec historique. Leur bilan est à inscrire dans le guinesse des malheurs politiques.  Est ce en ce sens que la mobilisation nationale d’hier sonne comme un verdict sans appel. Le jugement sur la place publique d’un système politique en fin de parcours.

L’aberrant entêtement des partisans de «la continuité» à vouloir s’accrocher à une option qu’ils savent eux-mêmes est porteur de graves risques pour l’avenir immédiat de la nation. Ne pas tenir compte du message que ne cesse d’envoyer les Algériens depuis quelques semaines, c’est s’inscrire en dehors de l’histoire. C’est rouler sur le corps national.


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